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jours disposés, à satisfaire notre sensualitéaux dépens de la santé , préparent desmorilles de toutes sortes de ijíanieres : ilsont imaginé d’en faire cent plats parti-culiers pour hors-d’ccuvres , ou pour entre-mets: comme morilles en tourtes , en ra-goût , à la crème en gras , & en ragoûtà la crème en maigre. Qui n’a oui parleraux gourmands de morilles farcies , demorilles frites, de morilles à l’italienne,de morilles au lard , de pain aux morilles,& de tourtes aux morilles ?
Les Romains aussi voluptueux que nous,& beaucoup plus riches , faií'oient leursdélices des morilles. Néron appelloit cegenre de nourriture un mets des dieux ,cibus deorum. Elles font excellentes , ditPline, liv. XXIJ. c. xxij. mais elles ontété accusées de malignité dans une célé-bré conjoncture. Agrippine s’en servitpour empoisonner l’empereur Claude. IIest pourtant certain que les morilles necauserent pas seules le décès de cet em-pereur, ce fut la violence du poison dontori les farcit, qui le fit périr. C’est pourquoi Suétone qui rapporte ce fait dans lavie de Claude , se sert du mot boletusmedicatus , des morilles empoisonnées.
Onjait, pour le dire en passant, avecquel art, quelle délicatesse Racine, dansdans fa tragédie de Britannicus , fait ra-conter à Néron par Agrippine elle-méme,Acle VI. Jcene III, ce trait d’histoire deFempoisonnement de Claude. Elle dit àson fils :
11 mourut ; mille bruits en'courent à ma honte ;
J arrêtai de fa fin la nouvelle trop prompte ,
Et tandis que Buirhus alloit secrètementDe l'armée t n vos mains exiger le serment ,
Que vous marckie^au camp, conduit sous mes aus-pices ,
Dans Rome les autels fumaient de sacrifices :Par mes ordres trompeurs , tout le peuple excité ,Du prince déjà mort demandait la santé.
{D. J.)
Morille , ( Diette. ) La morille estun des plus agréables au goût, & desmoins dangereux des champignons. Onn’a point observé que cet aliment soitsujet à causer des indigestions fâcheuses,
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encore moins aucun accident qui appro-chât des effets du poison. II est seulementtrès-échauffant, excitant l’appétit véné-rien , & disposant efficacement les hom-mes à le satisfaire: C’est pourquoi il fautles interdire à tous les sujets qu’il est! dangereux d’échausser, & principalementdans les maladies inflammatoires des par-' ties de la génération.
Ce mets a été fameux par l’usage qu’enfit Agrippine pour donner du poison âl’empereur Claude. Mais, selon la remar-que de Geoffroy , il est certain que lesmorilles n’ont pas été , par elles-mémes ,la cause de la mort de cet empereur ;mais que c’est le poison dont elles croientremplies qu’il faut en accuser. Ainsi, leshistoriens en parlant de ce fait, se íer-vent-ils d’une expression qui signifie desmorilles empoisonnées, holeti medicatì.
( S )
MORILLON , f. m. glaucìwn bellonì,( HiJL nat. Bot. ) oiseau de la máme gran-deur que le canard, & qui lui restèmblebeaucoup ; son bec est dentelé sur ses bordscomme une scie ; ses pâtres font rougesà l’intérieur , Lt brunes à l’extérieur ;toute la tête est d’une couleur de rouillefoncée jusqu au milieu du cou où il estentouré d’une bande blanchâtre , la poi-trine est de couleur cendrée, le ventreest blanc ; le dos & les ailes font noirs ;si on les étend , on voit sept plumes blan-ches qui les rendent aíïèz semblables àcelles des pies ; le reste des ailes & laqueue qui reíïèmble % :\ celle du cormo-ran , font noires. Le morillon a la lan-gue charnue , & si épaisse qu’eile paroitdouble auprès de la racine ; la poitrineest large comme celle des canards ; lespattes font courtes & pliées en arriérécomme celles des plongeons. Willughbi,yoye\ OISEAU.
Voici la description qu’on en trouveailleurs ; c’est, dit - on, une eípece decanard qui n’est différent des autres quepar la couleur rouge de les jambes &de ses piés, & par son plumage , il a latète & la moitié du col tannée, un collierblanc ; le reste du col & de la poitrinecendrée ; il paroit noir sur le dos , maisquand íl étend ses ailes, on y voit des
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