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Tome vingt-deuxième.
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chats reste dans les poumons , s’y accu-mule , y croupit ; le sang ne se dépurepoint, la fievre continue devient hectique,les forces manquent totalement, & la mortsurvient. Une jeune dame de considérationest attaquée d’une fievre putride qui portelégèrement à la gorge, le pouls est dansles commencemens petit, enfoncé , nepouvant se développer ; comme la maladea de quoi payer , on appelle en consulta-tion plusieurs médecins qui regardant lamaladie comme un mal de gorge gangre-neux ; croyant même dé j a voir la gangrenédécidée à la gorge , ils prognostiquent unemort prochaine , & ordonnent dans la vuede la prévenir , des potions camphrées, &son t couvrir le malade de vésicatoircs : ce-pendant on donne l’émétique , & on faitmême saigner , par l’avis d’un autre mé-decin appellé ; il y a un peu de mieux , lagorge est entièrement dégagée ; on se ré-duit á dire, vaguement & sans preuves ,que le sang est gangrené ; on continue lesvésicatoires, les urines deviennent rou-geâtres , sanglantes, leur excrétion se faitavec peine & beaucoup d’ardeur, la ma-lade sent une chaleur vive à fhypogastre ,les délires & convulsions surviennent, onvoit paraître en même temps d’autressymptômes vaporeux , le pouls reste petit,serré , muet, convulsif ; la maladie se ter-mine par la mors; on ouvre le cadavre,on s’attend de trouver le dépôt dans lecerveau , gangrené à la gorge , toutes •ces parties font très-saines ; mais les voiesurinaires, & sur-tout la veille & la ma-trice paraissent phlogosées & gangrenées.Il n’elt personne qui ne voie que ces dé-sordres font l’effet de faction spécifiquedes mouches cantharides. Dans les mala-dies chroniques la nature ne faisant pres-que aucun effort salutaire, il est rarequ’on la dérange ; mais comme elle estaffaissée, engourdie , elle aurait besoind’être excitée, ranimée : on l’afïàdit en-core par des laitages & d’áutres remedesaussi indifférons qui, loin de suivre cetteindication, ne touche point à la causedu mal, & qui laissent la maladie tendreà la destruction de la machine.

Un homme a depuis long-temps le bas-ventre rempli d’obstruction , il est cachée- I

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tique, une fievre lente commence à se dé-clarer , les jambes font asdémateuses, onlui donne des apozemes adoucissans , desbouillons de grenouille , on hasarde quel-ques légeres décoctions de plantes apériti-ves ; la maladie ne laisse pas d’empirer ,& le malade meurt enfin hydropique ; onnéglige les remedes héroïques , les fondanssavonneux , martiaux, Ùc. Un autre estattaqué d’une phthisie tuberculeuse, ilcommence à cracher du pus ; le médecinne fait attention qu’à l’état de suppura-tion où il croît voir le poumon , il penseque les humeurs font acres , qu il ne fautque combattre ces acretés ; invifquer parun doux mucilage, & engainer , pour ainsidire , les petites pointes des humeurs ; ildonne en conséquence du lait ; s’il entre-voie un peu d’épaistislement joint à l’acreté,il donne le petit-lait ou le lait d’anesse ;enfin ; il en combine les différentes espe-ces , met son malade à la diete lactée , maisces secours inefficaces n’arrêtent point lesprogrès ni la funeste terminaison de la ma-ladie ; au moins on ne peut pas dire quele médecin dans les chroniques tue sesmalades ; tout au plus pourroit-on avan-cer qu’il les laisse quelquefois mourir.Ii serait bien à souhaiter qu’on fût réduità un pareil aveu dans les maladies aiguës.

Quelle que soit la cause de la mort , soneffet principal immédiat est l’arrêt de lacirculation , la suspension des mouvemensvitaux : dès que cette fonction est inter-rompue , toutes les autres cessent à l'ins-tant ; faction réciproque des solides entre'eux , & fur les humeurs est détruite , lesang reste immobile , les vaisseaux dans‘fmaction , tous les mouvemens animauxsont suspendus. La chaleur & la souplessedes membres qui en sont une fuite se per-dent , & par la même raison , l’exercicedes sens est aboli, il ne reste plus aucunvestige de sentiment ; mais la sensibilitéou irritabilité, principe du sentiment &du mouvement, subsistent pendant quel-que tems ; les parties musculeuses piquées,agacées en donnent des marques incontes-tables ; le cœur lui-méme après qu’il a cesséde se mouvoir peut, étant irrité , recom-mencer ses battemea*. C’est dans la con-tinuation de cette propriété que je faiscon-

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