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Tome vingt-deuxième.
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plient des points de vue dilîerôns Routésà ridée principale de la signification for-melle : dans amure, on remarque que cettesignification doit être entendue d’un sujetquelconque, parce que le mode est infini-tif; que l’existence en est envisagée commesimultanée avec une époque, parce que letemps est présent ; que cette époque estune époque quelconque, parce que ce pré-sent est indéfini : dans amabam & amaviffent,on voit que la signification doit être enten-due d’un sujet déterminé , parce que lesmodes font personnels ; que ce sujet déter-miné doit être de la premiere personne &au nombre singulier pour amabam , de latroisième personne & du nombre plurielpour .amavijfent ; que l’existence du sujetest envisagée relativement à une époqueantérieure au moment de la parole danschacun de ces deux mots, parce que lestemps en font antérieurs, mais qu’elle estsimultanée dans amabam qui ést un présent,& antérieure dans amavijfent qui est un pré-térit, Oc.

C’est fur la distinction des idées principa-les & accessoires de la signification for-melle , que porte la diversité des formesdont les mots se revêtent selon les vues dedénonciation ; formes spécifiques, qui, danschaque idiome , caractérisent à peu prèsI’espece du mot ; & formes accidentelles,que l’usage de chaque langue a fixées relati-vement aux vues de la syntaxe, & dont lechoix bien entendu est le fondement de ceque l’on nomme la correction du style, qui estl’un des signes les plus certains d’une éduca-tion cultivée.

Je finirai cet article par une définitiondu mot la plus exacte qu’il me fera possible,si auteur de la grammaire générale {part. II,ch, j , ) dit que " l’on peut définir les mots,des sons distincts & articulés dont les hom-mes ont fait des signes pour signifier leurspensées». Mais il manque beaucoup à l’exac-titude de cette définition. Chaque syllabeest un son distinct souvent articulé , quiquelquefois signifie quelque chose de nospensées : dans amaveramus, la syllabe amest le signe de l’attribut fous lequel existele sujet ; av indique que le temps est prétérit( voye £ Temps ) ; er marque que c’est unprétérit défini ; am final désigne qu’il est

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aflte'rieur J us marque qu’il est de la pre-miere personne du pluriel ; y a-t-il cinqmots dans amaveramus ? La préposition,françoise ou latine d, la conjonction ou ;l’averbe y, le verbe latin eo, sont des sonsnon articulés , & ce font pourtant des mots.Quand on dit que ce font des signes poursignifier les pensées , on s’exprime d’unemaniéré incertaine ; car une propositionentiere, composée même de plusieurs mots %n’exprime qu’une pensée ; n’est-elle doncqu'un mot ? Ajoutez qu’il est peu correct dedire que les hommes ont fait des signes pour.signifier ; c’est un pléonasme.

Je crois donc qu’il faut dire qu’a/i mocest une totalité de sons , devenue par usage ,pour ceux qui íentendent , le signe dune idéej totale .

| i°. Je dis qu’un mot est une totalité de

sons ; parce que, dans toutes les langues ,

1 il y a des mots d’une & de plusieurs syllabes ,& que l’unité est une totalité aussi-bien quela pluralité. D’ailleurs , j’exclus par là lessyllabes qui ne font que des sons partiels ,& qui ne font pas des mots , quoiqu’ellesdésignent quelquefois des idées , mêmecomplexes.

x*. Je n’ajoute rien de ce qui regardel’articulation ou la non- articulation des sons ;parce qu’il me semble qu’il ne doit être ques-tion d’un état déterminé du son , qu’autanç.qu’il seroit exclusivement nécessaire à lanotion que l’on veut donner : or , il estindifférent à la nature du mot d’être unetotalité de sons articulés ou de sons non-articulés ; & l’idée feule du son, faisant éga-lement abstraction de ces deux états opposés,

! n’exclut ni l’un ni l’autre de la notion daj mot : son simple, son articulé, son aigu, songrave, son bref, son alongé, tout y estadmissible.

3°. Je dis qu’un mot est le signe d’uneidée totale ; & il y a plusieurs raisons poucm’exprimer ainsi. La premiere , c’est qu’onne peut pas disconvenir que souvent unefeule syllabe , ou même une simple articu-lation, ne soit le signe d’une idée , puisqu’iln’y a ni inflexion ni terminaison qui n’aitsa signification propre : mais les objets dscette signification ne sont que des idéespartielles, & le mot entier est nécessaire 4['expression de L’idée totale. La second®