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§. MORDANT , - ( Arts Dorure. )Mordant nouveau pour dorer & vernir. Lemordant dont on se sert ordinairementseche avec peine ; l’or s’y noie étant tropappliqué ; il ne tient pas pour peu que lemordant soit trop sec , & alors il faut enremettre une seconde couche, & atten-dre vingt quatre heures, quelquefois trente-íix , selon la saison, la température del’air & le lieu où l’on travaille, pour saisirle point juste de íiccité dont a besoin. Ce-lui-ci n’est point sujet à ces inconvéniens ;un quart d’heure suffit pour le defïecherautant qu’il est nécessaire. Je l’ai appris à laHaye dans mon dernier voyage en Hol-lande , chez le steur Favin. J’y vis unun homme qui redoroit le cadre d’un por-trait de M. Heiníius , grand pensionnairede Hollande. II yposoit un mordant , quedu premier coup d’ceil je jugeai différentde tous ceux que j’avois vus jusqu’alors,d’autant plus qu’auparavant il préparoit lecadre par quelques couches de vernis ; cequi certainement ne se pratique point, nine peut se pratiquer avec les autres rnor-dans communs. Un quart d’heure aprèsqu’il eut mis son mordant , il appliqua sonor , Lc je vis alors la plus belle dorure quel’on puisse desirer. J’en donne ici la com-position telle qu’il me l’a communiquée.
Composition du mordant nouveau. Uneliv. d’huilede lin, six onces de litharge d’ar-gent, tme once de térébenthine, une oncede terre d’ombre, une once de poix résineune once de gomme spaltome , un oignon& une croûte de pain bis ; mettez le toutdans un pot de terre vernissé , contenantenviron trois pots de Hollande qui font sixpintes de Paris : faites-le bouillir pendanttrois ou quatre heures, jusqu’à ce qu’il soitassez cuit: c’est ce que l’on connoît en tirantquelques gouttes de la composition que l’onlaisse refroidir : lorsqu’elle sise , c’est lamarque infaillible de la bonne cuisson. Alorsvous retirez le pot du feu ; & quand lamatière est à moitié refroidie , vous en ti-rez l’oignon & la croûte de pain bis, puisy mettez auffi-tôt un quarteron d’esprit detérébenthine. Vous passerez ensuite 1e toutpar un linge, & 1e garderez dans une bou-teille bien bouchée avec du liege couvertd’un morceau de velïìe. Ce mordant se
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conservera dix ans fans rien perdre de favçmi. On l’emploie de la maniéré sui-vante.
U faut commencer par passer sur 1e boisune ou deux couches de vernis. On metensuite un peu de vermillon dans 1e mor-dant que l’on détrempe avec un peu-d’es-prit de térébenthine pour 1e rendre pluscoulant ; alors on passe une couche fur 1ebois. Au bout d’un quart d’heure il estsec : vous y appliquerez votre or ; & avecun peu de coton vous appuyez fur cet or ,afin de l’aslùrer & se faire tenir. Notez quelorsqu’onveut dorer 1e fer , il n’est pas be-soin d’y coucher le mordant. Journ. Econ.mai 1752 ,107. ( +)
Mordant , en terme de Cloutier d'e-pingles , est une espece de pince courte &sans branches, dont ses dents sont de basen haut. C’est dans 1 e mordant que l’onmerle clou pour en faire la pointe. On lesserre dans un étau pour 1e tenir plus ferme.V. Pannoir.
Mordant, instrument dont 1 e com-positeur se sert dans la pratique de Y Im-primerie , est une petite tringle de bois à-peu-près quarrée, de dix à onze pouces delong , fur environ deux pouces & demi decirconférence , fendue & évuidée dans falongueur de sept à huit pouces seulement.Un compositeur se sert ordinairement dedeux mordans. Us servent à arrêter &maintenir la copie, comme adossée sur 1e vi-sorium , en embrassant transversalement lacopie par devant par une de ses branches ,& 1e visorium par derriere au moyen de faseconde branche ; 1e premier mordant quel’on peut nommer supérieur , reste commeimmobile , tandis que 1e second sert à in-diquer au compositeur la ligne de la copie*qu’il compose en 1e plaçant immédiatementau-dessus de cette même ligne , & ayantsoin de 1e baisser , à mesure qu’il avance sacomposition ; s’il n’a pas cette attention ,il est en danger de faire des bourdons. V.Bourdon.
Mordant , on appelle mordant enPeinture , une composition quj sert à re-hausser les ouvrages en détrempe ; elle sefait avec une livre de térébenthine épaisse,une livre de poix résine , trois quarteronsde cire jaune , une demi-livre de suif, u»
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