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Tome vingt-deuxième.
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mais réparées vont en décroissant, le mou-vement progressif du sang diminue peu-à-peu , & enfin cesse entièrement ; les bat-remens du cœur & des artères font suspen-dus , la gangrené univerjelle fe formé , &ia mort est décidée. Tous ces changemensque nous venons d’exposer se manifestentpar différens signes qui nous font conno'i-tre d’avance le fort funeste de la maladie,il ne nous est pas possible d’entrer ici dansle détail de tous les signes mortels, qui va-rient dans les différentes maladies , onpourra les trouver exposes aux articles deíeméiotique , comme pouls , respiration ,urine , &c. dont on les tire , & aux mala-dies qu’ils caractérisent : nous n’en rappor-terons à présent que quelques généraux quise rencontrent presque toujours chez lesmourans , qui précédent &t annoncent unemort prochaine. l_a physionomie présenteun coup-d’ccil frappant, sur-tout pour lemédecin expérimenté , dont les yeux fontaccoutumés à limage de la mort ; une pâ-leur livide défigure le visage ; les yeuxsent enfoncés, obscurs, recouverts d’é-cailles , la pupile est dilatée , les tempessont affaissées , la peau du front : dure , lenez effilé , les sevrés tremblantes ont perduleur coloris ; la respiration est difficile ,inégale , fiercoreuje ; le pouls est fòible ,fréquent , petit , intermittent ; quelque-fois les pulsations sont tissez élevées, maison sent un vuidedans Fartere , le doigt s’yenfonce fans résistance ; bientôt après lepouls fuit de dessous le doigt ; les pulsa-tions semblent remonter , elles deviennentinsensibles au poignet ; en appliquant lamain au pli du coude , lorsque Farteren’est pas trop enfoncée, on les y apperçoitencore ; c’est un axiome proposé par Hyp-pocrate , & fort accrédité chez le peuple ,que la mort ne tarde pas lorsque le poulsest remonté au coude , enfin tous ces bat-temens deviennent imperceptibles, le nez,les oreilles & les extrémités sont froides,on n’apperçoit plus qu’un léger sautillementau côté gauche de la poitrine, avec un peude chaleur , qui cessent enfin tout-à-fait,& le malade meurt dans des efforts inutilespour respirer. II n’est pas rare de trouverdans les cadavres des engorgemens inflam-matoires, des dépôts, des gangrenés dansTome XXII.

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les viscères , qui ont souvent accéléré &déterminé la mort ; ces désordres sont plu-tôt l’effet que la cause de la maladie ; >1 estcependant assez ordinaire aux médecinsqui font ouvrir les cadavres , d’appuyerfur ces accidcns secondaires, souvent effetsde Fart, Fiinpossibilité de la guérison , iîsmontrent à des assittans peu instruits tousces désordres comme des preuves de lagravité de la maladie , & justifient à leursyeux leur mauvais succès. II y a quelque-fois des maladies pestilentielles , des fiè-vres malignes qui se terminent au troisou quatrième jour par la mort ; le plussouvent on trouve des gangrenés internes,causes suffisantes de mort. Ces gangrenésparaissent être une source d’exhalaisonsméphitiques, qui se portant fur les nerfs,occasionnent un relâchement mortel ; cesmaladies si promptes semblent aussi atta-quer spécialement les nerfs , & empêcherprincipalement leur action ; le symptômeprincipal est une foibleíse extrême , unaffaissement singulier ; on peut rapporterà la mort qui termine les maladies aiguës ,celle qui est déterminée par une abstinencetrop longue , qui fuit Finanition ; il est biendifficile de décider en quoi & comment lesalimens donnent, entretiennent & réta-blissent les forces ; leur effet est certain,quoique la raison en soit inconnue : dèsqu’on cesse de prendre des alimens , ouqu’ils ne parviennent point dans le sang ,ou enfin quand la nutrition n’a pas lieu ,les forces diminuent, les mouvemens nes’exécutent qu’avec peine & lassitude , lescontractions du cœur s’affoiblissent, le mou-vement intestin du sang n'étant pas retenupar l’abord continuel d’un nouveau chyle ,fe développe , les différentes humeurs s’al-terent, la salive acquiert une âcreté très-marquée, la machine s’affaiíse insensible-ment, les défaillances font fréquentes, lafoiblestè excessive, enfin se malade resteenseveli dans une syncope éternelle.

Dans ses maladies chroniques la mortvient plus lentement que dans ses aiguës ,elle se prépare de loin, & d’autant plussûrement, elle s’opéreà-peu-présde mémequand la maladie chronique est prête à feterminer par la santé ou par la mort , elledevient aiguë. Toute maladie chronique

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