Band 
Tome vingt-deuxième.
Seite
240
JPEG-Download
 

N

240 M O R

conforme à la disposition de quelque loiobligatoire , & qui d’aílleurs est faite dansles dispositions , & accompagnée des cir-constances conformes à l’intentìòn du lé-gislateur. Les actions mauvaises ou injustesIon t celles qui , ou par elles-mémes, oupar les circonstances qui les accompa-gnent , font contraires à la dispositiond’une loi obligatoire , ou à l’intention dulégillateur. Les actions indifférentes tien-nent , pour ainsi dire , le milieu entreles actions justes & injustes ; ce font cellesqui ne font ni ordonnées ni défendues ,mais que la loi nous laisse en liberté defaire ou de ne pas faire , selon qu’on letrouve à propos ; c’est - à - dire que cesactions se rapportent à une loi de simplepermission , & non à une loi obligatoire.

Outre ce qu’on peut nommer la qualitédes actions morales , on y considéré en-core une forte de quantité , qui fait qu’encomparant les bonnes actions entr’elles ,& les mauvaises aussi entr’elles , on enfait une estimation relative , pour mar-quer le plus ou le moins de bien ou demal qui le trouve dans chacune ; car unebonne action peut être plus ou moins ex-cellente , & une mauvaise action plus oumoins condamnable , selon son objet ; laqualité & l’état de l’agent ; la naturemême de faction ; son effet & ses suites ;les circonstances du temps, du lieu , &c.qui peuvent encore rendre les bonnes oules mauvaises actions plus louables ou plusblâmables les unes que les autres.

Remarquons enfin qu’on attribue lamoralité aux personnes aussi-bien qu’auxactions j & comme les actions font bon-nes ou mauvaises, justes ou injustes, l’ondit aussi des hommes qu’ils font vertueuxou vicieux , bons ou méchants. Un hom-me vertueux est celui qui a l’habituded’agir conformément à ses devoirs. Unhomme vicieux est celui qui a l’habitudeopposée. Voyei Vertu & Vice.( D. J. )

Moralité , s. f. ( Belles - Lettres.Poéfie. ) Quelle est la fin que la poésie sepropose ? Il faut l’avouer , le plaisir. S’ilest vicieux , il la déshonore ; s’il est ver-tueux , il l’annoblit ; s’il est pur , fansgutre utilité que d’adoucir de temps un

M O R

temps les amertumes de la vie ; de scmet?les sieurs de l’iilusion sur les épines de lavérité , c’est encore un bien précieux.Horace distmgue dans la poésie l’agrémentfans ut.lité, & futilité fans agrément :l’un desdeux peut te passer de f autre , je l’avoue ;mais cela n’est pas réciproque , & le poè-me didactique même a besoin de plairepour instruire avec plus d’attrait. Maisqu’à l’aspect des merveilles de la nature,plein de reconnoissance & d'amour , le gé-nie aux ailes de flamme se rapproche dela divinité , par le désir d’être le bien-faiteur du monde ; qu’ami passionné deshommes , il consacre ses veilles à la no-ble ambition de les rendre meilleurs &plus heureux ; que dans famé héroïquedu poète d’enthousiasine de la vertu semêle à celui de la gloire ; c’est alors quela poésie est digne de cette origine célestequ’elle s’est donnée autrefois.

Ainsi toute poésie un peu sérieuse doitavoir son objet d’utilité , son but moral ;& la vérité de sentiment ou de réflexionqui en résulte , f impression' salutaire decrainte , de pitié , d’admiration , de mé-pris , de haine ou d’amour qu’elle faitfur famé , est ce qu’on appelle moralité.

Quelquefois la moralité se présentedirectement , même dans un poème enpréceptes ; mais le plus souvent on la laisteà déduire , & f effet n’en est que plusinfaillible , lorsque le mérite de savoirsaisie trompe & console la vanité , quele précepte auroie bleíiee : c’est f artificede f apologue , c’est plus en grand celuide la tragédie & de f épopée.

Nous avons fait voir , en parlant dela tragédie , comment elle est une leçonde mœurs.

Le Bossu veut que ce poème , pourêtre moral , soit composé comme f apo-logue. “ Homere , dit-il , a fait la fableu & le deílein de les poèmes fans penser» à ces princes ( Achille & Ulysse) , &o ensuite il leur a Lit f honneur de don-» ner leurs noms aux héros qu’il avoir?, feint Homere seroit, je crois , biensurpris d’entendre comme on lui fait com-poser ses poèmes. Aristote ne le seroitpas moins , du sens qu’on donne à ses le-çons. « La fable , dit ce philosophe, est