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Tome vingt-deuxième.
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grand secours pour établir la différence en-tre la lyre & la guitarre anciennes , qu’onn’a pas encore assez bien expliquées. Cettemuse fait signe du doigt aux deux précé-dentes de ne point interrompre par leursmouvemens les louanges du nouveau dieu,ou les actions de grâce à Jupiter , que chan-tent dé j a Melpomene & Thalie. SelonM. Cuper, toutes ces muses chantent;mais selon sauteur , il n’y a que ces deuxdernieres qui le fassent , & même leur ac-tion lui paroît dépeinte si naïvement, qu’il

lui semble les entendre.

3. Dans le troisième 011 trouve enfinY apothéose ou consécration d’Homere.Cette cérémonie se passe dans un temple ,dont le dedans est orné d’une tapistèrie.Cela se prouve par des colonnes placées àdistances égales, & fait voir que M. Gro-novius a tort de n’étre pas de cet avis. Ho-mère , comme le principal personnage delapiece , y paroi t d’une taille plus grandeque l’ordinaire , & plus conforme à sonnouvel état de dieu. Il est assis devant unautel, au bas duquel on voit deux lettresqui, selon sauteur, doivent être deux A A,sur s original , & qui signifient sans doutele nom de s ouvrier a^íxo-oí A'raKKmtw.Pas un des interprètes de ce marbre , n’apris garde à ces lettres. La terre ( ouovy.im )& 1 q temps( XP ovoí ) couronnent Homere ,pour marquer qu’en tous lieux, qu’en toustems , son mérite sera reconnu. L’iliade& l’Odyssée ( Ixi-tt, oS'uTo-íia. ) les deuxgrands ouvrages de ce nouveau dieu sou-tiennent son siégé. Quelques volumes queles rats rongent, lui servent de marchepied.La plupart des interprètes croient que cespetits animaux désignent le Batrachomyo-machìt d’Homere ; & MM. Wetstein &Kusteren doutent si peu , qu’ilsle prennentpour une preuve certaine que ce poème ap-partient véritablement à Homere. M. Gro-novius réfute fort bien ce sentiment là , &-soutient avec raison , que si ç’avoít été làla vue de l’ouvrier , iln’auroit pas manquéde placer une grenouille entre ces souris ;mais lorsqu’il avance que ces rats ou sou-ris regardent ici A polio Sminthaeus , faconjecture est encore moins fondée quecelles qu’il réfute. L’auteur veut que cespetits animaux soient un beau symbole def

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envieux du grand Homere , & particuliè-rement du grand Zoïle qui , pour avoirosé écrire contre ce poète , fut surnomméHorneromastic. Le parterre du temple estrempli de plufieurs génies des beaux arts &des sciences, qui se disposent à faire un sa-crifice au nouveau dieu. Le jeune sacrifica-teur prêt à faire des libations, mais parti-culièrement le taureau , qu’on offroít or-dinairement à Jupiter , marquent que cesacrifice ne doit pas être moins solemnelque ceux qu’on avoit coutume de faire àshonneur de la divinité suprême.

M. Schott ajoute que ceJeroit vouloirentreprendre d'écrire l’iliade après Ho-mere , que de vouloir éclaircir plus ample-ment cet endroit du marbre après le savantÙ C illustre M. Cuper qui y satisfait d'unemaniéré ample & solide ; & il se contentede faire deux petites remarques : la pre-mière fur le mot MNHMH , qui désigneune des figures de ce troisième acte. M.Cuper prétend que ce mot signifie icil’hifftoire : mais fauteur remarque que l’hisi-toire est deja exprimée à deux pas de-lâ ,par une autre figure , & même par le motI2T0PIA , rejette avec raison ce senti-ment , & croit qu’il faut entendre par-là latradition ; ce qu’il appuie de divers raison-nemens assez probables. L’autre remarqueest touchant l’instrument que tient la fi-gure qui représente síliade. II a une formesingulière dont les interprètes or»; peine àren.lre raison : ils ne s’accordent nullemententre eux fur ce sujet. MM. Fabretti,Wetstein & Addition, le prennent pourune épée : le pere Kircher, pour une épéedont la pointe est tournée en croissant:MM. Cuper & Gronovius , pour une épéedans un fourreau fait en demi-June ; furquoi fauteur remarque que , supposé quecela soit, une épée nue conviendroit beau-coup mieux à un sujet de guerre comme estcelui de l’iliade , qu’une épée dans le four-reau , qui est un signe de paix & de clé-mence : & M. Schott enfin, prétend quece soit une hache à deux tranchans, appelléepar les anciens bipennis , né kvavs , a %iv» ,ésc. ce qu’il appuie de f autorité de diverspassages des anciens, de la conformité qu’iltrouve entre cet instrument & la bipennis,dépeinte fur plusieurs médailles antiques j