mot
qui veulent dire dans le temps que ; quoiquequi signifie malgré la raison , ou la cause ,ou le motif que ; puisque , qui veut direpar la raison supposée ou posée que ( pofitoquod, qui en est peut être l’origine , plutôtqu epofîquam assigné comme tel par Ménage);fi , c’est-à-dire ,sous la condition que , &c.
La facilité avec laquelle on a confondules adverbes & les conjonctions , sembleindiquer d’abord que ces deux fortes demots ont quelque chose de commun dansleur nature ; & ce que nous venons deremarquer en dernier lieu met la chosehors de doute, en nous apprenant quetoute la signification de l’adverbe est dansla conjonction , qui y ajoute de plus l’idéede liaison entre des propositions. Con-cluons donc que/ej corijonâwns font des motsqui déjìgnent entre les propositions , une liaisonfondée fur les rapports quelles ont entre elles.
De-là la distinction des conjonctions encopulatives , adverlatives , disjonctives ,explicatives, périodiques, hypothétiques,conclusives , caufatives , transitives & dé-terminatives , selon la différence des rap-ports qui fondent la liaison des propositions.
Les conjonctions copulatives, & , ni,
( & en latin & , ac , atque, que , nec ,neque ) ; désignent entre des propositionssemblables, une liaison d’unité , fondée furleur similitude.
Les conjonctions adversatives mais ,quoique , ( & en latin fed , at , quamvis ,etfi , &c. ), désignent entre des proposi-tions opposées à quelques égards, uneliaison d'unité , fondée sur leur compati-bilité intrinsèque.
Les conjonctions disjonctives ou, foi ,
( ve , vel , aut , feu , five , désignent entredes propositions incompatibles, une liaisonde choix, fondée fur leur incompatibilitémême.
Les conjonctions explicatives savoir ,
( quippe, nempe, nimirùm , scilicet ,videlicet , )designent entre les propositions, une liaisond’identité , fondée fur ce que l’unc est ledéveloppement del’autre.
MOT 342
Les conjonctions périodiques quand ,lorsque, ( quando, ) désignent entre lespropositions, une liaison positive d’exis-tence, fondée fur leur relation à une mêmeépoque.
Les conjonctions hypothétiques fi ,finon^{si, nifi , fin,) désignent entre les propo-sitions, une liaison conditionnelle d’exif-tence, fondée sur ce que la seconde est unefuite de la premiere.
Les conjonctions conclusives ainsi , aussidonc , partant, ( ergo, igitur, &c. ) dési-gnent entre les propositions , une liaisonnécessaire d’existence, fondée sur ce quela seconde est renfermée éminemment dansla premiere.
Les conjonctions caufatives car ,puisque( nam , enim , etenim, quoniam , quia , )désignent, entre les propositions , uneliaison nécessaire d’existence , fondée furce que la premiere est renfermée éminem-ment dans la seconde.
Les conjonctions transitives or, ( atquiiautem , &c. ) désignent entre les propo-sitions , une liaison d’affinité , fondée surce qu’elles concourent à une même fin.
Les conjonctions déterminatives que lpourquoi , quod , qudm , cùm , ut , cur ,qtiare, &c. ) désignent entre les proposi-tions , une liaison de détermination, fondéesur ce que l’une, qui est incidente , déter-mine le sens vague de quelque partie del’autre, qui est principale.
On voir par ce détail la vérité d’uneremarque de M. l’abbé Girard , ( tom. //,page %$j. ) " que les conjonctions son cproprement la partie systématique du dis-cours , puisque c’est par leur moyen qu’onassemble les phrases, qu’on lie les sens ,& que l’on compose un tout de plusieursportions , qui, fans cette efpece, ne paroî-troient que comme des énumérations oudes listes de phrases, & non comme unouvrage suivi & affermi par les liens de.Panalogie ». C’est précisément pour celaque je divise la classe des mots indéclinablesen deux ordres de mots , qui font les sup-*