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Tome vingt-deuxième.
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MORSELLI, ou MORSULI, s. m.( Phar/n. ) comme qui diroit petite bouchée,sont des noms latins que l’on a donnés àcertaines préparations de remedes que l’ontient dans la bouche pour les mâchercomme les tablettes. U. TABLETTE.

MORSURE, f. f. ( Gramm. ) il se ditde Faction de mordre , & de la blessurefaire par cette action. Uoyei Mordre.On a découvert un rernede sûr contre lamorsure de la vipere : ce sont des gouttesd’eau-de-luce dans de l’eau pure. U oye\Eau-de-Luce & Vipere.

MORS US RANJ 5 , ( Botan.) genrede plante qui produit deux sortes de fleurs;des nouées & d’autres qui ne sont pasnouées : les unes & les autres font en roses ,composées ordinairement de trois feuillesdisposées au-tour du même centre. Le ca-lice des fleurs nouées devient un fruit ob-long , partagé le plus souvent en six logesremplies de semences assez menues. Tour-nesort. Man. de íacad. royal, des sciences,année 1705. UoyeçPLANTE.

MORT , f. f. ( tìifl. nat. de l’homme. )destruction des organes vitaux , ensortequ’ils ne puissent plus se rétablir.

La naissance n’est qu’un pas à cette des-truction ;

Et le premier infant oú les enfants des roisOuvrent les yeux à la lumière ,

Est celui qui vient quelquefoisFermer pour toujours leur paupière.

Dans le moment de la formation d u fœ-tus , cette vie corporelle n’est encore rien,ou presque rien , comme le remarque undes beaux génies de Facadémie des scien-ces. Peu-à-peu cette vie. s’augmente &s’étend ; elle acquiert de la Consistance àmesure que le corps croît, se développe &se fortifie ; dès qu’il commence à dépérir,la quantité de vie diminué ; enfin lorfqu’ilse courbe , se desseche & s’affaisse , la viedécroît, se resserre , se réduit presque àrien. Nous commençons de vivre par de-grés , & nous finissons de mourir , commejious commençons de vivre. Toutes lescauses de dépérissement agissent conti-nuellement fur notre être matériel, & leconduisent peu-à-peu à fa dissolution. La

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mort , ce changement d’etat si marqué ,si redouté , n’est dans la nature que la der-niere nuance d’un être précédent ; la suc-cession nécessaire du dépérissement de no-tre corps, amene ce degré comme tousles autres qui ont précédé. La vie com-mence à s’éteindre, long-tems avant qu’elles’éteigne entièrement ; & dans le réel, ily a peut-être plus loin de la caducité â lajeunesse , que de la décrépitude à la mort ;car on ne doit pas ici considérer la viecomme une choie absolue , mais commeune quantité susceptible d’augmentation ,de diminution , & finalement de destruc-tion nécessaire.

La pensée de cette destruction est unelumière semblable à celle qu’an milieu dela nuit répand un embrasement sur desobjets qu’il va bientôt consumer. II fautnous accoutumer à envisager cette lumière,puisqu’elle n’annonce rien qui ne soit pré-paré par tout ce qui la précédé ; & puisquela mort est aussi naturelle que la vie ,pourquoi donc la craindre si fort ? Ce n’estpas aux médians , ni aux scélérats que jeparle ; je ne connois point de rernede pourcalmer les tourmens affreux de leur cons-cience. Le plus sage des hommes avoirraison de dire que lì l’on ouvroit Famé destyrans, on la trouveroit percée de blessu-res profondes, Lc déchirée par la noirceur& la cruauté , comme par autant de plaiesmortelles. Ni les plaisirs , ni la grandeur ,ni la solitude , ne purent garantir Tibèredes tourmens horribles qu’il endurait. Maisje voudrais armer les honnêtes gens con-tre les chimères de douleurs & d'angoissesde ce dernier période de la vie : préjugé ga-gerai si bien combattu par Fauteur élo-quent & ptofond de F histoire naturelle deFhom*ne.

La vraie philosophie, dit - il, est devoir les choses telles qu’eìles sont ; le sen-timent intérieur seroit d’accord avec cettephilosophie, s’il n’étoit perverti par lesillusions de notre imagination , & parl’habitude malheureuse que nous avonsprise de nous forger des fantômes de dou-leur & de plaisir. Il n’y a rien de char-mant & de terrible que de loin ; mais pours’en assurer , il faut .avoir la sagesse & lecourage de considérer l’un Sc F autre ds