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Tome vingt-deuxième.
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vans ont fil ce que c’étoit , & on l’a assez jsouvent confondu avec ce trépied , dont ,elle n’étoit qu’une partie : on donne icidivers exemples de ces méprises.

Pour faire concevoir nettement ce quec’étoit que cette cortine, &. pour éclaircirce qu’on dira dans la fuite du trépied & deson usage , nous avons cru que nous fe-riom; bien d’en donner ici une petite des-cription prise de ce que sauteur en a ré-pandu en divers endroits de son ouvrage.Le trépied étoit une machine à trois piedsou colonnes, accompagnées chacune deson anneau ou anse, & liées ensemble pardes bandes ou traverses qui les soutenoient.Cet instrument qui a donné le nom â toutela machine , n’en étoit proprement que lesoutien. On mettoit deíliis deux baííinsd’une matière fort déliée & très-sonore ,& de figure demi-íphérique. Ces baííinsse mettoient sun sur s autre par leur ouver-ture & formoient par conséquent une con-cavité sphérique. Celui de deíìùs s’appel-loit coriina , celui de dessous crater , &la concavité qu’ils formoient JaYpit ou LtY-p* , le ventre ; celui de deslous étoit percéjustement dans le milieu , & le trou qui yétoit s’appelloit umbilicus , le nombril. Onverra ci-destòus quel étoit l’usage de cettemachine.

3 . Le troisième éclaircissement concernece qui est représenté derriere le philosopheBias. L’auteur ne sauroit assez s’étonnercomment tant d’habiles & célébrés anti-quaires ont pu s’y méprendre ; & particu-lièrement le pere Kircher& M. Fabretti,qui ont pu examiner ce marbre tout à loisirà Rome. 11 ne doute point que l’autorité dapremier , qui avoir l’esprit si rempli de fi-gures hiéroglyphiques , qu’il en trouvoitdans tout ce qui y avoit le moindre rap-port , n’ait entraîné les autres., & ne leurait fait prendre cette machine pour la lettretautique, ou une croix à anse, accompagnéede flambeaux. Pour lui, il n’y volt rien au-tre chose qu un trépied , & pour peu qu’onexamine les figures du trépied , qui font furles médailles qu’il rapporte, il croit qu’ontrouvera la chose tout-à-fait hors de doute.

Ce qu’on a pris jusqu’à présent , pourdes flambeaux, n’est autre chose , selonhii, que les deux pieds du devant du tré-

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pied qu’il y trouve : ce qu’on prenoit pourle pied de la lettre tautique, n’est que letroisième pied du trépied : ce qu’on pre-noit pour le trait supérieur de cette lettre,n’est que la bordure du bassin inférieur oucrater : le demi-rond qu’on volt au-des-sus , n’est que le bassin supérieur ou lacortine : ce qu’on a pris pour Panse de lacroix , n’est qu’une des anses du trépied :& la grande figure ronde qui est au-des-sus de la tête du philosophe , est le craterou bassin inférieur du trépied , couvertde la cortine. A P occasion de la hauteurde ce trépied , qui s’éleve jusqu’au deíliisde la tête de Bias, fauteur remarque quecet instrument étoit bien plus haut qu’onne le dépeint ordinairement, qu’il fàlloitmonter pour se mettre dessus ; & qu’onen a la véritable hauteur dans celui dumarbre d’Archelaiis. 11 n’oseroit assurerla même chose de sa largeur qui lui pa-roit assez mal représentée, & c’est unefaute qu’il ne manque pas de rejetter furle peu d’exactitude du copiste. Mais c’estun défaut qu’il lui reproche peut-être unpeu trop souvent, puisque M. Fabretti,qui a pris foin de conférer le dessin de cecopiste avec P original , & de rectifierdans fa lettre à M. Maggliabecchi, n’arien trouvé à retoucher à la plupart desendroits que fauteur ne croit pas assezexactement dessinés.

IV. Les observations particulières deM. Sclrottroulent furies sujets suivans.

Le premier est P usage du trépied ,dont on n’a eu jusqu’à présent qu’une con-noiísance fort imparfaite. Pour le bienconcevoir, il faut se souvenir de la des-cription que nous avons donnée ci-dessusde cette machine. On la plaçoit fur l’ou-verture de l’antre d’Apollon, dans letemple de Delphes, & elle fer volt non-feulement de siégé à la Pythie , qui s’as-séyoit sur la cortine ou bassin supérieur ,mais encore de bouche à Apollon pourprononcer ses oracles : car c’étoit Apollonlui-méme , & non la Pythie qui les pro-nonçoit. Un vent qui sortoit de la cavernemiraculeuse, & qu’on pouvoit appellerPhaleine ou la voix d’Apollon , s’intro-duisoit dans le creux de cette machinepar l’ouverture qui étoit ménagée au-des-