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Les principaux ministres qui oíncioient,étoit !e hyérophante ou mystagogue, qu’onappeloir aussi quelquefois prophète; lesecond étoit le porte-flambeau ; le troi-sième étoit le héraut sacré, &le quatrièmes’appeloit le ministre de l autel. II y avoiroutre ces quatre ministres en tíhef, desprêtres pour les sacrifices & des furveil-lans pour avoir soin que tout fe pastâtdans l’ordre.
Presque tout le monde briguoitPhonneur d’être admis â ces mystères.Les prêtres avoient persuadé le peupleque ceux qui y participeroient, auroientles premieres places dans les champs ély-sées , & que ceux qui n’y seroient pasinitiés ne jouiroient point de cet hon-neur. Ces déclarations firent impression ,& la curiofité y mit un nouvel attrait.
On garda lor.g-temps un íilence impé-nétrable fur tout ce qui se pastòit dans lesmystères d’Eleusis, & ce ne fut que forttard qu’on parvint à en savoir quelquesparticularités, tant les Grecs portoientde respect à la sainteté de ces fêtes sacrées.II étoit défendu de les divulguer direc-tement ni indirectement, sous peine dela vie. Diagoras Mélien fut pour cettefeule raison proscrit par les Athéniens,qui promitent un talent à celui qui le tueroit,&: deux à celui qui le prendroit en vie.Le poète Efchile courut lui-mêrae un très-grand danger pour avoir touché quelquechose des mystères de Gérés dans une de sestragédies.
II y a plus , Alcibiade au rapport dePlutarque , fut condamné à mort par con-tumace " pour avoir commis un facrilege
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envers Gérés, en contrefaisant ses saintsmystères , & en les montrant à ses cama-rades dans la maison , comme fait le hyé-rophante lorfqu’il montre les choses sain-tes , se nommant lui-même le grand-prê-tre , donnant à Polition le nom de porte-flambeau , à Théodore celui de héraut ,«St á ses autres camarades , celui d’initiésou de confrères, contre les loix établiespar les Eumolpides, & par les prêtres dutemple de la sainte Eleufis ; pour punitionduquel crime le peuple î’a condamné àmort, a confisqué tous ses biens , & a en-joint à tous les prêtres & à toutes les prê-tresses de le maudire. »,
Voilà ia teneur de l’arrét contre ce grandcapitaine , qui n’étoit vraisemblablement«jue trop coupable du crime pour lequel ilétoit condamné. Cependant une seule prê-tresse eut le courage de s’opposer à ce dé-cret , & allégua pour unique raison deson opposition , qu’elle étoit prêtresse pourbénir & non pas pour médire , mot admi-rable qui devroit servir d’épigraphe à tousles temples du monde.
Je n’ose décider s’il nous reste quelquemonument del’antiquité qui représente lesmystères ; mais du moins la savante disser-tation que M. de Boze a donnée dans les-mém. des Belks-Lettres , d’un tombeau demarbre antique , fur lequel cet habilehomme trouvoit la représentation des mys-tères de Gérés,, passera toujours pour uneconjecture des plus ingénieuses dans l’es-prit des personnes mêmes qui ne serontpas de son avis. ( D. J.)
MYSTERES DE LA PASSION , ( a ) ( ThéaUfrançois. ) terme consacré aux farces pieu-
( a) Le nom de mystère fut donné aux farces pieuses , qui , jusques k la fin du 16s siecle ,furent le spectacle de Paris. Ce n’étoient pas toujours les mystères de la religion qu’on yreprésentoit ; mais c’éroit au moins la vie de quelque Saint, comme de S.- Nicolas, S.Christophe , de Ste. Barbe , divisés en plusieurs journées. Les diables étoient les person-nages ridicules & bassoués de ces sortes de pieces. Ils ne làissoient pas d’y jouer quelque-fois des rôles assez importans , & de s’y divertir aux dépens des hommes. Voici dans lemystère de l’assomption un extrait des lettres-patentes que Lucifer fait expédier à Satan s ..pour mettre obstacle au triomphe de Marie : h
A tous ceux , &c.
Lucifer , prince généra!
De l’horrible gouffre infernal ,Pour salutation nouvelle ,Malédiction éternelle.
Savoir faisons , qu’en notre hôtel ,,Oh il y a maint tourment cruel ,
En personne sont comparusUn grand tas de diables plus drus: