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Tome vingt-deuxième.
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L’harmonìe consiste proprement à savoirunir à chacun des sons d’une successionrégulière & mélodieuse deux ou plusieursautres sons qui, frappant l’oreille en mêmetemps, flattent agréablement les sens.Voye { Harmonie.

Les anciens écrivains diffèrent beaucoupcntr’eux fur la nature, l’objet, l’étendue& les parties de la musique. En général ,ils donnoient à ce mot un sens beaucoupplus étendu que celui qui lui reste aujour-,d’hui. Non-seulement sous le nom de mufi- )que ils comprenoient, comme on vientde le voir , la danse, le chant , la poésie;mais même la collection de toutes lessciences. Hermès définit la musique , laconnoissance de Tordre de toutes choses :e’étoit aussi la doctrine de l’école de Py-thagore , & de celle de Platon , qui en-seignoient 'que tout dans Tunivers étoitmusique. Selon Hesychius les Athéniensdonnoient à tous les arts le nom de mu-sique.

De-Ià toutes ces musiques sublimes dontnous parlent les philosophes : musique di-vine , musique du monde ; musique céleste ;musique humaine ; musique active ; musi-que contemplative ; musique énonciative ,organique, odicale , &c.

C’est fous ces vastes idées qu’il fautentendre plusieurs passages des anciens furla musique , qui feroient inintelligibles avecle sens que nous donnons aujourd’hui à cemot.

11 paroît que la musique a été un despremiers arts. II est aussi très-vraifemblableque la musique vocale a été trouvée avantTinstrumentale. Car , non-seulement leshommes ont dû faire des observations furles différons tons de leur propre voix ,avant que d’avoir trouvé aucun instrument;mais ils ont dû apprendre de bonne heure,par le concett naturel des oiseaux , à mo-difier leur voix & leur gosier d’une ma-niéré agréable. On n’a pas tardé non plus1 imaginer les instrutnens à vent : Dio-dore , comme je T ai dit, & plusieurs an-ciens en attribuent l’invention à l’obfer-vation du sifflement des vents dans lesvofeaux, ou autres tuyaux des plantes.C’est aussi le sentiment de Lucrèce.

MUS

At liquidas avium voces imitarier ore

Ante fuit mulio , quam levìa carminescantu.

Concelebrare homines pojfmt , aureifquejuvare ,

Et qephyrì cava per calamorum fiibilaprimwn

Agresteis docuere cavas inflare cicutas .

A l’égard des autres fortes d’instrumens,les cordes sonores font si communes , queles hommes ont dû observer de bonne heureleurs différons sons: ce qui a donné nais-sance aux instrumens à cordes. Voye 7Corde.

Pour ce qui est des instrumens qu’onbat pour en tirer du son , comme les tam-bours & les tymbales, ils doivent leur ori-gine au bruit sourd que rendent les corpscreux quand on les frappe. Voye ç TAM-BOUR, Tymbales, &c.

II est difficile de sortir de ces généralitéspour établir quelque chose de solide surTinvention de la musique réduite en art»Plusieurs anciens l’attribuent à Mercureaussi-bien que celle de la lyre. D’autresveulent que les Grecs en soient redevables.àCadmus, qui en se sauvant de la courdu roi de Phénicie ( Athén. Deipn, ) „amena en Grece la musicienne harmonie»Dans un endroit du dialogue de Plutarquefur la musique , Lysias dit que c’est Am-phion qui Ta inventée ; dans un autre,Soterique dit que c’est Appoîlon ; dans ureautre encore, il semble en faire honneurà Olympe. On ne s’accorde guere fur touecela ; à ces premieres inventions succédè-rent Chiron, Demodocus, Hermès, Or-phée , qui, selon quelques-uns, inventa lalyre. Après ceux-là vinrent Phœcinius &Terpandre? contemporains deLycurgue,& qui donna des réglés à la musique. Quel-ques personnes lui attribuent Tinventiondes premiers modes. Enfin , on ajouteThaïes & Thamiris, qu’on dit avoir étéles inventeurs de la musique purement ins-trumentale.

Ces grands musiciens vivoient avant Ho-mère. D’autres plus modernes font L assis,Hermionensis, Melnippides, Philoxene ,Thimothée , Phrynnis, Epigonius, Ly-fandre, Simmicus & Piodore, qui tous.