Band 
Tome vingt-deuxième.
Seite
335
JPEG-Download
 

MOT

terminaison , ou fous des terminaisonsdifférentes, ils font tantôt d’une personne& tantôt d’une autíe , selon l’occurrence.Ainsi dans cette phrase, ego Joannesvidi ,le nom Joannes est de la premiere personnepar concordance avec ego , comme ego estdu masculin par concordance avec Joannes;le pronom ego détermine la personne quiest essentiellement vague dans Joannes,comme le nom Joannes détermine la naturequi est essentiellement indéterminée dansego : dans Joannes vidifli , le même nomJoannes est de la seconde personne , parcetju’il exprime le sujc-t à qui on parle , & encette occurrence on change quelquefois laterminaison, domine pour dominus : dansJoannes vidit , le nom Joannes est de la troi-sième personne, parce qu’il exprime l’ëtredont on parle sans lui adresser la parole.

De même donc que fous le nom de genreson a rapporté les noms à différentes classesqui ont leur fondement commun dans la•nature des êtres ; on a pareillement, fousle nom de personne, rapporté les pro-noms à des classes différenciées par les diver-ses relations des êtres à l’acte de la parole.Les personnes font à l’égard des pronoms,ce que les genres font à l’égard des noms,parce que l'idée de la relation à Pacte de laparole, est l’idée caractéristique des pro-noms , comme l’idée de la nature est celledes noms. L’idée de la relation à l’acte dela parole , qui est essentielle & précisedans les pronoms , demeure vague &indéterminée dans les noms ; commel’idée de la nature, qui est essentielle& précise dans les noms, demeure vague&c indéterminée dans les pronoms. Ainíì'les êtres déterminés dans les noms parl’idée précise de leur nature, sont suscep-tibles de toutes les relations possibles à laparole ; & réciproquement, les êtres déterminés dans les pronoms par l’idée précisede leur relation à l’acte de la parole, peu-vent être rapportés â toutes les natures.

Les adjectifs & les verbes font toujoursdes mots qui présentent à l’esprit des êtresindéterminés, puisqu’à tous égards ils ontbesoin d’étre appliqués à quelque nom ouâ quelque pronom , pour pouvoir prendrequelque terminaison déterminative. LesiPeríonnes, par exemple.,qui ne font dans

MOT. zzj

les verbes que des terminaisons, suivent larelation du sujet à l’acte de la parole, &les verbes prennent telle ou telle terminai-son personnelle, selon cette relation deleurs sujets à l’acte de la parole, ego Joan-nes vidi , tu Joannes vidijìi , Joannes vidit.

Le fil de notre analyse nous ame-nés jufqu’ici à la véritable notion des noms& des pronoms.

Les noms font des mots qui présentent à, l’esprit des êtres déterminés par l’idée précisedeleur nature; & de-là la division des nomsen appellatifs & en propres, & celle desappellatifs en génériques & en spécifiques;de-là encore une autre division des nomsen substantifs & abstractifs, selon qu’ilsprésentent à l’esprit des êtres réels ou pu-rement abstraits. FqyeçNoM.

Lcs pronoms Jont des mots qui présentent âl esprit de s êtres déterminés par l’idée précisede Lur relation à tacle de la parole ; & de-làla division des pronoms par la premiere,la seconde &c la troisième personne. Voy.Pronom.

Mais nous ne connoissons encore de lànature des adjectifs &c des verbes, qu’uncaractère générique , savoir que les uns ùles autres présentent d iesprit des êtres indé-terminés ; & il nous reste à trouver la dif-férence caractéristique de ces deux especes.Cependant les deux especes de variationsaccidentelles qui nous restent à examiner,savoir les temps & les modes, appartiennentau verbe exclusivement. Par quel moyenpourrons-nous donc sixer les caractères spé-cifiques de ces deux especes? Revenonsfur nos pas.

Quoique les uns & les autres ne pré-sentent à l’esprit que des êtres indétermi-nés , les uns & les autres renferment pour-tant dans leur signification une idée três-précise : par exemple , l’idée de la bonté esttrès-précise dans l’adjectif à, & l’idée deYamour ne l est pas moins dans le verbeaimer , quoique l’être en qui se trouve oula bonté ou Yamour y soit três-indéterminé.Cette idée précise de la signification des ad-jectifs & des verbes, doit être notre ressour-ce, si nous sailissonsquelques observations

Jes usages connus.

Une singularité frappante, unanime-ment admise dans toutes les langues j c’efi