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Tome vingt-deuxième.
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z;6 MOT

que l’adjectif n’a reçu aucune variation re-lative aux personnes qui caractérisent lespronoms. Les adjectifs mêmes dérivés desverbes qui fous le nom de participe réu-nifient en effet la double nature des deuxparties d’oraifon, n'ont reçu nulle part lesinflexions personnelles, quoiqu’on en aitaccordé à d’autres modes du verbe. Aucontraire tous les adjectifs, tant ceux qui nefont qu’adjectifs, que les participes, ont reçu,du moins dans les langues qui les comportent,des inflexions relatives aux genres, dont ona vu que la distinction porte fur la différencespécifique des noms, c’est-à-dire, fur lanature des êtres déterminés qu’ils expriment.

Cette préférence universelle des termi-naisons génériques fur les terminaisons per-sonnelles pour les adjectifs, ne femble-t-elle pas insinuer que 1 idée particulièreoui fixe la signification de l’adjectif, doitêtre rapportée à la nature des êtres?

L’indétermination de l’êrre présenté àl'esprit par l’adjectif seul, nous indique uneseconde propriété générale de cette idéecaractéristique; c’efl qu’eíle peut être rap-portée à plusieurs natures : ceci se con-firme encore par la mobilité des terminai-sons de l’adjectif, selon le genre du nomauquel on 1 applique ; la diversité des gen-res suppose celle des natures ; dp moinsdes natures individuelles.

L’unité d’objet qui résulte toujours del’union de l’adjectif avec le nom , démontreque l’idée particulière qui constitue la signi-fication individuelle de chaque adjectif,est vraiment une idée partielle de la naturetotale de cet objet unique exprimé par leconcours des deux parties d’oraison. Quandje dis, par exemple, /or , je présente àl'esprit un objet unique déterminé : j’enprésente un autre également unique &déterminé , quand je dis loi évangélique: unautre quand je dis nos loix. L’idée de loi setrouve pourtant toujours dans ces troisexpressions , mais c’est une idée totale dansle premier exemple, & dans les deux au-tres ce n’est plus qu’une idée partielle quiconcourt à former l’idée totale, avec l’au-tre idée partielle qui constitué la signifi-cation propre ou de l’adjectif évangélique jdans le second exemple, ou de l’adjectifnos dans le troisième. Ce qui convientproprement à nos loix ne peut çonvenir

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à la loi évangélique , ni à la loi en général ;de même ce qui convient proprement à laloi évangélique , ne peut*convenir ni à nos loixni à la loi en général : c’est que ce font desidées totales toutes différentes ; mais ce quiest vrai de la loi en général, est vrai enparticulier de la loi évangélique & de nosloix , parce que les idées ajoutées à cellede loi ne détruisent pas celle de loi, qui esttoujours la même en foi,

II résulte donc de ces observations queles adjeâifs font des mots qui préjentent àl'efprit des êtres indéterminés , désignés seu-lement par une idée précise qui peut s adapter àplusieurs natures.

Dans l’exposition synthétique des prin-cipes de grammaire , telle qu’on doit lafaire à ceux qu’on . enseigne , cette notiondes adjectifs fera l’origine & la source defoutes les métamorphoses auxquelles lesusages des langues ont assujetti cette especede mots , puisqu’elle en est ici le résultatanalytique: non-seulement elle expliquerales variations des nombres , des genres &des cas, & la nécessité d’appliquer un ad-jectif à un nom pour en tirer un serviceréel , mais elle montrera encore le fonde-ment de la division des adjectifs en adjectifsphysiques & en adjectifs métaphysiques, &de la transmutation des uns en nomsôc desautres en pronoms.

Les adjectifs physiques font ceux quidésignent les êtres indéterminés par uneidée précise qui, érant ajoutée à celle dequelque nature déterminée , constitue avecelle une idée totale toute différente , dontla compréhension est augmentée : tels sontles adjectifs pieux , rond , semblable ; carquand on dit un homme pieux, un vase rond ,des figures semblables , on exprime des idéestotales qui renferment dans leur compré-hension plus d’attributs que celles que l’onexprime quand on dit simplement un hommeun vase , des figures. C’est que l’idée pré-cise de la signification individuelle de cettesorte d’adjectifs, est une idée partielle de lanature totale : d’où il fuit que si l’on ne veutenvisager les êtres dans le discours que com-me revêtus de cette attribut exprimé nette-ment par l’adjectif, il arrive souvent quel’adjectif est employé comme un nom,parce que l’attribut qui y est précis constituealors toute la nature de l’objet que l’on a

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