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Tome vingt-deuxième.
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îo <5 , 108 , &c. L? tome II. pages 56,L? 58. Quelques morts dent l’enterrementa été différé par quelque cause imprévue,sont précisément revenus à la vie dans cetintervalle ; un témoin oculaire raconte& certifie quêtant à Toulouse dans l’églisede saint Etienne , il vit arriver un con-voi dont on différa la cérémonie jusqu’à-près un sermon pendant lequel on déposa3 e corps dans une chapelle. Au milieud u sermon, le cadavre parut animé, fitquelques mouvements qui engagerentà lereporter chez lui ; de façon , ajoute l’his-toríen de ce fait, que Jans le sermon onauroit enterré un homme vivant , ou quiêtoit prêt à le devenir. Ibid. tome I.page 6 2. Diemerbroek rapporte q u’u npaysan étant mort de la peste , on sepréparoit à l’enterrer après les vingt-qua-tre heures , suivant l’usage ; le défaut decercueil fit différer jusqu’au lendemain ;& lorsqu’on voulut y mettre le corps, ons'uppercut qu’il commençoit à reprendrel’usage dé la vie. Enfin, il y a eu despersonnes qui rappellées à la vie dans letombeau, en ont été retirées, ont été assezheureuses pour faire entendre leurs crisà des gens que le hasard amenoit dans levoisinage. Ainsi un régiment d’infanterieétant arrivé à Dole , plusieurs soldatsmanquant de logements, obtinrent la per-mission de se retirer dans Féglise , & decoucher sur les bancs garnis du parlement& de F université ; quelques soldats enten-dirent pendant long - temps des plaintesqui sembloient sortir d’un tombeau ; ilsavertirent le clerc, on ouvre un caveauoù l’on avoit enterré le jour même unefille, on la trouve vivante , &c.

Quelques enfants étant allés jouer furle tombeau d’un homme récemment en-terré , furent épouvantés du bruit qu’ilsentendirent ; ils racontèrent la cause deleur frayeur ; on exhuma la personne qui«toit pour lors en vie. II est évident quefi ces personnes eussent été enterrées dansun cimetiere & couvertes de terre , ellesn’auroient pû faire entendre leurs cris ;& même fans les circonstances imprévuesqui se rencontrèrent, elles seroient mortesde nouveau. Quels affreux soupçons nefont pas naître de pareils événements fur

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le fort d’une infinité de personnes qu’011enterre trop promptement, & fans beau-coup de précautions , fans attendre sur-tout que la putréfaction manifestée ait dé-cidé leur mort irrévocable. 11 arrive de-làque plusieurs meurent absolument , quiauroient pu revivre si on eut apporté àpropos des secours convenables , ou du-moins si on ne les avoit pas privés d’airen les ensevelissant fous la terre, ou enles mettant dans des caveaux qui font desespeces de mouffetes ; d’,autres au con-traire , ce qui est encore plus terrible ,revenus d’eux-mêmes à la vie , ne peu-vent faire venir leurs plaintes à ceux quipourroient les secourir , les tirer du tom-beau où ils sont renfermés fans nourriture,ne revivent que pour mourir encore pluscruellement dans toutes les horreurs dela faim & du désespoir. On volt en effetsouvent en exhumant les corps après plu-sieurs mois, qu’ils font changés de place,de posture , de situation ; quelques - unsparoistent avec les bras, les mains rongésde rage. Dom Calmet raconte fur la foid’un témoin oculaire, qu’un homme ayantété enterré dans le cimetiere de Bar-le-Duc , on entendit du bruit dans la sosie ;elle fut ouverte le lendemain , & on trou-va que le malheureux s’étoit mangé lebras. On vit à Alais le cercueil d’unefemme dont les doigts de la main droiteétoient engagés fous le couvercle de soncercueil qui en avoit été soulevé. Le doc-teur Crastt fait mention d’une demoiselled’Ausbourg , qui étant morte d’une suf-focation de matrice , fut enterrée dansun caveau bien muré ; au bout de quelquesannées on ouvrit le caveau, l’on trouvala demoiselle sur les degrés près de l’ou-verture, n’ayant point de doigts à la maindroite. Cette histoire est fort analogue àcelle d’un religieux carme , qui ayant étéenterré depuis long-temps , fut trouvé àl’entrée du caveau les doigts écorchés ,& la pierre qui bouchoit l’ouverture unpeu dérangée ; mais ce qui doit confir-mer & augmenter ces soupçons, c’est lelong intervalle qui peut s’écouler entre lamort imparfaite & la mort absolue , c’est-à-dire , depuis le temps où les organesont cessé leurs mouvements, jusqu’à celui

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