Band 
Tome vingt-deuxième.
Seite
228
JPEG-Download
 

228 MON

& enfin du témoignage de M. Spanheim ,qui a mis de fa main à la marge de sonexemplaire, de Y apothéose d'Homere deM, Cuper , que ce que celui-ci appelle gla-dìus lui paroît bipennis.

Telle est l'explication particulière queM. Schott a fait de ce marbre, & l’on nefauroit nier que ce ne soit une des plus in-génieuses & des mieux appuyées de toutescelles qu’on en a faites. Une chose nous yfait quelque peine , néanmoins s’il nous estpermis de le dire, c’est une espece de ren-versement d’ordre naturel que nous croyonstrouver en ce qu’il pose son premier actedans l’étage du milieu ; qu’il monte en-suite à l’étage d’en haut pour y placer sonsecond acte; qu’il redescend après cela à l’é-tage d’en bas pour y faire passer fcn troi-sième acte ; & qu’ainsi ces actes qui ont uneliaison naturelle & nécessaire entre eux , setrouvent séparés & éloignés les uns des au-tres. N e seroit-il pas plus naturel de pla-cer le premier acte dans l’étage d’en haut,où Jupiter ayant conçu lui seul le desseinde mettre Homere au rang des dieux , endonneroit Tordre à Polymnie & aux autresMuses ; le second acte dans I’étage du mi-lieu , où une partie des muses en confére-roit avec Ap. lion; & le troisième acte enfindans l’étage d’en bas , où Ton exécuteroitcet ordre de Jupiter ? 11 nous semble quecela ne seroit que plus propre à relever lagloire d’Homere , plus digne de T exacti-tude d’Archelaùs , & enfin plus conformeà Tordre naturel, qu’un austi habile hommeque lui n’a point dû négliger.

III. M. Schott passe ensuite à ses éclair-cis emens Jur quelques endroits de ce mar-bre.

i. Le premier regarde TApolIon qui estfous Tantre ; Tauteur convient de bonnefoi, que son habillement, son air , letour de son visage, que tout enfin convientmoins à ce dieu qu’à une femme ; mais ilajoute que cela ne devoit point empêcherles interprètes de ce marbre d’y reconnoî-tre Apollon ; puisqu’ils ne pouvoient pasignorer que ce dieu ne soit représenté demême en bien des endroits. 11 en donnepour preuve quatre médailles du cabinetroyal de Prusse ; & il trouve cette preuved’autant plus décisive , que les noms qui

MON

se trouvent joints aux figures ne laissentabsolument aucun lieu de douter là-des-sus. A cette occasion, il rapporte quelquesméprises de divers antiquaires, touchantApollon en femme ; & entr’autres une deM. Cuper , touchant une médaille de Do-mitien ; & une de M. Sperling, touchantune médaille de Tranquilline femme deGordien. II ne néglige point les autoritésdes anciens qui peuvent servir à appuyer. son sentiment touchant Thabillement defemme qu’il attribue à Apollon ; & pourréfuter Tobjection suivante , que quoiqueApollon fût jeune , beau , & habille enfile ,il ne laijjbitpas d’être homme au fond , aulieu que cette figure avoit un sein rempli ,une gorge élevée comme une fille. II'ré"pond trois choses ; i°. qu’il faudroitbienexaminer fur le marbre , si la figure y a lagorge aussi élevée qu’eíle Ta dans le des-sein ; 2 q . que cela peut s’excuser sur ceque les anciens ont donné les deux sexesà leurs divinités ; & 3 0 . que les figuresd’Apollcn en femme qui font fur les mé-dailles , n’ont pas moins de gorge que lafigure du monument.

2. Le second roule sur la cortine qui estau milieu de Tantre , & que MM. Cuper,Gronovius & Wetstein prennent pour unchapeau & même pour le chapeau d’Ulysse.M. Schott ne fauroit le croire, & il sefonde particulièrement sur ce qu’il n’y anulle proportion entre ce prétendu cha-peau & les têtes de ce monument , & furce qu’Archelaùs , de Thabileté duquel cemarbre est une si bonne preuve , n’auroitpas pu commettre une bévue si grostiere.II ne veut pas non plus que ce soit une fi-gure mise là par hasard , 011 pour servirsimplement de soutien à Tare & au car-quois. II veut que ce soit quelque chose quiait rapport à Apollon , & il ne trouverien qui y convienne mieux que ce que lesLatins appelloient cortina , & les Grecsóhuoí. C’étoit, dit Tauteur, une ejpecede vaisseau creux ou concave en dedans,convexe au dehors, semblable à une co-quille d'œuf coupée par le milieu en-traversou comme un chauderon renverse , quiJervoit ordinairement de couvercle au tré-pied d’Apollon , d’où ce dieu a quelque-fois été appeiié£a/'Av//-’ofa?í. Peu de fa-