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Tome vingt-deuxième.
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M O R

'Auguste nommoit cette mort euthanasie ;expression qui fit fortune à Rome, & donttous les auteurs se servirent depuis dansleurs ouvrages.

Il semble qu’on paye un plus grand tri-but de douleur quand on vient au monde ,que quand on en fort: là l'enfant pleure ,ici le vieillard soupire. Du moir s est - ilvrai qu’on fort de ce monde comme on yvient, lans le savoir. La mort & Pamourse consomment par les mêmes voies, parl’expiration. On se reproduit quand c’estd’amour qu’on meurt ; on s’anéantit ,(jeparle toujours du corps, & qu’on nevienne pas m’accuser de matérialisme ),quand c’est par le ciíeau dAtropos. Re-mercions la nature, qui ayant consacréles plaisirs les plus vifs à la production denotre espece , émousse presque toujoursla sensation de la douleur, dans ces mo-mens où elle ne peut plus nous conserverla vie.

La mort n’cst donc pas une chose aussiformidable que nous nous l’imaginons.Nous la jugeons mal de loin ; c’est unspectre qui nous épouvante à une certainedistance , & qui disparoît lorsqu’on vientà en approcher de près. Nous n’en pre-nons que des notions fausses: nous la re-gardons non - seulement comme le plusgrand malheur , mais encore comme unmal accompagné des plus pénibles an-goisses. Nous avons même cherché àgrossir dans notre imagination ses funes-tes images, & à augmenter nos craintes,en raisonnant sur la nature de cette dou-leur. Mais rien n’est plus mal fondé ; carquelle cause peut la produire ou l’occa-sionner > La fera-t-on résider dans l’ame ,©u dans le corps ? La douleur de l’ame nepeut être produite que par la pensée jcelle du corps est toujours proportionnéeà fa force ou à fa foiblesse. Dans l’instantde la mort naturelle , le corps est plusfoible que jamais ; il ne peut donc éprou-ver qu’une très-petite douleur , si mêmeil en éprouve aucune.

Les hommes craignent la mort , commeles enfants craignent les ténèbres , &seulement parce qu’on a effaré leur ima-gination par des fantômes aussi vains queterpibles. L’appareil des derniers adieux ,

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les pleurs de nos amis , Io dueil & lacérémonie des funérailles, les convulsionsde la machine qui se dissout, voilà ce quitend à nous effrayer.

Les Stoïciens affectoient trop d’aprêtspour ce dernier moment. Us usoient detrop de consolations pour adoucir la pertede la vie. Tántderemedes contre la craintede la mort contribuent à la redoubler dansnotre ame. Quand on appelle la vie unecontinuelle préparation à la mort , on alieu de croire qu’il s’agit d’un ennemi bienredoutable , puifqu’on conseille de s’armerde toutes pieces ; & cependant cet en-nemi n’est rien. Pourquoi l’appréhendersi vivement ? enfin , pourquoi craindrela mort , quand on a assez bien vécu pourn’en pas craindre les suites ?

Je fiai que la mortalitéVu genre humain est l'appanage.-.-Pourq'uoi donc serois-je excepté?

La vie n’est qu’un pèlerinage !

De son cours la rapidité

Loin de m’allarmer , me soulage ;

Sa fin , lorsque s en envisageL’infaillible nécejfilé ,

Ne peut ébranler mon courage .

Brûles de l’or empaqueté ,

Ll n’en périt que l’emballage ,

C’est tout : un fi léger dommage *

Devroit - il être regretté ? ( D.s.*)

Mort LE , ( Critiq.sacrée. ) il est dit'dans le Deutéronome, chap. xiv. F. 1." vous ne vous ferez point d’incision, &» vous ne vous raserez point toute la têten pour le mort ». Ce mort est Adonis ,parce que dans fa fête on pratiquoír toutesces choses. II est parlé de la fête d’Adonisdans Ezéchiel, viij. r4. Au reste , les Juifsavoient J’idée superstitieuse , que tous ceuxqui se trou voient dans la maison où il y avoirun mort , ou qui touchoient au Cadavre ,étoient souillés & obligés de se purifier,comme il paroi t par saint Luc, xxij. 4.( D. J. )î

Mort , ( Mythol. ) les anciens ont faicde la mort une divinité fille de la Nuit ;ils lui donnent pour frété le Sommeiléternel, dont le sommeil des vivants n’est