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Tome vingt-deuxième.
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qui est établie, fondée sur un vice par-ticulier , une obstruction de quelques vis-cères , fur-tout dn bas-ventre , qui donnelieu à l’état cachectique qui les accompagnetoujours à des jaunisses, des hydropisies ,Ùc. qui empêche toujours la nutrition , laparfaite élaboration du sang , de façon qu’ilest rapide, fans ton , fans force, & fansactivité ; le mouvement intestin languit,les nerfs font relâchés, les vaisseaux affoi-blis, peu sensibles, la circulation est dé-rangée j les forces , produit de Faction ré-ciproque de tous les viscères, manquent,diminuent de jour en jour , le pouls estconcentré, muet, & conservant toujoursun caractère d’irritation ; lorsque la mala-die tend à sa fin il devient inégal, inter-mittent , foible se perd enfin tout-à-fait ; il ne sera pas difficile de comprendrepourquoi la léíion d'un viscère particulierentraîne la cessation des mouvemens vi-taux , si l’on fait attention, i°. qu’ilsfont tous nécessaires à la vie ; 2°. que lacirculation influe fur les actions de tous lesautres viscères, & qu’elle est réciproque-ment entretenue & différemment modifiéepar leur concours mutuel ; 3“. que le moin-dre dérangement dans Faction d’un viscèrefait sur les organes de la circulation uneimpression sensible que le médecin éclairépeut appercevoir dans le pouls : ainsi lacirculation peut être & est effectivementquelquefois troublée , diminuée , & tota-lement anéantie par un vice considérabledans un autre organe. On trouve ordinai-rement dans ceux qui font morts de mala-dies chroniques beaucoup de désordresdans le bas-ventre , le foie , la ratte en-gorgés , abscédés, corrompus, les glandesdu mésentère durcies, le pancréas skir-reux , Ùc. les poumons font souvent rem-plis de tubercules, le cœur renferme despolypes, ùc.

Avant de terminer ce qui regarde lescauses de la mort , je ne puis m’empêcherde faire observer qu’on accuse très-souventles médecins d’en augmenter le nombre.Cette accusation est pour Fordinaire dictéepar la haine , le caprice > le chagrin, lamauvaise humeur , presque toujours portéefans connoiflânce de cause ; cependant ,hélas ! elle n’est que trop souvent juste i

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quoique passionnément attachée à une pro-fession que j’ai pris par goût & suivi avecplaisir , quoique rempli d’estime & de vé-nération pour les médecins, la force de lavérité ne me permet pas de dissimuler cequ’une observation constante m’a apprispendant plusieurs années, c’est que dansles maladies aiguës il arrive rarement quela guérison soit Fouvrage du médecin , &au contraire , la mort doit souvent êtreimputée à la quantité & à l’inopportunitédes remedes qu’il a ordonnés. 11 n’en estpas de même dans les chroniques , ces ma-ladies au-dessus des forces de la nature ,exigent les secours du médecin ; les reme-des font quelquefois curatifs, & la morty est ordinairement l’effet de la maladie ,abandonnée à elle-même fans remedes ac-tifs ; en général on peut assurer que dansles maladies aiguës on médicamente trop& à contre-tems , & que dans les chroni-ques on laisse mourir le malade faute deremedes qui agissent efficacement, il nemanqueroit pas d’obfervationspour consta-ter & confirmer ce que nous avons avancé.Un médecin voit un malade attaqué d’unefluxion de poitrine , c’est-à-dire d’une fiè-vre putride inflammatoire, persuadé quela saignée est le secours le plus appropriépour résoudre Finflammation , il fait fairedans trois ou quatre jours douze ou quinzesaignées, lafievre diminue , le pouls s’af-faisse , les forces s’épuisent ; dans cet étatde foiblesse , ni la coction ni la crise nepeuvent avoir lieu , & le malade meurt.Un autre croit que Finflammation est sou-tenue par un mauvais levain dans les pre-mières voies j partant de cette idée , ilpurge au-moins de deux jours Fun ; heu-reusement les purgatifs peu efficaces qu’ilemploie ne font que lâcher le ventrechasser le peu d’excrémens qui fe trou-vent dans les intestins ; les efforts de lanature dans le tems d’irritation n’en fontque fòiblement dérangés ; la coction fe faitassez passablement, l’évacuation critiquefe prépare par les crachats ; on continueles purgatifs parce que la langue est toujourschargée & qu’il n’jf a point d’appétit ;mais à-présent ils cessent à’être indijférens,ils deviennent mauvais , ils empêchentFévaeuation critique ; la matière des cra-