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Tome vingt-deuxième.
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salut étoit & avoit été jusqu’alors la feuleà puiser. Les uns s’en tinrent scrupuleu-sement à la lettre des écritures, les au-tres comparant le récit de Moïse avecles phénomènes, & n’y remarquant pastoute la conformité qu’ils defiroient, s’em-barrasterent dans des explications allégo-riques : d’où il arriva qu'il n’y a pointd’absurdités que les premiers ne soutin-l’ent ; point de découvertes que les au-tres n’apperçussent dans le même ou-vrage.

Cette eípece de philosophie n’étoit pasnouvelle : voye\ ce que nous avons ditde celle des Juifs & des premiers chré-tiens , de la cabale , du platonisme destemps moyens de Pécole d’Alexandrie ,du pithagorico platonico-cabalisme , &c.

Une observation assez générale , c’estque les systèmes philosophiques ont eu detout temps une influence fâcheuse surla médecine & sur la théologie. La mé-thode des théologiens est d'abord d’a-nathématiser les opinions nouvelles , en-suite de les concilier avec leurs dogmes ;celle des médecins , de les appliquer toutde fuite à la théorie & même à la prati-que de leur art. Les théologiens retien-nent long-temps les opinions philosophi-ques qu’ils ont une sois adoptées. Lesmé-decins moins opiniâtres , les abandonnentfans peine: ceux-ci circulent paisiblementau gré des systématiques, dont les idéespastènt & se renouvellent ; ceux-là fontgrand bruit , condamnant comme héréti-que dans un moment ce qu’ils ont ap-prouvé comme catholique dans un autre ,& montrant toujours plus d’indulgence oud’aversion pour un sentiment, selon qu’ilest plus arbitraire ou plus obscur, c’est-à-dire qu’il fournit un plus grand nombrede points de contact , par lesquels il peuts’attacher aux dogmes dont il ne leur estpas permis de s’écarter.

Parmi ceux qui embrassèrent l’espece dephilosophie dont il s’agit ici, il y en eutqui ne confondant pas tout-à-íait les li-mites de la raison & de la foi, se conten-tèrent d’éclairer quelques points de récri-ture , en y appliquant les découvertes desphilosophes. Ils ne s’appercevoient pasque le pende service qu’ils rendoient à la

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religion, même dans les cas où leur travailétoit heureux , ne pouvoit jamais compen-ser le danger du mauvais exemple qu’ilsdonnoient. Si l’on en étoit plus disposé âcroire le petit nombre de vérités fur les-quelles l’histoire sainte se concilioit avecles phénomènes naturels, ne prenoit-ortpas une pente toute contraire dans le grandnombre de cas où l’expérience & la révéla-tion sembloient parler diversement ? C’ert-là en effet tout le fruit qui résulte des ou-vrages de Severlin , d’Alstedius, de Glas-íìus , de Zuzold de Valois, de Bochart,de Maius, d’Ursin , de Scheuchzer , deGrabovius , & d’une infinité d’autres quise font efforcés de trouver dans les saintesécritures tout ce que les philosophes ontécrit de la logique , de la morale , de lamétaphysique , de la physique , de la chi-mie , de l’histoire naturelle , de la poli-tique. U me semble qu’ils auroient dûimiter les philosophes dans leur précau-tion. Ceux-ci n’ont point publié de systè-mes, fans prouver d’abord qu’ils n’avoientrien de contraire à la religion : ceux-làn’auroient jamais dû rapporter les systèmesdes philosophes à Fécnture sainte, sanss’être bien assurés auparavant qu’ils necontenoient rien de contraire à la vérité.Négliger ce préalable , n’étoit-ce pas s’ex-poser à faire dire beaucoup de lotises àl’esprit saint ? Les rêveries de Robert Ful-den’honoroient-elles pas beaucoup Moïse?Et quelle satyre plus indécente & pluscruelle pourroit - on faire de cet auteursublime , que d’établir une concorde exac-te entre ses idées & celles de plusieursphysiciens que je pourrois citer ?

Laissons donc là les ouvrages de Bigot,de Fromond , de Casmann , de Ffesser,de Bayer , d’Aslach, de Panée , de Dic-kenson, & lisons Moïse , sans chercherdans fa Genèse des découvertes qui n’é-toient pas de son temps , & dont il nese proposa jamais de nous instruire.

Alstedius, Glassms & Zuzold ont cher-ché à concilier la logique des philosophesavec celle des théologiens ; belle en-treprise !

Valois, Bochart, Maius, Ursin , Scheu-chzer oat vu dans Moïse tout ce que nos