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ue nous ne connoiísons presque que parles récits des poëces, nous pouvons consul-ter des histoires véridiques , nous y ver-rons des faits à peu près semblables qui•conílantent faction de la mufique : i°. furles corps bruts : 2° fur les animaux : 3 0 furl’homme considéré dans ses rapports avecia Morale ou la Médecine. Parmi le grandnombre d’obfervations qui fe présen-tent, nous choisirons celles qui font lesmieux constatées, appuyées fur des témoig-nages authentiques ; nous en avons assezde cette efpece pour pouvoir négligercelles qui pourroient fournir le moindresujet de doute : nous ferons même obligésc’en passer beaucoup fous silence, poursatisfaire à la brièveté qu’exigent le temps& Tordre prescrit dans ce dictionnaire.Le lecteur curieux pourra consulter letraité de Plutarque fur la musique , lesexcellens ouvrages des peres Kircher &Merfenne , Thistoire de la mufique par M.Bourdelot ; nous le renvoyons fur-tout àune thefe soutenue & composée aux éco-les de Médecine de Montpellier, par M.Royer , Test amen. de vi foni & muficce in cor-pus humanum , autor. Joseph. Ludov. Royer ,dont nous avons tiré beaucoup de lumières.Nous pouvons rassurer, que cette theferenferme, outre une abondante collectiondes faits curieux & ir.téressans fur factionce la mufique y un traité physique très-bienraisonné fur le son &c la musique , qui a étéparticulièrement approuvé & admirée desconnoifleurs. Qu’il est gracieux de pouvoirjiayer un foible, mais légitime tribut á ra-mifié , en rendant un juste hommage àl’exacte vérité !
1. L’action du son & de la musique furl’air, n’a pas besoin de preuves ; il estaflbz démontré que! est le principal milieupar lequel ils fe communiquent. Le mou-vement excité dans l’air par le ion , esttel qu’il pourroit parcourir io;8 piés dansune seconde, s’il étoit direct, il surpasseainsi la vitesse du vent le plus furieux qui ,selon le calcul de M. Derrham qui a portécette force le plus loin, ne parcourt dansle même temps que 66 piés : mais commeson action n’est pas continue , & qu’il n’a-git que par des vibrations successives, ilébranle plutôt qu’il ne renverse- Un second
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effet de /a musique considérée comme son ,fur l’air , est de !e raréfier ; cet effet s’estmanifesté dans des grandes fêtes , lorsqueles peuples poulïbient de fortes acclama-tions, on a vu tomber les oiseaux qui tra-versoient alors l’air. On s’est l’ervi ancien-nement de cette observation pour attraperles pigeons que deux villes assiégées , donton avoir coupé la communication par terre ,s’envoyoient pour s’instruire de leur étatmutuel. On voit de même tous ies joursles nuages dissipés, & le tonnere détournédes églises & des camps , par le son descloches & le bruit du canon : ces mêmesprécautions deviennent funestes si on lesprend trop tard , lorsque les nuages ne fontplus hors de la fphere du son. Voye{ SON.L’air porte aux corps environnans l’impreí-sion de la mufique ; & fait dans les églisesou salles de concert, osciller en mesure laflamme des bougies, la fumée & les petitscorps qu’on voit 5’élever de terre dans ladirection des rayonsdu soleil. Sion met dansune petite distance deux violons montés àT unisson; & qu’on joue de l’un,l’autre rendra!e même son ; si on remplitplusieurs verressemblables en capacité , & fait à Tunis-son , d’eau ou de liqueurs différentes, Scqu’on racle avec les doigts le bord d’unseul, la liqueur trémoussera dans tous lesautres ; Sc dans cette expérience queRir-cher a le premier tentée, on remarqueque les liqueurs hétérogènes sautillent chan-tant plus dans ces verres , qu’elles fontplus subtiles ; de façon que l’efprir-de-vin feroit beaucoup ému , le vin beaucoupmoins,l’eau très-peu, &c. Cette expérienceappliquée au corps humain, peut don-ner la solution de plusieurs prob lemes. Onvoit aussi, quand on chante ou qu’on jouede qnelqu’inítrument près de T eau, unecrispation très-marquée fur la surface : onremarque la même choie fur le vif-argent*Le P. Kircherdit avoir vu un rocher que leson d'un tuyau d’orgue mettoit en mou-vement. Le pere Merfenne assure qu’àParis il y avoir dans une église des religieuxde S. François, une orgue dont le sonébranloit le pavé de l’églil'e. M. Bourde-lot raconte qu’un musicien s’étant mis àchanter dans un cabaret, tous les verres& les pots résonnèrent à l’inílant, furent