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Tome vingt-deuxième.
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tiommes des connoissances qu’ils ont déjà,ou qu’ils peuvent acquérir en faisant usa-ge de leurs lumières naturelles. L’exis-tence d’une divinité infinie en puissance ,on sagesse & en bonté , étant un principeévident par lui-même, les écrivains sa-crés ne s’attachent point à rétablir : c’estpar la même raison qu’ils n’ont point faitnn système méthodique de la morale , &qu’ils se sont contentés de préceptes géné-raux , dont ils nous laissent tirer les con-séquences pour les appliquer à l’état dechacun , & aux divers cas particuliers.

Enfin ce seroit mal connoître la reli-gion , que de relever le mérite de la foiaux dépens de la morale ; car quoiquela foi soit nécessaire à tous les chrétiens,on peut avancer avec vérité , que la mo-rale l’emporte fur la foi à divers égards.i°. farce qu’on peut être en état de fairedu bien , & de se rendre plus utile aumonde par la morale fans la foi, que parla foi fans la morale. farce que lamorale donne une plus grande perfectionà la nature humaine , en ce qu’elle tran-quillise l’eíprit, qu’elle calme les passons,& qu’elle avance le bonheur de chacunen particulier. 3 A farce que la réglé pourla morale est encore plus certaine quecelle de la foi , puisque les nations civi-lifeés du monde s’accordent fur les pointsessentiels de la morale , autant qu’ellesdifférent fur ceux de la foi. 4 0 . farceque l’incrédulité n r est pas d’une nature simaligne que le vice ; ou , pour envisagerla même chose sous une autre vue , parcequ’on convient en général qu’un incrédulevertueux peut être sauvé , sur-tout dansle cas d’une ignorance invincible , & qu’iln’y ait point de salut pour un croyantvicieux. 5 0 . farce que la foi semble tirersà. principale , si ce n’est pas même toutefa vertu , de l’influence qu’elle a fur lamorale. ( D. J.)

MORALISTE, f. m. ( Science desmœurs. ) auteur fur la morale , voye^Morale. Nous n’avons guere parmi lesmodernes que Grotius , f uffendorf, Bar-beyrac , Tillolton, \$ olaston Cumber-land , Nicole & la flacette , qui aienttraité cette science d’après des principeslumineux. La plupart des autres mora-

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liftes ressemblent à un maître d'écriture,qui donneroit de beaux modelés , fansenseigner à tenir & conduire la plumepour tracer des lettres. D’autres mora-listes ont puisé leurs idées de morale , tan-tôt dans le délire de l’imagination , tantôtdans des maximes contraires à l’état dela nature humaine, flusieurs enfin ne íefont attachés qu’à faire des portraits fine-ment touchés, laissant à l’écart la mé-thode & les principes qui constituent lapartie capitale de la morale. (Lest que lesécrivains de ce caractère veulent être gensd’esprit, & songent moins à éclairer qu’àéblouir. Vain amour d’une futile gloire!qui fait perdre à un auteur l’unique butqu’il devroit íe proposer , celui d’être uti-le. Mais il vaut mieux bien exercer lemétier de manœuvre , que de mal jouerle rôle d’architecte. ( D. J )

MORALITE , f. f. ( Droit naturel. )on nomme moralité , le rapport des ac-tions humaines avec la loi qui en est laréglé. En esset, la loi étant la règle desactions humaines , si l’on compare cesactions avec la loi , on y remarque ou dela conformité, ou de supposition ; & cetteforte de qualification de nos actions parrapport à la loi, s’appelle moralité. Ceterme vient de celui de mœurs , qui fontdes actions libres des hommes susceptiblesde réglé.

On peut considérer la moralité des ac-tions fous deux vues différentes : i°. parrapporta la maniéré dont la loi en dispose,& iS. par rapport à la conformité ou à sup-position de ces mêmes actions avec la loi.

Au premier égard, les actions humai-nes font ou commandées , ou défendues,ou permises. Les actions commandées oudéfendues font celles que défend ou proscritla loi ; les actions permises font celles quela loi nous laissé la liberté de faire.

L’autre maniéré dont on peut envisagerla moralité des actions humaines , c’estpar rapport à leur conformité ou à leuropposition avec la loi : à cet égard , ondistingue les actions en bonnes ou justes,mauvaises ou injustes, & en actions indif-férentes.

Une action moralement bonne ou juste »est celle qui est en elle-même exactement