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Tome vingt-deuxième.
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agitas & fur le point de se casser. 11 y aplusieurs exemples de musiciens qui ontmis en pieces , par le chant ou pat le tonde quelque instrument , des vitres, desglaces , &c. Voye{ la these citée , partie II.ch. ij. pas. 69. II y a une expérience très-connue à ce sujet, d’un gobelet de verrequ’on suspend avec un fil, & qui s’en vaen éclats par le ton unijfva de la voix hu-maine. Le P. Mersenne, S- Anguíìin &quelques autres peres de l’Eglise , pensentque la chute des murs de Jéricho est unfait tout naturel, dû au son des instru-mens dont Gédeon avoit fait munir , parordre de Dieu , les Israélites.

2°. Les essors de la musique font encoreplus frequens & plus sensibles dans les ani-maux : voyez avec quelle attention , avecquel plaisir le canari écoute les airs deférinette qu’on lui joue : il approche la têtedes barreaux de fa cage , reste immobile& muet dans cette situation jusqu’à ceque l’air soit fini ; après cela il témoigneson contentement en battant des ailes ; i!tâche de répeter la chanson & de s’accor-der ensuite avec son maître. Le P. Ilircherparle d’un petit animal qui , pendant lanuit, sait entendre distinctement les septtons de musique , ut , ré , mi , fa , &c. enmontant & en descendant ; on l'appellecommunément haut ou animal de la paresse,parce qiril est deux jours pour monter ausommet des arbres où il va se percher :Linnams lui a donné le nom expressif deIradypus. 11 y a des auteurs qui prétendentque tous les animaux ont de i’attrait pourla musique \ l’analogie , le rapport d’orga-nisation avec l'homme, favorisent cetteopinion ; ils pensent aussi que chaque ani-mal a une espece de prédilection pour cer-tains sons, & qu’en le choisissant avec ha-bileté , on viendroit à bout de les appri-voiser tous. Cette idée est fondée fur ceque l’on a observé que les chaílèurs atti-roient adroitement les cerfs en chantant ,les biches au son de fluce ; que l’on cahuoitavec le chalumeau la férocité des ours ;celle des éléphans par la voix humaine. IIest certain auísi que tous les oiseaux sontattirés dans les pièges par des apeaux appro-priés : c’efl une des ruses les plus ordinaires& lçs plus efficaces de ceux qui chassent

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au filet. On se sert aussi quelquefois & danscertains pays de la musique pour la pêche ,qu’on rend par ce moyen beaucoup plusheureuse.

L’histoire du dauphin qui porta Arion,ce célébré joueur de flûte , est une allégo-rie fous laquelle on a voulu représenter í’a-mour de ces poissons pour la musique ,connu dans d’autres occasions. II y a desanimaux qui témoignent par les mouve-mens , cadences > & leurs sauts en mesure,i’impreíîìon Lc le plaisir qu’ils éprouventpar la musique. Aídrovande assure avoit:vu un âne qui dansent fort bien au sondes instrumens. M. Bourdelot rapporte i<tmême chose de plusieurs rats qu’un hom-me avoit apportés à la foire Saint-Germain,il dit qu’il y en avoit huit enkr’autrss qutformoient fur la corde une danse très-com-posée qu’ils exécutoient parfaitement bien.Olaus Magnus & Pauius Diaconus racon-1 tent que les troupeaux mangent plus long-temps & avec plus d’avidité au son du fla-geolet , ce qui a fait dire aux Arabes quela musique les engraissoit ; & c’cfí peut-êtrede cette observation qu’a pris naissancel’ufage ordinaire des bergers de jouer decet instrument. Les chameaux , au rapportde Thevenot & autres qui ont voyagé danzl’orient, supportent fans peine les plus pe-sans fardeaux , & marchent avec la mêm©aisance que s’ils n’étoient point chargéslorsqu’on joue des instrumens. Dès qu’or».cesse , leur force diminue, leur pas se ral-lentic, & ils sont obligés de s’arrëter. Peut-êrre pend-on , pour la même raison, unugrande quantité de clochettes au col desmulets qui font de longues routes avec despeuns fardeaux. On a aussi observé desanimaux qui démontroient le pouvoir dela musique par une aversion, une efptced’antipathie qu’ils avoient pour elle ou pourcertains sons ; Bagîivi fait mention d’ur»chien qui poussoir des hurlemens, gémìs-foít, devenoit triste toutes les fois qu’ilentendoit le son d’une guittare ou de toucautre instrument. Ces exemples ne for.cpas rares : le fait que raconte Mead, &qu’il tient d’un témoin oculaire , irrépro-chable , est plus singulier : un musiciens’étant apperçu qu’un chien étoit si fortaffecté d’un certain ton, que toutes les