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Tome vingt-deuxième.
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étoit naturel à tous les hommes d’aimerla liberté , de détester qui l’opprime, d'ad-mirer qui le défend : il a écrit pour tousles siécles ; & , fans l’élogede Néron dontil a souillé son poëme , on le croiroit d’unami de Caton.

' Le but de la Henriade est le mëme , enun point, que celui de la Pharsale; maisil embrasse de plus grandes vues. A l’er-froi des guerres civiles, que Pun & Pautrepoëme apprennent à détester , fe joint,dans P exemple de la ligne , la juste hor-reur d u fanatisme & de la superstition ,ces deux tisons de la discorde , ces deuxfléaux de Phumanité. Voye\ Epopée ,( M. Marmontel. )

Moralité , ( Apologue. ) la véritéqui résulte du récit allégorique de P apo-logue , se nomme moralité. Elle doit êtreclaire , courte & intéressante ; il n’y fautpoint de méthaphysique , point de pé-riodes , point de vérités trop triviales,

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comme seroit celle-ci qu’<7 faut ménagerJ a santé.

Phedre & la Fontaine placent indiffé-remment la moralité , tantôt avant, tan-tôt après le récit, selon que le goût P exigeou le permet. L’avantage est á-peu-prèségal pour Pesorit du lecteur , qui n’est pasmoins exerce, soit qu’on la placeaupara-| van t ou après. Dans le premier cas , ona le plaisir de combiner chaque trait durécit avec la vérité, dans le íècond cas,j on a le plaisir de la suspension : on devinece qu’on veut nous apprendre , & on ala satisfaction de se rencontrer avec P au-teur , ou le mérite de lui eeder , si onn’a point réussi.

Moralités , ( Théâtre français )c’est únsi'qu’on appella d’abord les pre-mières comédies saintes qui furent jouéesen France dans le xv. & xvj. siécles. Voy.Comédies saintes. ( I) (i)

( I ) On représentoit les moralités avec les farces & les sottises. Le sujet quelquefois- en étoit prisclans la nature , comme celui de l’ Enfant prodigue ; mais plus souvent la fable en étoit allégorique ,6t alors les idées les plus abstraites ou les plus fantastiques y étoient personnifiées ; c’étoient la cftair,Yefprit , le monde , bonne compagnie , je bois à vous , accoutumance , passe-temps , friandise , fkc.

Dans ta moralité de YHomme juste 6t du mondain , un ange promenant une ame en f autre monde,lui fait voir Penser , dont voici la description , un peu différente de celle de PEnéide 6t de la Hen-tiade :

En cette montagne & haut roc ,Pendus au croc ,

Abbé y a , & moine en froc ;Empereur , roi , duc , comte & pape.Eouteiller , avec son broc ,

De joie a poc.

Laboureur aussi ô son foc ;

Cardinal , évêque ô fa chape.

Nul d'eux jagiais de-là n’échape ,Que ne les happeLe diable , avec un ardent broc.Mis ils font en obscure trape ;

Puis fort les frappeLe diable , qui tous les attrapeAvec fa rappe ,

Au feu les mettant en un bloc.

La moralité de YEnfant ingrat devoit être un excellent drame pour le temps. II y a de l’interêr ,de la conduite , &C une catastrophe qui devoit faire alors la phts terrible impression. Cet/enfant,pour lequel fes pere 6t mere fe font dépouillés de leurs biens , les reçoit avec dureté , lorsque ré-duits à Pindigence , ils veulent recourir à lui , 6t les menace de les méconnoître s’ils fe présententde nouveau. Après les avoir chassés de chez lui , il fè met à table , fe fait apporter un pâté ; 6tcomme il est prêt à l’ouvrir , son pere , une seconde fois , vient lui demander l’aumône. Ce filsdénaturé le méconnoît 6t le chasse de fa maison. Le désespoir s’empare de l’ame du pere ; ilfort rend compte à fa femme du traitement qu il a reçu. L’un fk Pautre prononcent contre leurfils les plus terribles malédictions.

Le fils , après le départ du pere , veut ouvrir le pâté , & k l’instant il en fort un crapaud quis élancé fur lui , êc qui lui couvre le visage. Comme personne ne peut l’en détacher , on s’adretíeau curé , k Pévêque , ík enfin au pape ; 6t comme le coupable est vraiment repentant, le souve-rain pontife ordonne au crapaud de fe détacher de fa face. Le crapaud tombe , Pensant ingratrecouvre l’ufage de la parole ; 6c , accompagné de son beau-pere, de fa femme , de ses amis& de fes domestiques , il va se jettex aux pieds de son pere ík de sa mere , il en obtient