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Tome vingt-deuxième.
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sur le trépied , elle recevoit l’inspiraticn

divine dans le temple.

4. Le quatrième est le vieillard repré-senté au haut de la montagne. M. Schottrejette le sentiment deceux qui le prennentpour Homere , parce qu'il ne sauroit s’i-maginer que l’ouvrier ait exprimé fur uníeul monument deux apothéoses d’unemême personne. U prend donc ce vieil-lard pour Jupiter. En effet, sa contenance,son habillement, sa pique ou son sceptre ,& principalement son aigle , sont autant demarques certaines qui déposent en sa fa-veur. M. Adiíson, qui a mis un foudre àla main de cette figure , n’avoit pas asterbien examiné ce monument. Un sembla-ble symbole ne convenoit point ici , où Ju-piter n'est pas pour punir le crime, maispour récompenser le mérite & la vertu.

$. Le cinquième enfin est l’homme enmanteau , qui a tant embarrassé les inter-prétés. L’auteur entraîné par l’autorité duP. Kircher ; de même que presque tous lessavans , avoit d'abord cru que c’etoit unprêtre ; mais après avoir coníidéré la choseplus attentivement, il s’est rangé à l’opi-nion de M. Spanheim qui prend cette figurepour le philosophe Bias ; l’honneur de laville de Priepe , patrie de l’ouvrier. 11 s’enéloigne néanmoins en ceci ; c’est qu’il neregarde point ce morceau comme une fi-gure qui faste partie de Ycpothéojè , maissimplement comme une statue posée fur cemonument par Fouvrier pour honorer fapatrie. Contre le sentiment de tous les au-teurs qui ont expliqué ce monument, il nereconnoît autre chose qu’un trépied danstout ce qui est représenté derrière & au déi-fias de la tête de ce philosophe. 11 ne conçoitrien de mieux imaginé que cela ; pour ca-ractériser Bias , à qui les autres sages de laGrece envoyerent comme au plus sage letrépied d’or , que des pêcheurs Ioniensavoient trouvé ; & il doute fi peu que cettestatue soit celle de ce philosophe , qu’il as-sure que la postérité doit être fort redeva-ble au sculpteur Archelaùs, de lui avoirconservé la figure & le portrait de ce grandhomme , qui lui manquoit, & que les cu-rieux avoient vainement cherché jusqu’iciavec beaucoup de soin. C’est dommagequ’on soit obligé de perdre une espérance

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aussi flatteuse que celle-là, presqu’ aussitôtqu’on l’a conçue ; & que Fauteur ait étécontraint de la détruire lui-méme par lanouvelle opinion qu’il a embrassée , tou-chant cette figure , vers la fin de sonouvrage.

î II. Après ces préliminaires , M. Schottvient à l’explication du marbre, suivantFidée qu’il s’en est faite , & qui , commeil en est persuadé, est celle de Fouvriermême. Selon lui, cet ouvrier s’est conduitpar-touten artiste habile , ingénieux & detrès-bon goût. Il ne s’est point berné à lafeule circonstance de Vapothebje d’Ho-mère , mais il a fait entrer aussi dans sondessein ce qui a précédé cette cérémonie.Pour cet effet il a représenté une espece denégociation entre Apollon , Jupiter & lesMuses pour la déification d’Homere : & ila partagé son ouvrage en trois actes diffé-rons , que nous examinerons l’un aprèsl’autre.

1. Dans le premier qui est au milieu dumarbre , Clio & Uranie , l’une reconnoifffable à fa lyre, & F autre à son globe ,s’entretiennent du mérite d’Homere, & dela justice qu’il y auroit à le mettre au nom-bre des dieux. Calhope , après avoir pro-posé Faffaire à Apollon, qui est à Feutréede l’antre, en attend une réponse favora-ble , & semble en recevoir F acte de con-sentement dans un rouleau que lui présentela Pythie qui esta côté d’Apollon.

2. Dans le second qui est au-haut dumarbre , Poiymnie , députée de ses com-pagnes , propose la chose à Jupiter , & re-çoit son consentement, qu’Erato, qui est àcôté d’elle, apprend avec de fi grandstransports de joie , qu’elle en laisse tomberfa lyre , & qu’elle se met à danser & sauterd’une maniéré extraordinaire. L’auteur estsurpris que le pere Kircher ait trouvé danscette figure la posture d’une personne quisupplie Jupiter avec une vénération pro-fonde. On voie ensuite Euterpe qui tientdeux flambeaux, selon le pere Kircher &quelques autres , ou selon M. Schott, deuxflûtes dont elle est l’inventrice. Après ellevient Therpficore qui tient une guitarre,L’auteur est bien fâché qu’elle soit maldessinée par le copiste ; car un desseinexact de cet endroit du marbre servit d’iua