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Tome vingt-deuxième.
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MORGUE, s. f. ( Gramm. ) Si vousjoignez la dureté & la fierté à la gravité ,à la sottise , vous aurez la morgue. Elleest de tous les états ; mais on en accuseparticulièrement la robe, & la raison enest simple. II y a dans la robe , tout au-tant de gens sots & fiers que dans l’égliíê& le militaire , ni plus ni moins ; mais lagravité est particulièrement attachée à lamagistrature ; dépositaire des loix qu’ellefait parler ou taire à son gré , c’est unetentation bien naturelle que d’en prome-ner par-tout avec soi la menace. Les gensde lettres ont aussi leur morgue , mais ellene so montrera dans aucun plus forte-ment que dans le poste fatyrique.

Morgue ; {llijî. mod.) c’est dansles prisons, l’intervaile du second guichetau troisième. On donne le même nomá un endroit du châtelet, où l’on exposeà la vue du public les corps morts dontla justice se saisit : ils y restent plusieursjours afin de donner aux passans le tempsde les reconnoître.

MORHANGE, ( Ge'og. ) en allemandMoerchingen, ancienne bourgade de laLorraine allemande , avec titre de comté.Les seigneurs de cette bourgade prennentla qualité de rhìngraves , & ne releventque de l’empire. Elle est à io lieues N.E. de Nancy , 80 N. E. de Paris. Long.24. 17. 35. ter. 48. 55. 30. {D. J.)

MORICAMBE, ( Geogr. anc.) golfede Fille d’Albion. Ptolomée , liv. II.ch. iij. le place fur la côte occidentaleentre le golfe Jtuna & le port des Setan-tir. Le pore Briet pense que c’est la baiede Kirkby.

MORIDUNUM , ( Geogr. anc. ) ouMUR f D UNUM , ville de la Grande-Bretagne, que l’itinéraire d’Antonin metfur la route de Calleva à Uriconium , à3 6 milles de la premiers , & à 15 de laseconde. C’est aujourd’hui Seaton , selonle savant Gale {D. J.)

MORIGENER , v. act. ( Gramm.')corriger , reprendre , former aux bonnesmœurs par des corrections & des répri-mandes. II est difficile qu’un enfant quin’a point été morigéné , soit assez heu-reusement né pour n’en avoir pas eu debesoin , & n’avoir aucun de ces défauts

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dont une bonne éducation peut corriger'.Mais on se rend insupportable à force dereprendre. Peu de corrections , mais pla-cées à propos ; fur - tout ne pas donnerlieu à un enfant de confondre les fautesconsidérables avec les fautes léger es , enmontrant la mime sévérité pour les unes& pour les autres : ce seroit corrompreau lieu de corriger.

MORILLE, f. f. boletus. ( Hist. nat.Bot. ) genre de plante qui ressemble auchampignon , & qui n’en différé qu’en cequ’elle est percée d’un grand nombre degrands trous. Tournefart, injìit. reì her-bor. Voyei PLANTE ET DOUCEAMERE.

La morille est nommée par Tournefortboletus , efculentus , vulgans , injì. reìherb. )ói. & par Bauhín , sang us poro/us,C. B. P. 370.

C’est un genre de plante dont on neconnoît pas encore les fleurs & les fruits.Souvent la mordle est de la longueur d’unenoix , & quelquefois plus grosse , d’unefigure tantôt oblongue , tantôt pyrami-dale , tantôt ovale. Sa substance est ten-dre , charnue , ridée , poreuse , toutepercée de grands trous semblables à desrayons de miel. Sa couleur est un peurougeâtre , quelquefois fauve ou noirâtre.La morille est concave en-dedans , blan-che , & comme enduite d’une fine pous-sière. Le pédicule qui la soutient , esttout blanc , creux , garni à sa partie in-férieure , de racines menues , déliées &filamenteuses. Clusius a observé quatreespeces de morilles différentes en grosseur,en figure & en couleur ; il y en a vrai-semblablement bien davantage.

Ce genre de plante vient à merveilledans certains lieux herbeux, humides,dans les bois, & les collines, au pie desarbres. On en cherche, & on en trouvebeaucoup au printemps aux environs deParis, dens le bois de Vincennes, dansla forêt de Saint-Germain , dans la valléede Montmorency & ailleurs.

On en transporte aussi de seches danscette capitale , de toutes les provincesde France , par.ce qu’elles sont fort re-cherchées à Paris , pour F assaisonnementde plusieurs mets. Nos Cuisiniers , ton-