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Tome vingt-deuxième.
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de leur consonnance , de leur succession , &de leurs durées relatives, il résulte dessensations agréables.

On suppose communément que ce motvient de musa , parce qu on croit que lesmuses ont inventé cet art ; mais Kircher,d’aprés Diodore , fait venir ce nom d'unmot égyptien , prétendant que c’est enEgypte que Ja musique a commencé à serétablir après le déluge, & qu’on enreçut la premiere idée du son que r on-doient les roseaux qui croissent sur les bordsdu Nil, quand le vent souffloît dans leurstuyaux.

La musique se divise naturellement enspéculative & en pratique.

La musique spéculative est , fì on peutparler ainíi , la connoissanee de la ma-tière musicale , c’est-à-dire , des différensrapports du grave à f aigu , & du lent aubref, dont la perception est , selon quel-

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qaes auteurs , la véritable source du plaisirde l’oreílle.

La musique pratique est celle qui enseignecomment les principes de la spéculativepeuvent être, appliqués , c’est-à-dire, àconduire & à disposer les sons par rapportà la succession , à la consonnance , & à lamesure , de telle maniéré qtìe le ton enplaise à l’oreille. C’est ce qu’on appellel’art de la composition. Voye[ COMPOSI-TION. A l’égard de la production actuelledes sons par les voix ou par les instrumens,qu'on appelle exécution , c’est la partiepurement méchanique , qui , suppolànt lafaculté d’entonner juste les intervalles, nedemanded’autre connoissanee que celle descaractères de la, musique , & l’habitudc d*èles exprimer.

La musique spéculative se divise en deuxparties; savoir , la connoissanee du rapportdes sons & de la mesure des intervalles,& celle des valeurs ou du temps.

ou moins agréables. Telle est la musique des chansons, des hymnes, des cantiques , detous les chants qui ne font que des combinaisons de Ions mélodieux, & en général toutemusique qui n’est qu’harmonieuse. 1

La seconde , par des inflexions vives accentuées, &, pour ainsi dire , parlantes, exprimetoutes les passions , peint tous les tableaux , rend tous les objets , soumet la nature en—tiere à ses savantes imitations , & porte ainsi jusqu’au cœur de í’homme des sentimenspropres à l’émouvoir. Cette musique vraiment lyrique & théâtrale étoit celle des ancienspoèmes , & c’est de nos jours celle qu’on s’efforce d’appliquer aux drames qu’on exécuteen chant fur nos théâtres. Ce n’est que dans cette musique , & non dans Fharmonique.ou naturelle , qu’on doit chercher la raison des effets prodigieux qu’elle a produits au-trefois. Tant qu’on cherchera des effets moraux dans la feule physique des sons , on ne les.y trouvera point , & l’on raisonnera fans s’entendre. ( S )

M. Rousseau me permettra de remarquer ici que pour parvenir 'a produire le plus grand-effet possible pour la musique , il faut joindre ensemble la musique imitative & ['harmonique-ou naturelle. Voye[ Expr ssion, ( Musiq.)

Si l’on veut faire attention aux airs de danse, on remarquera aisément que chaque pays.a une musique qui lui eff particuliers. Plus un compositeur fe mettra au fait de ces diffé-rentes musiques , plus il trouvera des chants variés & expressifs, car la musique de chaque,nation a une expression analogue au génie naturel de cette nation. Ainsi , par exemple ,les airs de danse vraiment françois , font gais & légers , ils inspirent l’envie de danseravec assez de vivacité pour exprimer la joie , mais non pour se mettre sur les dents : les-,airs de danse Anglois font rapides ; ils ont quelque chose de sérieux , & vous mettent entrain de danser jusqu â extinction : les Polonois font graves & majestueux , on marcheavec grâce plutôt qu’on ne danse , &c.

Chaque langue a sa prosodie particuiiere , ainsi chaque nation doit encore avoir sa musique•vocale , qui dans-son principe n’est que les airs de danse adaptés au chant.

lîr.fm notre système de musique est hypothétique ; nous avons un mode majeur Sc un mineur;;r.oús sinisions toujours par l’accord de la dominante suivi de celui de la tonique, & cettedominante porte toujours fa tierce-majeure ; les Grecs avoient plusieurs modes & presqueiamais de note sensible ; ils fe contentoient cependant de leur musique, aussi bien que nous.dc la nôtre ; que dis-je ! s’il faut en croire leurs historiens , la musque produifoit chez euxdits effets tels que jamais elle n’en produisit chez nous de semblables. Je me crois donc;