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Tome vingt-deuxième.
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lister la mort imparfaite ; tant qu’elle estprésente, la vie peut revenir , si quelquecause constante peut la remettre en jeu ; ilsaut pour cela que tous les organes soientdans leur entier, que le mouvement dusang renouvelle ne trouve plus d’obsta-cles qui l’arrêtent & le suspendent de ré-cités , que faction des causes qui ont ex-cité la mort ceííe ; c’est ce qui arrive danstous les cas où elle doit être attribuée auspasme du cœur , dès que la mort a sus-pendu les mouvemens , un relâchementconsidérable succédé à cet état de construc-tion , la moindre cause peut alors rendrela vie & la santé ; le sang luí-même , al-téré par le développement du mouvementintestin , peut servir d’aiguillon, pour res-susciter les contractions du cœur.

Lorsque le sang arrêté quelque-temps ,laissé à lui-même , fans mouvement pro-gressif, fans sécrétion , sans être renou-vellé par sabord du chyle ; son mouve-ment intestin se développe , devient plusactif ; & tend enfin à une putréfactiontotale , qui détruit le tissu de tous lesviscères , rompt surdon, la cohésion desfibres, bannit toute irritabilité , & metle corps dans Tétât apparent de mort ab-solue : il est bien des cas où même avantque la putréfaction se soit manifestée ,les organes ont entièrement perdu leursensibilité, ils ne peuvent recommencerleurs mouvements quelque secours qu’onemploie. On peut observer cela surtoutaprès- les maladies aiguës , où le sangaltéré est dans un commencement de pu-tréfaction , où quelques viscères font gan-grenés ; & il est à propos de remarquerque dans ces circonstances , la mort ab-solue suit de prés la mort imparfaite , &que l’on apperçoit bientôt des signes depourriture. II en est de même lorsqu’uneblessure a emporté , coupé , déchiré lesinstruments principaux de la vie; ou enfinlorsqu’on a fait dissiper toutes les hu-meurs , qu’on a desséché ou embaumé lecorps.

Diagnostic. II n’est pas possible de seméprendre aux signes qui caractérisent lamort ; les changements qui différencientl’homme vivant d’avec le cadavre fonttrcs-ffappants & très-sensibles ; on peut

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assiirer la mort , dès qu’on n’apperçoitplus aucune marque de vie, que la cha-leur est éteinte , les membres roides ,inflexibles , que le pouls manque abso-lument , & que la respiration est tout-à-fait suspendue : pour être plus certain dela cessation de la circulation, il faut por-ter successivement la main au poignet rau pli du coude , au col, aux tempes,à l’aine & au cœur , & plonger les doigtsprofondément pour bien saisir les artèresqui font dans ces différentes parties ; &pour trouver plus facilement les batte-ments du cœur s’ils persistoient encore »il faut faire pancher le corps fur un descôtés ; on doit prendre garde , pendantces tentatives , de ne pas prendre le bat-tement des artères qu’on a au bout desos propres doigts, & qui devient sensi-ble par la pressoir, pour le pouls du corpsqu’on examine , & de ne pas juger vivantcelui qui est réellement mort, on cons-tate l’immobilité du thorax , & le défautde respiration en présentant à la boucheun fil de coton fort délié , ou la flam-me d’une bougie , ou la glace d’un miroirbien polie ; il est certain que la moindre ex-piration feroit vaciller le fil & la flamme debougie & terniroít la glace ; on a aufficoutume de mettre sur le creux de l’esto-mac un verre plein d’eau , qui ne pourroicmanquer de verser s’il restoit encore quel-que vestige de mouvement ; ces épreuvessuffisent pour décider la mort imparfaite ;la mort absolue se manifeste par Tinsensi-bilité constante à toutes les incisions , àl’application du feu ou des ventouses, desvésicatoires , par le peu de succès qu’onretire de l’administration des secours ap-propriés. On doit cependant être très-circonffect à décider la mort absolue ,parce que un peu plus de constance peut-être vaincroit les obstacles. Nous avonsvu que dans pereils cas , vingt-cinq ven-touses ayant été appliquées inutilement,la vingt-sixieme rappella la vie , & dans,ces circonstances il n’y a aucune com-paraison entre le succès & Terreur ; lamort absolue n’est plus douteuse quand laputréfaction commence à se manifester.

Prognostic. L’idée de prognostic em-portant nécessairement avec soi Tattente