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Tome vingt-deuxième.
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í’adverbe & par la préposition avec soncomplément ; pruJenter , prudemment, oucura priidentia, avec prudence. Cette remar-que, qui se présente d’elle-même dans biendes cas, a excité l’attention des meilleursgrammairiens , & fauteur de la Gramm.gen. part. II, ch. xij. dit que la plupart desadverbes ne font que pour signifier en unseul mot, ce qu’on ne pourroit marquerque par une préposition & un nom ; surquoi, M. Duclos remarque que la plupartne dit pas assez, que tout mot qui peutêtre rendu par une préposition & un nomest un adverbe , & que tout adverbe peuts’y rappeler ; M. du Marsais avoir éta-bli le même principe , article A D-VERBE.

Les adverbes ne diffèrent donc des pré-positions , qu'en ce que celles-ci expri-ment des rapports avec abstraction de toutterme antécédent & conséquent , au lieu queles adverbes renferment dans leur signifi-cation le terme conséquent du rapport. Lesadverbes font donc des mots qui exprimentdes rapports généraux , déterminés par la dé-signation du terme conséquent.

De-!à la distinction des adverbes, enadverbes de temps, de lieu, d’ordre , dequantité , de cause , de maniéré , selonque l’idée individuelle du terme conséquentqui y est renfermé a rapport au temps, aulieu , à Tordre, à la quantité, à la cause ,à la maniéré.

De-là vient encore, contre le senti-ment de Sanctius & deScioppius , que quel-ques adverbes peuvent avoir ce qu’on ap-pelle communément un régime, lorsqueTidée du terme conséquent peut se rendrepar un nom appellatif ou par un adjectif,dont la signification, trop générale dansToccurrence ou essentiellement relative,exige Taddition d’un nom qui la détermineou qui la complette ; ainsi dans ubi terra-rum , tune temporis, on peut dire que ter-rarum & temporis font les complémens dé-terminatifs des adverbes ubi & tune, puif-qu’ils déterminent en effet les noms gé-néraux renfermés dans la signification deces adverbes; ubi terrarum, c’est-à-dire,

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en prenant Téquivalent de l’adverbe, ìnquo loco terrarum , tune temporis , c’eíi-à-dire , in hoc punclo ou fpatio temporis ; &Ton voit qu’i! n’y a point là de redon-dance ou de pléonasme, comme le ditScioppius dans fa Gramm. philojoph. ( desyn-taxi adverbii. ) II prétend encore que dansnaturce convenienter vivere, le datif na-ture est régi par le verbe vivere, de lamême maniéré que quand Plaute a dit( Pœn. ) , vivere jibi & amicis : mais il estclair que les deux exemples font bien dif-férens ; & si l’on rend l’adverbe convenien-ter par son équivalent ad modum convenien-tem, tout le monde verra bien que le datifnaturœ est le complément relatif de l’ad-jectif convetúentem.

Ne nous contentons pas d’observer ladifférence des prépositions & des adver-bes ; voyons encore ce qu’il y a de com-mun entre ces deux especes : l une & Tau-tre énonce un rapport général, c’est Tidéegénérique fondamentale de deux ; Tune &Tautre fait abstraction du terme antécédent,parce que le même rapport pouvant fetrouver dans différens êtres, on peut rap-pliquer fans changement à tous les sujetsqui se présenteront dans Toccasion. Cetteabstraction du terme antécédent ne suppoledonc point que dans aucun discours lerapport fera envisagé de la sorte ; si celaavoir lieu, ce seroit alors un être abstraitqui seroit désigné par un nom abstractif :Tabstraction dont il s’agit ici, n’est qu’unmoyen d’appliquer le rapport à tel termeantécédent qui fe trouvera nécessaire auxvues de Ténonciation.

Ceci nous conduit donc à un principeessentiel ; c’est que tout adverbe, ainsi quetoute phrase qui renferme une prépositionavec son complément, sont des expressionsqui se rapportent essentiellement à un motantécédent dans Tordre analytique , &qu’elles ajoutent à la signification de cemot , une idée de relation qui en faitenvisager le sens tout autrement qu’il ne-se présente dans le mot seul : aimer tendre-ment ou avec tendresse , c’est autre chosequ 'aimer tout simplement. Si Ton envisagedonc la préposition & Tadverbe sous c &