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Tome vingt-deuxième.
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qu’à la mort il n’y a point de remede ;nous osons cependant assurer, fondés furla connoissance de la sti-ucture & des pro-priétés d u corps humain , & fur un grandnombre d’observations, qu’on peut gué-rir la mort , c’est-à-dire , appellet lemouvement suspendu du sang & des vais-seaux , jusqu à ce que la putréfaction ma-nifestée nous fasse connoître que la mortest abjblue , que l’irritabilité est entière-ment anéantie , nous pouvons espererd’animer ce principe , & nous ne de-vons rien oublier pour y réussir. Je n’i-gnore pas que ce fera fournir dans biendes occasions un nouveau sujet de badi-nage & de raillerie à quelques rieurs in-discrets , & qu’on ne manquera pas dejetter un ridicule fut les médecins , quiétendront jusqu’aux morts l’exercice deleur profession. Mais en premier lieu , lacrainte d’une raillerie déplacée ne ba-lancera jamais dans l’eíprit d’un médecinsensé l’intérêt du public , & ne le ferajamais manquer à son devoir. 2°. Quoi-que dans le plus grand nombre de cas lessecours administrés soient inutiles pouroissiper la mort ; ils servent de signespour constater la mort absolue , & em-pêchent de craindre que les morts re-viennent à la vie dans un tombeau où ilne seroit pas possible de s’en appercevoir,& où ils seroient forcés de mourir uneseconde fois , de faim , de rage & dedésespoir. 3 0 . Enfin , l’espérance de réus-sir doit engager les médecins à ne pasabandonner les morts ; un seul succèspeut dédommager de mille tentatives in-fructueuses ; l’amour-propre peut-il êtreplus agréablement flatté que par la satis-faction vive & le plaisir délicat d avoirdonné la vie à un homme , de savoirtiré des bras même de la mort ? Y a-t-ilrien qui rende les hommes plus appro-chants de la divinité que des actions sem-blables ? D’uilleurs rien n’est plus propreà augmenter , la réputation & l’intérêtqui en est d’ordinaire la fuite, attraits plussolides, mais moins séduisants. Toute l’an-tiquité avoir une admiration & une vé-nération pour Empedocle , parce qu’îlavoir rendu l’usage de la vie à une fillequi n’ep donnoit depuis quelque - temps

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aucun signe , & qu’on croyoit morte,Appollonius de Tyane soutint par unerésurrection très-naturelle qu’il opéra avecun peu de charlatanisme , sa réputationde sorcier , & fit croire qu’il avoir desconversations avec le diable ; voyant pas-ser le convoi d’une femme morte subite-ment le jour de ses noces, il fait sus-pendre la marche , s’approche de la biere,empoigne la femme , la sécoue rude-ment ; & lui dit d’un air mystérieuxquelques paroles à l’oreille ; la mortedonne à l’instant quelques signes de vie ,& attire par-là une grande vénération aurusé charletan ; c’est par de semblablestours d’adresse qu’on donne souvent unair de surnaturel & de magique à desfaits qui n’ont rien d’extraordinaire. Af-clépiade , médecin , fut dans un pareilcas aussi heureux & moins politique , oucharlatan ; il vit dans une personne qu’onportoit en terre quelques signes de vie ,ou des espérances de la rappeller , la faitreporter chez elle , malgré la résistancedes héritiers avides, & lui rendit , par lessecours convenables, la vie & la santé.Pour compromettre encore moins fa ré-putation & l’efficacité des remedes ap-propriés , un médecin doit faire attentionaux circonstances où ils seroient tout-à-fait inutiles , comme lorsque la mortabsolue est décidée , ou qu’elle paroîtinévitable ; lorsque la pourriture se ma-nifeste , lorsque quelque viscère principalest détruit, lorsque la mort est le der-nier période de la vieillesse , &c. il seroit,par exemple , très - absurde de vouloirrappeller à la vie un homme à qui on auroittranché la tête , arraché le cœur , coupél’aorte , l’artere pulmonaire , la trachée-artere , les nerfs cardiaques , &c. on nepeut raisonnablement s’attendre à quel-qu’effetdes secours, que pendant le tempsque l’irritabilité subsiste , & que les dif-férents organes conservent leur structure,leur force & leur cohésion ; l’expériencenous montre les moyens dont nous de-vons nous servir pour renouveller les mou-vements suspendus ; elle nous apprend quel’irriration faite fur les parties musculeu-ses fur le cœur , en fait recommencer lescontractions ; ainsi un médecin qui se pro*