Band 
Tome vingt-deuxième.
Seite
274
JPEG-Download
 

274 M O R

tombeau même, en sont sortis vivans ,après plusieurs jours.

Mais ce qu’il y a de plus terrible , &qu’il etì á propos de remarquer dans ceshistoires , c’est que presque toutes cesrésurrections naturelles font l’effet d’unheureux hasard , ou d’un concours de cir-constances inattendues. Ainsi une jeunefille morte de la petite vérole revint envie , parce que le bedeau qui la portoitlaista tomber le cercueil, dont les aismal unis se desassemblerent ; la secoussede cette chiite fit donner à l’enfant dessignes de vie : on la reporta chez elle , oùelle revint en parfaite santé. Traité detincertitude des figues de La mort. §. VI.page 153. tome I. Une femme du com-mun étant exposée sur la paille avec uncierge aux piés, suivant l’usage , quelquesjeunes gens renverseront en badinant lecierge fur la paille qui prit feu à l’ins-tant : dans le même moment la morte seranima , poufss un cri perçant, & vécutlong-temps après. Ibid. §. IV. page 68.Plusieurs personnes enterrées avec des bi-joux , doivent la vie à l’avidité des fos-soyeurs ou des domestiques , qui fontdescendus dans leurs ts mbeaux pour lesvoler ; les secousses , l’agitation , les ef-forts faits pour arracher les anneaux, pourles dépouiller ont rappelié ces morts im-parfaits à la vie. Voye\ les observationsrapportées dans Iouvrage déjà cité tomeLpage^ -i , 61 , 98, 134, 170 , &c.Dans d’autres la mort a été dissipée pardes incisions faites pour les ouvrir : unefemme dont Terriîi raconte l’histoire ,donna des signes de vie au second coupde bistouri ; il est arrivé quelquefois quela vie s’est manifestée trop tard dans desemblables circonstances ; le mort reffiis-cité a perdu la vie sous le couteau ana-tumique. Ce fut un pareil événement quicausa tous les malheurs du grand Ve-ssie , ayant ouvert un gentilhomme es-pagnol , il apperçut dès qu’il eut enfoncéle bistouri quelques signes de vie ; & lapoitrine ouverte lui fit observer le mou-vement du cœur revenu ; le fait devenupublic excita les poursuites des parents &des juges de l’inquiíìtion. Philippe II. roi4 ’Esgagne., par autorité ou plutôt par

M O R

prières, vint à bout de le soustraire 1l’avidité de ce cruel tribunal , à condi-tion qu’il expieroit son crime par un voya-ge à la Terre-Sainte. On raconte du car-dinal Espinoss , premier ministre de Phi-lippe II. qn’ayant été disgracié , il mourutde douleur. Lorsqu’on l’ouvrit pour l’em-baumer , il porta la main au rasoir duchirurgien , & on trouva son cœur pal-pitant ; ce qui n’empêcha pas le chirurgienbarbare de continuer son opération , &de le mettre par - là dans Fimpoffibilitéd’échapper à la mort. II y a plusieursexemples de personnes qu’on alloit enter-rer , ou qui l’étoient déja , que la tendresseofficieuse ou l’incertitude d’un amant »d’un parent, d’un ami , d’un mari, d’unefemme , ùc. ont retiré des bras de la mo/v.Un homme au retour d’un voyage, ap-prend que fa femme est morte & inhuméedepuis trois jours : inconsolable de si per-te , & ne pouvant se persuader qu’elle fûtréelle , descend comme un autre Orphéedans son tombeau , & plus heureux ouplus malheureux que lui , il trouve lesecret de lui rendre la vie & la santé.La même chose arriva à un négociant ,qui revenant austi d’un voyage deux joursaprès la mort de si femme , la trouvaexposée à sa porte dans le moment quele clergé alloit s’emparer de son corps ,il fit monter la biere dans fa chambreen tira le corps de si femme , qui nedonna aucun signe de vie. Pour mieuxs’assurer de fa mort, & pour tâcher de ladissiper, s’il étoit possible , il lui fit fairedes scarifications & appliquer les ventou-ses ; on enavoit déja mis vingt-cinq fansle moindre succès, lorsqu’une vingt - si-xième fit crier à la morte ressuscitéeha , que vous me faites mal ! MiladiRoussel, femme d’un colonel anglois, duela vie à l’extrême tendresse de son mari,qui ne voulut pas permettre qu’on l’enter-rât , quoiqu’elle parût bien morte, jus-qu’à ce qu’il se manifestât quelque signede putréfaction. II la garda ainsi pendantsept jours, après lesquels la morte se ré-veilla comme d’un profond sommeil au sondes cloches d’une église voisine. Voyeçd’autres observations semblables dans J’ou-vrage déja cité, tome I. pages 69 , 94 _