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Tome vingt-deuxième.
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MUS

ont cot^dérablement perfectionné la mu-sique.

Lafus est , à ce qu’on prétend, le pre-mier qui ait écrit fur la musique d u tempsde Darius Hystafpes. Epigonius inventa uninstrument de quarante cordes appelé épi-gonium. Simmicus inventa aussi un instru-ment de trente-cinq cordes, appelé simmi-cium.

Diodore perfectionna la flûte en y ajou-tant de nouveaux trous; & Thimothée lalyre, en y ajoutant une nouvelle corde,ce qui le fit mettre à l’amende par les Lacé-démoniens.

Comme les anciens écrivains s’expliquentfort obscurément fur les inventeurs desinstrumens de musique, ils font austi fortobscurs fur les instrumens mêmes ; à peineen connoistbns-nous autre chose que lesnoms.

Les instrumens fe divisent généralementen instrumens à cordes, instrumens à vent,& instrumens qu’on frappe. Par instrumensà cordes, on entend ceux que les anciensappeloient lyra , psalterium, trigonium ,fambuca , cithara , peâis , magas , barbiton ,teftudo , trigonium , epigonium , fimmicium ,epandoron, ùc. On touchoit tous ces instru-mens avec la main , ou avec le plectrum ,efpece d’archet. Voye{ Lyre , &c.

Par instrumens à vent, on entend ceuxque les anciens nommoient tibia, fisiula ,tuba, cornua, lituus, & les orgues hydrau-liques. Voye^ Flûtes , ùc.

Les instrumens de percussion étoientappelés tympanum,. cymbalum, orepitaculum ,tintinnabulum , crotalum , fisirum. Voye £

Tympanum, Timbales, &c.

L,zMufiqueézo\t dans la plus grande estimechez divers peuples de l’antiquité, & prin-cipalement chez les Grecs, & cette estimeétoit proportionnée à la puistance & auxeffets furprenans qu’ils lui attribuoient.Leurs auteurs ne croient pas nous en don-ner Une trop grande idée, en nous disantqu’elle étoit en usage dans le ciel, & qu’ellefaifoit l’amufement principal des dieux &des âmes des bienheureux, Platon necraint point de dire , qu’on ne peut fairede changemens dans la Musique , qui n’ensoit un dans la constitution de l’état ; & ilprétend qu’on peut assigner les sons çapa-

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blés de faire naître la bassesse de l’ame,Pinfolence & les vertus contraires. Aristote,qui semble n’avoir fait fa politique que pouropposer ses lentimens à ceux de Platon ,est pourtant d’accord avec lui touchant lapuistance de !a musique fur les mœurs. Lejudicieux Polybe nous dit que la musiqueétoit nécessaire pour adoucir les mœursdes Arcades, qui habitoient un pays oi»l’air est triste & froid ; que ceux de Cynetequi négligèrent la musique, surpassèrent encruauté tous les Grecs, & qu’il n’y a pointde ville où l’on ait tant vu de crimes. Athe-née nous assure qu’autrefois toutes les Ioixdivines & humaines y les exhortations à lavertu , la connoissance de ce qui concer-noit les dieux & les hommes, les vies &les actions des personnages illustres, étoientécrites en vers, & chantées publiquementpar un.chœur au son des instrumens. Onn’avoit point trouvé de moyen plus effi-cace , pour graver dans l’efprit des hom-mes les principes de la morale , & la con-noissance de leurs devoirs.

La musique faifoit partie de l’étude desanciens Pythagoriciens; ils s’en fer voientpour exciter 1 esprit à des actions louables,& pour s’enflammerde l’amourde la vertu.-Selon ces philosophes , notre ame n étoit,pour ainfl dire, formée que d’harmonie ,& ils croyoient faire revivre par le moyende la musique , l’harmonie primitive de*facultés de l’ame ; c’est-à-dire, l’harmoniequi, selon eux, existoit en elle avant qu’elleanimât nos corps, & lorfqu’elle habitoitles cieux. Voye^ PRÉEXISTENCE, PY-THAGORICIENS.

La musique paroît déchue aujourd’hui dece degré de puissance & de majesté, aupoint de nous faire douter de la vérité deces faits , quoiqu’attestés par .les plus judi-cieux historiens & par les plus graves philoso-phes de l’antiquité. Cependant on retrouvedans I’histoire moderne quelques faits sem-blables. Si Thimothée cxcitoit les fureursd’Alexandre parle mode phrygien, & I’adou--cissoit ensuite jufqu’à l’indolence par le modelydien , une musique plus moderne renché--rissoit encore en excitant, dit-on, dansErric.roi de Danemarck, une telle fureur, qu’il.tuoit ses meilleurs domestiques : apparam—ment ces domestiqucs-là n’étoient pas fî