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Tome vingt-deuxième.
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54^ MOT

accessoires la diffe'rence des noms substan-tifs amant & ami , des adjectifs amoureux &amical y des adverbes amoureusement & ami-calement.

C’est fur la distinction des idées princi-pales & accessoires de la lignification objec-tive , que porte la différence réelle desmots honnêtes & déshonnêtes, que îes cyni-ques traitoient de chimérique ; & c’étoitpour avoir nég'igé de démêler dans les motsles différentes idées accessoires que I’ufagepeut y attacher , qu’ils avoient adopté lesystème impudent de f indifférence des ter-mes , qui les avoit ensuite menés jusqu’ausystème plus impudent encore de l’indiffé-rence des actions par rapport à l’honnêteté.Voy. Déshonnête.

Quand on ne considéré dans les mots dela même efpece x qui désignent une mêmeidée objective principale , que cette feuleidée principale , ils font synonymes : maisils cessent de l’être quand on fait attentionaux idées accessoires qui les différencient.Voyei Synonymes. Dans bien des cason peut les employer indistinctement &fans choix ; c’est fur-tout lorfqu’on ne veut& qu’on ne doit présenter dans le discoursque l’idée principale , & qu’il n’y a dans lalangue aucun mot qui f exprime feule avecabstraction de toute idée accessoire ; alorsles circonstances font assez connoître quel’on fait abstraction des idées accessoires quel’on désigneroit par le même mot en d’autresoccurrences : mais s’il y avoit dans la lan-gue un mot qui signifiât l’idée principalefeule & abstraite de toute autre idée acces-soire , ce feroit en cette occasion unefaute contre la justesse , de ne pas s’enservir plutôt que d’un autre auquel l’ufageauroit attaché la signification de la mêmeidée modifiée par d’autres idées acces-soires.

Dans d’autres cas, la justesse de l’expref-fion exige que l’on choisisse scrupuleuse-ment entre les synonymes , parce qu’iln’est pas toujours indifférent de présenterl’idée principale sous un aspect ou fous unautre. C’est pour faciliter ce choix impor-tant , & pour mettre en état d’en sentir lePrix & les heureux effets, que M. l’abbéGirard a donné au public son livre dessynonymes françoip; c’est pour augmenter

MOT

ce secours que l’on a répandu dans I’Ency-clopédie différons articles de même nature;& il feroit à souhaiter que tous les gens delettres recueillissent les observations quele hasard peut leur offrir fur cet objet, &les publiassent par les voies ouvertes aupublic : il en réfulteroit quelque jour unexcellent dictionnaire , ce qui est plusimportant qu’on ne le pense peut-être ;parce qu’on doit regarder la justesse del’élocution non seulement comme unesource d’agrément & d’élégance, mais en-core comme l’un des moyens les plus propresâ faciliter l’intelligence & la communicationde la vérité.

Aux mots synonymes , caractérisés parl’identité du sens principal , malgré lesdifférences matérielles, on peut opposerles mots homonymes, caractérisés au con-traire par la diversité des sens principaux ,malgré l’identité ou la ressemblance dansle matériel. Voye\ HOMONYMES. C’estfur - tout contre l’abus des homonymesque l’on doit être en garde , parce quec’est la ressource la plus facile , la plusordinaire & la plus dangereuse de la mau-vaise foi.

3 q . La distinction de l’idée principale &des idées accessoires a lieu à l’égard de lasignification formelle, comme à l’égardde la signification objective. L’idée princi-pale de la signification formelle , est celledu point de vue spécifique qui caractérisel’espeee du mot, adaptée à l’idée totale dela signification objective : & les idées acces-soires de la signification formelle , fontcelles des divers points de vue accidentels,désignés ou désignables par les différentesformes que la déclinabilité peut faire pren-dre à un même mot. Par exemple , amare ,amabam , amavìjsent, font trois mots dontla signification objective renferme la mêmeidée totale , celle du sentiment général debienveillance que nous avons déja vu appar-tenir à d’autres mots pris dans notre langue;en outre-, ils présentent également á l’efpritdes êtres indéterminés, désignés seulementpar l’idée de Pexistence fous l’attribut dece sentiment : voilà ce qui constitue l’idéeprincipale de la signification formelle deces trois mots- Mais les inflexions & lesterminaifops qui les différencient, indi-