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Tome vingt-deuxième.
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!<°z hivers qu’à la faveur d’une orangerie.Les feuilles de tous les n y nés font listes,unies , entieres , d’un verd brun très-briilant, & d’une odeur suave , aromati-que , des plus agréables. Ce font les feuillesqui fout le principal agrément de ces ar-brisseaux ; toutes les fleurs des myrtes fontblanches, assez apparentes , & de très-bonne odeur , elles parodient dans le moisde juin , & durent pendant la plus grandepartie de f été. On ne connoît de diffé-rence pour la couleur de la fleur que dansune feule efpece , où le blanc qui fait lefonds est mélé de rouge. Le fruit qui suc-cédé à la fleur est une baie noire , quel-quefois blanche & ovale, qui contientplusieurs semences de !a forme d’un rein.II n’y a qu’une feule efpece de myrte dontla fleur soit double : l’arbrisseau en donneune grande quantité ; elles durent long-temps , font d’une grande beauté , &d’une excellente odeur : mais il y a encoreplusieurs myrtes à feuilles panachées , quifont de belles variétés. Presque tous lesmyrtes fe multiplient très-aifément, fontde longue durée , & n’exigent que les foinsordinaires de l’orangerie : cependant onvolt de ces arbrisseaux en pleine terre ,dans la Provence , dans le Languedoc ,l’Aunis , la Bretagne , & même dans laNormandie.

Si l’on donnoit ici la méthode que l’onfuit en Provence & en Languedoc pourI’éducation & la culture des myrtes , ellene conviendroit nullement pour les pro-vinces de la partie septentrionale du royau-me. I! vaut beaucoup mieux s’en rapporterà ce qui se pratique en Angleterre sur cepoint. Si on trouve les procédés trop stric-tes , il fera fort aisé de s’en relâcher àproportion de la température du climat oùl'on se trouvera placé. Je ne sache pasqu’on ait donné rien de mieux à ce sujet,que ce qui a été tracé par M. Miller, dansla sixième édition angloife de son diâion-natre des jardiniers.

On multiplie , dit cet auteur, les myrtesde boutures qu’il faut faire pour le mieuxan mois de juillet. Vous choisirez pour celade jeunes rejetons les plus droits & lesplus vigoureux , de la longueur de six ouhuit pouces. Après en avoir ôté lesféuilles de

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la partie inférieure fur environ deux poucesde longueur, vous piquerez ces jeunes bran-ches dans des terrines remplies d’une terrefranche & légere ; en forte qu’elles soientà deux pouces de distance les unes des au-tres. On aura foin de serrer la terre autourdes boutures, & de les arroser pour les mieuxaffermir. On mettra ces terrines fous unchâssis de couche, & on les plongera soitdans du vieux fumier, ou dans de îa vieil!»tannée. Afin que la terre des terrines rose desseche pas trop vue , on leur fera desombre avec des paillassons pendant lachaleur du jour , & on leur donnera de l'airà proportion que la saison sera douce. Maisil ne faudra pas oublier de les arroser tonsles deux ou trois jours, selon que la terredes terrines paraîtra seche. Au bout d’u.imois, les boutures commenceront â pouf-fer ; on les accoutumera par degré à l’airlibre, & on pourra fur la fin d’aoùt, lesmettre à une situation abritée des ventsfroids jusqu’au mois d’octobre qu’i! faudrales entier dans Porangerie, où on leurdonnera la place la plus fraîche & la pluspropre à les faire jouir de l’air dans les tempsdoux. Car les myrtes ne demandent qu’à! être garantis du grand froid ; à l'exceptiondu myrte à feuilles d’oranger & du myrtecitroné, qui étant moins robustes que lesautres, veulent être placés un peu pluschaudement. II faudra les arroser souventpendant Phiver, ôter toutes les feuilles quife sauneront, & arracher toutes les mau-vaises herbes qui leur servi en t un très'-grand tort. Au mois de mars suivant onenlevera les jeunes plants avec grand'soinSt le plus en motte que l’on pourra, pourles mettre chacun dans un petit pot sépareque l’on aura rempli d’une terre de la qua-lité de celle dont on s’est servi peur lesterrines. On les arrosera bien, four affer-mir la terre , & on les mettra à sombredans l’orangerie, jufqu’à ce qu’i's aient re-pris. Alors on les accoutumera à Pair & ausoleil, puis on les sortira au mois de maipour les placer à quelque bonne situation,près d’une palissade, à l’abri des grandsvents. Pendant Pété , il faudra les arroserabondamment, attendu que les petits potsfont sujets à fe dessécher promptement ;aussi aura-1-il fallu avoir attention de les