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sensibles que leur prince à la musique ,autrement il eut bien pu courir la moitiédu danger. d’Aubigné rapporte encore uneautre histoire toute pareille à celle deThimothée. II dit que du temps d’Henri III,le musicien Glaudin , jouant aux noces duduc de Joyeuse sur le mode phrygien ,anima , non le roi, mais un courtisan, quis’oubiia au point de mettre la main auxarmes en présence de son souverain ; maisle musicien se hâta de le calmer en pre-nant le mode sous-phrygien.
Si notre musique exerce peu son pouvoirfur les affections de Tarne , en revancheelle est capable d’agir physiquement furle corps ; témoin l’histoire de la tarentule,trop connue pour en parler ici. TA-
RENTULE. Témoin ce chevalier gascondont parle Boile , lequel au son d’une cor-nemuse , ne pouvoic retenir son urine; àquoi il faut ajouter ce que raconte le mêmeauteur de ces femmes qui soudoient enlarmes lcrsqu’elfes entendoient un certainton dont le reste des auditeurs n’étoientpoint affectés. On lit dans 1 histoire del’académiî des sciences de Paris , qu’unmusicien fut guéri daine violente fievrepar un concert qu’on fit dans fa chambre.
Les sons agissent même fur les corps ina-nimés. Morhoff fait mention d’un certainPetter hollandois, qui brifoit un verrepar le son de sa voix. Kircher parle d’unegrande pierre qui frémiílbit au son d’uncertain tuyau d’orgue. Le P. Merceneparle aussi d’une sorte de carreau que le jeude l’orgue ébranloit comme auroit pu faireun tremblement de terre. Boris ajoute queles sieges tremblent souvent au son desOrgues ; qu’il les a senti plusieurs fois frémirfous fa main à certains tons de l’orgue oude la voix, & qu’on l’a assuré que tousceux qui étoient bien faits frémissoient àquelque ton déterminé. Cette derniere ex-périence est certaine , & chacun peut lavérifier tous les jours. T^ut le monde aoui parler de ce fameux pilier d’une églisedeRheims, (S. Nicaife ), quis’ébranle très-sensiblement au son d’une certaine cloche, Itandis que les autres piliers demeurentpresque immobiles. Mais ce qui ravit auson Honneur du merveilleux, c est quece pilier s’ébrar.le également quand on ôtete batant de la cloche.
i Tous ces exemples dont la pluparj appar-| tiennent plus au son qu’à la musique, &dont la physique peut donner quelquesexplications, ne nous rendent pas plus in-telligibles ni pins croyables les effets mer-veilleux & presque divins que les anciensattribuent à la musique. Plusieurs auteursse font tourmentés pour tâcher d’en rendreraison. Wallis les attribue en partie à lanouveauté de l’art, & les rejette en partiefur l’exagération des anciens : d’autres enfont honneur seulement à la poésie; d’au-tres supposent que les Grecs, plus sensi-bles que nous par la constitution de leurclimat, ou par leur maniéré de vivre ,pouvoient être émus de choses qui ne nousauroient nullement touchés. M. Burettemême en adoptant tous ces faits prétendqu’ils ne prouvent point la perfection dela musique qui les a produits; il n’y voierien, que de mauvais racleurs de villagen’aient pu faire , selon lui, tout ainsi bienque les premiers musiciens du monde. Laplupart de ces sentimens font fondés furle mépris que nous avons pour la musiqueancienne. Mais ce mépris eíl-il lui-mémeaufli bien fondé que nous le prétendons ?C’est ce qui a été examiné bien des fois,& qui, vu l’obscu.ité dé la matière, &l’insuffisance des juges, auroit peut-êtrebesoin de l’étre enccre.
La nature de cet ouvrage , & le peu dalumières qui nous restent fur la musiquedes Grecs, m’interdisent également de ten-ter cet examen. Je me contenterai feule-ment , sur les explications mêmes que nosauteurs , si peu prévenus pour cette an-cienne musique , nous en ont données, dela comparer en peu de mots avec !a nôtre.
Pour nous faire de !a musique des anciensl’idée ia plus nette qu’il est possible ,il la faut considérer dans chacune de sesparties ; siyjlêmes , genres , modes , rhythnie& meleppée. Voyez c hue un de ces mots.
Le résultat de cet examen se peut ré-duire à ceci : > t> . que le grand système desGrecs, c’est-à-dire,l’ttendue générale qu ilsi donnoient du grave à î’argn à tons lessons de leur musique, n’excédoit que d’unton l’étendue de trois o slaves. Voye[ lestables grecques que Meibonius a Mises à latête de l’ouvrage d’Alypius'.