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Tome vingt-deuxième.
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MUE

Rort-Roval que j’adopte dans cet ouvragé:& d’ailleúrsil est démontré cju’aucune con-sonne n’a de valeur qu’avec la voyelle , oujst l’on veut, que toute articulation doitprécéder un son ; ( voye^ H, ) ainsi toutesles consonnes font muettes par leur nature ,puisqu’elles ne rendent aucun son , maisqu’elles modifient seulement les sons. Platon(in Cratylo , ) les appelle toutes ; c’estle même sens que si on les nommoit muet-tes, & il y a plus de vérité que dans lenom de consonnes. Au reste , telle consonnedont l’appellation commence chez nouspar une voyelle , commençoit chez lesGrecs par la consonne même : nous disonsele, e me, enne,erre, & ils difoient lamb-da. , mu , nu , ro ; les mêmes lettres quiétoient muettes en Grece font donc demi-voyelles en France , quoiqu’elles soientles signes des mêmes moyens d’explo-sion, ce qui est absurde. Les véritablesdistinctions des consonnes font détailléesau mot Lettre;M. l’abbé de Dangeau n’enavoir pas encore donné l’idée , lorsque lagrammaire de M.l’abbéRegnier sut publiée.

II. Des lettres muettes dans íorthographe.Je ne crois pas qu’on puisse remarquer riende plus précis , de plus vrai , ni de plusessentiel sur cet article, que ce qu’en aécrit M. Harduin , secrétaire perpétuelde l’académie d’Arras , dans ses rem. div.fur la prononciation & fur Vorthographe , pag.77. J e vais simplement le transcrire ici, eny insérant quelques observations entre deuxcrochets.

», Qu’on ait autrefois prononcé des», lettres qui ne se prononcent plus aujour-*•> d’hui, cela semble prouvé par les usages», qui se sont perpétués dans plus d une», province, & par la comparaison de quel-», ques mots analogues entre eux, dans», I’un defquels on fait sonner une lettre», qui demeure oiseuse dans l’autre. C’est», ainsi que í & p ont gardé leur pronon-», dation dans ve//e, espion, bastonnade,», hospitalier , baptismal. septembre , septua-r> genaire , quoiqu’ils l’aient perdue dans-1 vejìir , espicr, baflon , hospital, baptesme,n sept, septier „. (on supprime même ceslettres dans l’orthographe moderne de plu-sieurs de ces mots, & l’on écrit, vîur ,épier , bâton , hôpital. )

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», Mon intention 11'est cependant pas de», soutenir que toutes les contonnes muettes», qu’on emploie ou qu’on employoit il n’y», a pas long-temps au milieu de nos mots,», se prononçast'ent originairement. II est», au contraire fort vraisemblable que les», savans se sont plu à introduire des lettres», muettes dans un grand nombre de mots,» afin qu’on sentît mieux la relation de», ces mots avec la langue latine», ; ( oumême par un motif moins louable , maisplus naturel ; parce que comme le remar-que l’abbé Girard, on mertoit fa gloire àmontrer dans récriture françoise , qu’onsavoir le latin, ) », Du moins est-il constant», que les manuscrits antérieurs à 1 lmpri-», merie , offrent beaucoup de mots écrits>, avec une simplicité qui montre qu'on», les prononçoit alors comme à présent,», quoiqu’ils se trouvent écrits moins fìm-», plement dans des livres bien plus mo-», dernes. J’ai eu la curiosité de parcourir>1 quelques ouvrages du quatorzième siecle,» où j’ai vu les mots suivans avec l’ortho-» graphe que je leur donne ici : droit,saint,», traité, dette , devoir, doute, avenir, autre,„ moût, recevoir, votre ; ce qui n’a pas em-», pêché d’écrire long-temps après, droicl,», Jaìncl,traidé , debte, debvoìr, doubte, adve-», nir, aultre , moult, recepv nr , vosre , pour„ marquer le rapport de ces mots avec les», noms latins direâus, fondus, tradatus,», debitum, debere , dubitatio , advenire ,», alter , multum , recìpere , vrjìer. On re-», marque même, en plusieurs endroits,, des manuscrits dont je parle, une ortho-», graphe encore plus simple, & plus con-», forme à la prononciation actuelle, que», l’orthographe dont nous nous servons», aujourd’hui. Au lieu d’écrire science ,n sçavoir, corps, temps , cor,pte , moeurs,» on écrivoit dans ce siecle éloigné, sience,», savoir , cors, tans , conte, meurs». (Jecrois qu’on a bien fait de ramener science ,â cause de l’étymologie ; corps & temps ,tant à cause de l’étymologie, qu’à causede l’analogie qu’il est utile de conserversensiblement entre ses mots & leurs dérivés,corporel, corporifier , corpulence , temporel ,temporalité, temporiser , temporisation , quepour les distinguer par i’orthographe des1 mots homogènes cors de cerf ou cors des