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en vue. C’est ainsi que nous disons le bon,1 e vrai, l’ honnête, Y utile, les François , lesRomains , les Africains, &C.
Les adjectifs métaphysiques font ceuxqui désignent les êtres indéterminés parune idée précise qui, étant ajoutée à cellede quelque nature déterminée, constitueavec elle une idée totale, dont la compré-hension est toujours la même, mais dontl’étendue est restreinte : tels font les adjec-tifs le , ce, plusieurs ; car quand on dit leroi , ce livre , plusieurs chevaux, on exprimedes idées totales qui renferment encoredans leur compréhension les mêmes attri-buts que celles que l’on exprime quand ondit simplement roi, livre, cheval, quoiquel’étendue en soit plus restreinte, parce quel’idée précise de la signification individuellede cette sorte d’adjectifs, n’est que l’idéed’un point de vue qui astigne seulementune quotité particulière d’individus. Dc-làvient que si l’on ne veut envisager dans lediscours les êtres dont on parle que commeconsidérés fous ce point de vue expriménettement par l’adjectif, il arrive souventque 1 adjectif est employé comme pronom ,parce que le point de vue qui y est précisest alors la relation unique qui déterminel’être dont on parle : c’est ainsi que nousdisons , f approuve ce que vous ave^ fait.
Peut-être qu’il auroit été aussi bien defaire de ces deux efpeces d’adjectifs deuxparties d’oraifon différentes, qu’il a étébien de distinguer ainsi les noms & lespronoms : la possibilité de changer lesadjectifs physiques en noms, & les adjec-tifs métaphysiques en pronoms , indi-que de part & d’autre les mêmes diffé-rences ; & la distinction effective que l’ona faite de l’article , qui n’est qu’un adjectifmétaphysique, auroit pu & dû s’étendre àtoute la classe sous ce même nom. VoyerAdjectif & Article.
6 Q . Les temps sont des formes exclusi-vement propresau verbe, & qui expriment•les différons rapports coexistence aux di-verses époques que l’on peut envisagerdans la durée. II paraît par les usages detoutes les langues qui ont admis des temps,que c’est une espece de variation exclusive-ment oropre au verbe, puisqu’il n’y a queTome XXII.
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le verbe qui en soit revêtu, & que íesautres efpeces de mots n’en paraissent passusceptibles ; mais il est constant aussi qu’iln’y a pas une feule partie de la conjugaisondu verbe qui n’exprime, d’une maniéré oud’une autre, quelqu’un de ces rapportsd’existence à une époque ( Voyc{ Temps ),quoique quelques grammairiens célébrés,comme Sanctius, aient cru & affirmé lecontraire, faute d avoir bien approfondila nature des temps. Cette forme tientdonc à l’essence propre du verbe , à l’idéedifférencielle & spécifique de fa nature ;cette idée fondamentale est celle de l’exil-tence, puisque comme le dit M. deGama-ches , dijfert. I de son asironornie physique , letemps est la succession même attachée à f exis-tence de la créature, & qu’en effet l’exis-tence successive des êtres est la feule mesuredu temps qui soit à notre portée , commele temps devient à son tour la mesure dql’existence successive.
Cette idée de l’existence est Tailleurs laseule qui puisse fonder la propriété qu’a leverbe, d’entrer nécessairement dans toutesles propositions qui font les parties inté-grantes de nos discours. Les propositionssont les images extérieures & sensibles denos jugemens intérieurs; & un jugementest la perception de l’existence d’un objetdans notre esprit sous tel ou tel attribut.V. Yintrod. à la Philos, par s’Gravefande liv.II, ch. vij ; & la rec. de la Vérité , liv. I, ch.j, ij ; ces deux philosophes, peuvent aisé-ment se concilier sur ce point. Pour êtrel’image fidelle du jugement, une proposi-tion doit donc énoncer exactement ce quise passe alors dans l’esprit, & montrersensiblement un sujet , un attribut , &l’existence intellectuelle du sujet fous cetattribut.
7 °. Les modes font les diverses formesqui indiquent les différentes relations destemps du verbe à Tordre analytique ou auxvues logiques de Ténonciation. Voy. Mode.On a comparé les modes du verbe aux casdu nom : je vais le faire aussi , mais fousun autre aspect. Tous les temps exprimentun rapport d’existence à une époque ^ c’esl-là Tidée commune de tous les temps, il*