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ment de la poitrine inséparable de celuides poumons , est totalement anéanti ;toutes les excrétions sont suspendues ; lachaleur est perdue ; les membres sontfroids , roides, infléxibles , les sens sontdans l’inaction ; il ne reste aucun vestigede sentiment ; une pâleur livide occupele visage ; les yeux sont sans force , fanséclat, recouverts d’écailles , &c. Jusque-là le cadavre ne différé de l’homme vi-vant , que par le défaut de mouvement :les différents organes encore dans leurentier peuvent être ranimés , ils conser-vent pendant quelque' temps une aptitudeà renouvelles les mouvements auxquelsils étoient destinés. Ils restent dans cetétat jusqu’à ce que la putréfaction plus oumoins prompte, détruise leur tissu, rompesurdon des molécules organiques qui lescomposent , & mette par-là un obstacleinvincible au retour de la vie. Lorsque lacorruption commence à gagner, le corps de-vient successivement bleuâtre livide , noir;il exhale une odeur insoutenable , parti-culière, qu’on nomme cadavéretije ; bien-tôt après les vers y éclosent les différentesparties se désunissent, perdent leur lien ,leur figure , & leur cohésion ; les molé-cules dégagées sont volatiles, s’évaporent ;& enfin , après leur dissipation il ne r elfeaucun vestige d’homme. II me paroìtqu’on pourroit distinguer dans la morsdeux états bien différons, & établir enconséquence deux especes ou deux degrésremarquables de mors. J’appellerai lepremier degré mort imparfaite , ou sus-ceptible de secours, qui comprendra toutce temps où il n’y a qu’un simple inexercuedes fonctions vitales, & où les organes,instrumens de ces fonctions, sont encorepropres à recommencer leur jeu. Le fé-cond degré, le complément de la mortimparfaite , fera connu sous le nom demort absolue , irrévocablement décidée.II est caractérisé non-seulement par lacessation des mouvemens, mais encorepar un état des organes tels qu’ils sentdans une impossibilité physique de lesrenouveller ; ce qui arrive le plus sou-vent par leur destruction opérée par laputréfaction, ou par des moyens mécha-,niques, quelquefois aussi par un de fie-Tome XXII.
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chôment considérable, ouvrage dé fartou de la nature. Le temps qui se passeentre la mort imparfaite , & la mortabsolue , est indéterminé ; il varie suivantles causes, les sujets, les accidens, lesfaisons, fisc. En général, l’intervalle estplus long dans ceux qui meurent subite-ment ou de mort violente, que dansceux où la mort est l’effet d’une maladie,ou de la vieillesse ; dans les enfans quedans les adultes, dans l'hiver que dansl’été, sous l’eau que dans un air libre ,fisc. La distinction que je viens d’établir,est fondée fur un grand nombre de faitspar lesquels il conste évidemment que despersonnes ont resté pendant astèz long-temps dans cet état que nous avons'ap-pelle mort imparfaite, & qui après cela,ou par des secours appropriés , ou d’elles-mêmes , sont revenues à la vie. De cenombre sont les morts volontaires ouextatiques ; quelques historiens assurentavoir vu des personnes qui par le seulacte de la volonté , sofpendoient chez euxtous les mouvemens vitaux , & restoientpendant un certain temps fans pouls ,fans respiration , roides, glacées, & aprèscela reprenoient d’eiles-mémes l’exercicedes sons. Cheyne, auteur connu, digne defoi, raconte qu’il a été témoin oculaired’un semblable fait , & que la mort luiparoissoit si bien décidée , qu’il avoit déjàpris le parti de se retirer ; cependant l’ex-tase finit, la mort cessa , le pouls & larespiration revinrent par degrés. 11 y ades gens qui réitèrent souvent pour satis-faire les curieux ces morts imparfaites.On dit que les Lapons su r-tout excellentdans ce métier ; on en a cependant vuquelquefois mourir tout-á-fait victimesde ces dangereuses tentatives, de mêmequ’un anglois qui pouvoir suspendre avecla main le mouvement de ion cœur ; ilmourut enfin ayant poussé trop loin cetteexpérience. Le traité important, quoiquemal digéré, que M. Bruhier médecin adonné fur f incertitude des sgnes de lamort , contient un recueil intéressant Lccurieux d’observations, qu’il a pris la peinede rassembler & d’oxtraire de différonsauteurs, qui prouvent que des morts misfur la paille , dans la biere, & dans le