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Tome vingt-deuxième.
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MUS

i°. Que chacun de leurs trois genres,méme chaque espece d’un genre écoit com-poste d’aumoins seize sons consécutifsdans l’étendue du diagramme. Que de cesIons ii y en avoir la moitié d immobilesqui étoient les mêmes pour tous les genres;mais que l’accord des autres étant varia-ble f£ différent dans chaque genre parti-culier , cela multiplieroit considérablementle nombre des sons & des intervalles.

3 °. Qu’ils avoient au moins sept modesou tens principaux fondés fur chacun dessept sons du système diatonique, lesquels,outre leurs différences du gravd à Faigurecevoient encore, chacun de fa modifi-cation propre, d’autres différences qui enmarquoient le caractère.

4°. Que le rhythme ou la mesure varioitchez eux, non-seulement selon la naturedes pies dont les vers étoient composés,non-seulement selon les divers mélangesde ces mémes piés , mais encore selon lesdivers temps syllabiques, & selon tous lesdegrFs du vite au lent dont ils étoient sus-ceptibles.

5°. Enfin quant au chant ou à la mélo-pée , on peut juger de la vaiiécé qui devoiry regner , par le nombre des genres & desmodes divers uu’ils lui aísignoient , seloníe caractère de la poésie, & par la libertéde conjoindre ou diviser dans chaque genreles différens tetracordes, selon que cela’convenoit à l’exprellion & au caractère deI’air.

D’un autre côté , le peu de lumières quenous pouvons recueillir de divers passagesépars ça & là dans les auteurs fur la nature& la construction de leurs instrumens, suffi-sent pour montrer combien ils étoient loinde la perfection des nôtres. Leurs flûtesn’avoient que peu de trous, leurs lyres oucythares n’avoient que peu de cordes.Quand elles en avoient beaucoup, plusieursde ces cordes étoient montées à Funistonou à l’octave, & d’ailleurs la plupart de cesinstrumens n’ayantpas de touches, on n’enpouvoit tirer tout au plus qu’autant de sonsqu’il y avoir de cordes. La figure de leurscors & de leurs trompettes suffit pour mon-trer qu’ils ne pouvoient égaler !e beau sonde ceux d’aujourd’hui : & en générai, ilfeu t bien supposée que leur orchestre n’étoit

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guere bruyant, pour concevoir commentla cy.thare , la harpe & d’autres instrumenssemblables pouvoient s’y faire entendre :soit qu’ils en frapaffent les cordes avec leplectrum, comme nous faisons fur nos tym-panons, soit qu’ils les pinçassent avec lesdoigts, comme leur apprit Epigonins, l’onne comprend pas bien quel effet cela devoirproduire dans leur musique , qui se faisoit sisouvent en plein air. Je ne sais si centguittares dans un théâtre tel que celui d’A-thenes pourroient se faire entendre biendistinctement- En un mot, il est très-cer-tain que l’orgue feule , cet instrumentadmirable , & digne par fa majesté de l’u-Fage auquel il est destiné, efface absolumenttout ce que les anciens ont jamais inventéen ce genre. Tout cela doit se rapporterau caractère de leur musique; tout occupésde leur divine poésie ,-ils ne songoientqu’àla bien exprimer par la musique vocale ;ils n’eílimoient Finstrumentale qu’autantqu’elie faisoit valoir l’autresils ne souffroientpas. qu’elie la couvrît, & fans doute ilsétoient bien éloignés du point dont je voisque nous approchons, de ne faire servirles parties chantantes que d’accompagne-ment à la symphonie.

H paroi t encore démontré qu’ils ne con-noiísoient point la musique à plusieurs par-ties, le contre-point, en un mot l’harmo-nie dans le sens que nous lui donnons. S’ilsemployoient ce mot, ce n’étoit que pourexprimer une agréable succession de sons.Voyei sor ce sujet les dissertations de M..Burette dans les mém.. de l’académie desbelles-lettres.

Nous l’emportons donc sor eux de cecoté-là, & c’est un point considérable ,puisqu’il est certain que l’harmonie est levrai fondement de la mélodie & de la modu-lation. Mais n’abusons-nous point de -cetavantage ? c’est un doute qu’on est sorttenté d’avoir quand on entend nos opéramodernes. Quoi! ce chaos, cette confu-sion de parties , cette multitude d’instru-mens différens, qui semblent s’insulter Fun-1 autre, ce fracas d’accompagnemens qu£étouffent la voix fans la soutenir ; tout cela-fait-il donc les véritables beautés de la mufi~yu«?Esl:-cedelà qu’elle tire fa force & sonsénergie?!! faudroit donc que la musique la plu»