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Tome vingt-deuxième.
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sous, & ne manquoit jamais d’y exciterun murmure , qui reífembloit ou à la voixhumaine, ou au mugissement d’unbœuf,ou au bruit du tonnerre , selon la forcedu vent, qui étoit quelquefois li violent,qu’il ébranloit le temple & la montagne :à ce bruit étoit apparemment augmentéou diminué par quelque ressort cachédans la concavité du trépied, & que laPythie savoit gouverner comme elle vou-loir. Quoi qu’il en soit, il est probableque la Pythie étoit assise sur la cortine ,non-seulement pour empêcher que la vio-lence du vent ne l’enlevât, & ne la j estâtpar terre , mais aussi astn de modifier &ménager comme elle voudroit le bruitqu’on formoit dans le vuide du trépied ,& le faire restèmbler , autant que celale pouvoit, aux mots qu’on vouloir qu’A-polion prononçât. A ce sujet sauteurpense qu’il n’est pas possible de résister debonne foi aux raisons par lesquelles M.Vandale a prouvé que tout le manege desoracles n’étoit qu’une fourberie des prê-tres , pour profiter de la crédulité despeuples ; & il assure qu’il se trouve fortifiédans ce sentiment, depuis qu’il a comprisle véritable usage du trépied de Delphes.Nous reconnoissons avec fauteur que lemanege des oracles n’étoit, au moins leplus souvent , qu’une pure fourberie dontles prêtres païens favoient fort bien fe ser-vir pour entretenir la sotte crédulité deleurs peuples ; mais nous ne concevonspas comment un vent introduit dans leventre d’une machine de cuivre pouvoit,non - seulement imiter le mugissementd’un bœuf, & le bruit du tonnerre , maisaussi articuler des paroles qu’on prît pourdes oracles d’Apollon : nous n’ignoronspas que la Pythie , ou des prêtres prépo-sés pour cela répétoient ensuite ces ora-cles ; & c’est ce qui fait notre difficulté.D’ailleurs , s’il est vrai, comme le pré-tend fauteur , que ce foit-là le véritableusage qu’on faifoit du trépied , il fautf avouer de bonne foi, c’étoit un artificeassez grossièrement inventé. Le tuyau deplomb avec lequel Saint-Luc épouvantasi fort Henri III, ou même si l’on veutla tête parlante que Don Quixotte con-sulta à Barcelone, sont incomparablement

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mieux imaginés : les paroles qui en sor-toient s’entendoient au moins fort distinc-tément, & l’on n’avoir besoin de per-sonne pour les répéter une seconde fois ,& pour les interpréter.

2. Le second regarde les engastrimythes,touchant lesquels fauteur a une nouvelleconjeéture , par le moyen de laquelle ilespere pouvoir débrouiller les disputes &les embarras des savans fur ce sujet. Onconvient en général que c’étoient des par-leurs du ventre qui fe mêlaient de prédiref avenir ; mais on ne fait ni quelles per-sonnes faisoient ce métier , ni commentelles le faisoient. La plupart croient queces gens-là avoient la faculté de parler duventre , ou de former des paroles qui fom-bloient sortir de leur ventre, ou mêmede quelque endroit éloigné; ce que l’onconfirme par quelques exemples modernesrapportés par Brodeau , Dickinfon , Alla-tius & quelques autres. L’auteur rejettecette opinion, fur ce qu’on ne lit pointque les anciens eussent de méthode pourenseigner cet artifice à d’autres. Maiscette raison ne nous paraît pas convain-cante. A-t-on tenu registre de toutes lessubtilités & de tous les artifices dont fesont servi les anciens ? Y avoit-il chez euxdes écoles publiques pour les y aller ap-prendre ? Et combien pratique-t-on dechoses aujourd’hui, dont on n’écrit rien ,& dont par conséquent on ne trouve aucunvestige dans les écrits publics ? D’ailleursil ne nous paroît pas que le passage de Plu-tarque , qu’on rapporte ici, faste rien dutout à la chose. II dit qu’;/ est puérile &ridicule de croire que Dieu entre dans lecorps de engastrimythes <& parle par leurbouche. II n’est point question ici de gensqui crussent cela , mais de gens quicroyaient qu’on pouvoit parler du ventre ;& que quelques personnes qui avoient cesecret, faisoient accroire subtilement auxautres que c’étoit quelque dieu qui parlaitintérieurement en eux. Hermoulaus , Bar-barus & Gérard-Jean Vossius ont cru queles engastrimythes étaient des gens quiprédisaient f avenir par le moyen de cer-tains vers nommés Jarp*; ; & en cela , ilsont approché de la vérité , dont ils n’ontcependant donné aucune preuve. L’auteur