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fois qu’il le jouent, cet animal sù’nquiétoit,crioit , témoignoit un mal-aife par desliurlemens ; il essaya un jour , pour s’amu-ser & pour voir ce qui en résulteroit, derépéter souvent ce ton & de s’y arrêterlong-temps ; le chien, après avoir été fu-rieusement agité , tomba dans les convul-sions & mourut.
3 °. C’est principalement fur les hommesplus susceptibles des différentes impres-sions, & plus capables de sentir le plaisirqu’excite la. musique , qu’ellc opéré de plusgrands prodiges, soit en faisant naître &animant les pallions, soit en produisantfur le corps des changcmens analogues à 'ceux qu’elle opéré fur les corps bruts. Lamusique des anciens pins simple, plus imita-tive, étoit auísi plus pathétique & plus effi-cace ; ils s’attachoient plus à remuer lecœur, à émouvoir les passions, qu’à satis-faire l’efprit & inspirer du plaisir ; leurshistoires sont auííi plus remplies de faitsavantageux à la musque que les nôtres, &<rui prouvent en même temps que cettesimplicité n’est peut - être rien moinsq u’une fuite de ^imperfection prétenduede leurs instmmens, & du peu de connoif-fance qu’on leur a attribué des principes derharmonié. Ils a voient distingués deux airsprincipaux , dont l’un , appelé phrygien ,avoir le pouvoir d’exciter la fureur, la co •Jere , d'animer le courage, &c. 1 autre ,connu sous le nom d 'air dorique ( modusdoricus ) , inspirait les passions opposées,& ramenoit à un état plus tranquille lesesprits agités. Gaîien rapporte qu’un musi-cien ayant, avec l’air phrygien, mis enfureur des jeunes gens ivres, changea deton à fa prière, joua le dorique, & dansl’instant ils reprirent leur tranquillité. Py-thagore, au rapport de Quintilien, voyantun jeune homme furieux, prêt à mettrele feu à la maison de fa maîtresse insidelle,pria un musicien de changer la mesure desvers & de chanter un spondée , aussi - tôtla gravité de cette musque estma les agi-tations de cet amant méprisé. Plutarqueraconte qu’un nommé Tcrpanter , musi-cien , appelé par un oracle de l iste deLesbos à Lacédémone , y calma par ladouceur de fa voix une violente sédition.J1 y a beaucoup d’exemples de personnes
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qui ont été portées par la musiqu e à deviolens accès de fureur, au point defe jeter fur les affistans ; on raconte ce.fait d’Alexandre, du roi Ericus surnom-mé le Bon , d’un doge de Venise , &c. Voye çla theje citée part. II, cap. iv.pag. loo. &Jeq.Les instrumens de musique , flûtes , trom-pettes , tambours , timbales , ou antressemblables , ont toujours été en usagedans les armées ; on y faisoit mêmeautrefois entrer des chœurs de musicien»qui chantoient des hymnes á l’hcnneur deMars, de Castor & de Pollux , ùc. Cettemusique sorvoit non-feuiement à inspirerde la fermeté, du courage , de î’ardeuraux guerriers, mais on en retiroit encorele précieux avantage de prévenir le désor-dre & la confusion ; on s’en sort encoreaujourd’hui pour faire marcher le soldaten mesure , pour augmenter ou diminuerfa vitesse , & pour diriger toutes les évo-lutions militaires, on pourroit ajouter aussi,pour diminuer les fatigues d'une marche péni-ble. Cet effet quoique peu senti est très-réel ;nous pourrions rappeler ici l’exemple deschameaux dont nous avons parlé ci-des-sos ; mais ne voyons-nous pas tous les joursarriver la même chose dans nos bals ?telle personne qui ne danseroit pas uneheure fans être d’une lassitude extrême ,s’il n’y avoir ni voix ni instrumens,animée & soutenue par une bonne sym-phonie , passera la nuit entiere à dansersans s’appercevoir qu’elle fe fatigue , &même fans î’être. Un vieillard , mordupar une tarentule, à qui l’on joue un airapproprié , fe leve & danse des heuresentieres avec la même facilité qu’un jeu-ne homme de quinze ans ; en même tempsqu’on voit dans ce cas les effets bien mar-qués de la musque , on peut appercevoirl’origine & les raisons de son introductiondans la danse. De même la vertu qu’e'î»a de calmer les fureurs , d’appaiser la co'e-re, de prévenir & d’arrêter les emporte-,mens qu’entraîne l’ivresie , a peut-êtredonné lieu aux chansons qui fe chantentpendant le dessert, qui est la partie d urepas, où l’on mange le moins & où l’onboit davantage , & far-tout de vins disse—rens. II n’y a point d’usage , quelque ridi-cule qu’il paroisse, qui n’aif été fondé sor
quelque