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Tome vingt-deuxième.
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M O T

point de vue commun , on peut dire quece sont des mots supplétifs , puisqu’ils ser-vent également à suppléer les idées acces-soires qui ne se trouvent point comprisesdans la lignification des mots auxquels on lesrapporte, & qu’ils ne peuvent servir qu àcette fin.

A Foccafìon de cette application néces-saire de l’adverbe à un mot antécédent,j'observerai que l’étymologie du nom ad-verbe , telle que la donne Sanctius (Minerv.III, 13 , n’est bonne qu’autant que le nomiatin verbum fera pris dans son sens proprepour signifier mot, & non pas verbe , parceque l’adverbe supplée aussi souvent à la ligni-fication des adjectifs, & même à celle d’au-tres adverbes, qu’à celle des verbes : adver-íìum , dit ce grammairien , videtur dici quasiad verbum , quia verbìs velus ajeâivum adhce-ret. La grammaire générale, part. II, ch. xij,& tous ceux qui Font adoptée, ont souscrità la même erreur.

3 0 . Plusieurs conjonctions semblent aupremier aspect ne servir qu’à lier un motavec un autre : mais si l’on y prend gardede près, on verra qu’en effet elles ferventà lier les propositions partiellles qui cons-tituent un même discours. Cela est sensibleà l’égard de celles qui amenent des propo-sitions incidentes, comme prœceptum Apol-luiis monet UT se quisque noscat : ( Tuscul. I,2.2,. ) Ce principe n’est pas moins évident àl’égard des autres, quand toutes les partiesdes deux propositions liées font différentesentr’elles ; par exemple, Moise prioit etJ osué combattait. II ne peut donc y avoir dedoute que dans le cas ou divers attributsfont énoncés du même sujet, ou le mêmeattribut de différens sujets ; par exemple ,Cicéron étoit orateur ET philosophe , lupus &agnus vénérant. Mais il est aisé de ramenera la loi commune les conjonctions de ces-exemples : le premier se réduit aux deuxpropositions liées , Cicéron étoit orateur etC icéron étoit philosophe , lesquelles ont unmême sujet ; le second veut dire pareille-ment , lupus venerat ET agnus venerat , lesdeux mots attributifs venerat étant comprisdansle pluriel vénérant.

Qu’il me soit permis d’établir ici quelques

MOT 34!

principes, dont je neferois quem’appuyerssils avoientété établis à Pamc/e Conjonc-tion.

Le premier , c’est qu’on ne doit pasregarder comme .une conjonction , memeen y ajoutant Fépithete de compojée , unephrase qui renferme plulieurs mots , commel’ont sait tous les grammairiens , exceptéM. F abbé Girard. En effet une conjonctionest une sorte de mot , & chacun de ceuxqui entrent dans l’une de ces phrases quel’on traite de conjonctions, doit être rap-porté à fa classe. Ainsi on n’a pas dû regardercomme des conjonctions, les phrases A cen’est , c est-a-dire , pourvu que , parce que , àcondition que , au surplus , c est pourquoi , parconséquent , &c.

En adoptant ce principe, M. F abbéGirard est tombé dans une autre méprise ;il a écrit de suite les mots élémentaires deplusieurs de ces phrases, comme si chacunen’étoit qu’un seul mot ; & l’on trouve dansson système des conjonctions, déplus , d’ail-leurs , pourvuque , amoins , bienque , nonplus ,tandijque , parceque , dautantque , parconsé-quent , entantque , aureste , dur este ; ce quiest contraire à l’usage d'e notre orthographe,& conséquemment aux véritables idées deschoses. On doit écrire de plus , dé ailleurs ,pourvu que , à moins , bien que , non plus ,tandis que , parce que , d’autant que , par con-séquent , en tant que , au rejle , du rejle-

Un second principe qu’il ne faut plusque rappeler , c’est que tout mot qui peutêtre rendu par une préposition avec soncomplément est un adverbe ; d’où il fuitqu’aueun rmt de cette espece ne doit en-trer dans le système des conjonctions ; enquoi peche celui de M. Fabbé Girard ,copié par M. du Mariais.

Cette conséquence est évidente d’abordpour toutes les phrases où notre orthographemontre distinctement une préposition &son complément, comme à moins , au rejle.,£ ailleurs , de plus , du reste , par conséquent.Líauteur des vrais principes s’explique ainsilui-même : “ Par conséquent n’est mis au rangdes conjonctions qu’autant qu’on l’écrit defuite fans en faire deux mots ; autrement