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Tome vingt-deuxième.
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ses, jouées âlltrefois fur nos théâtres , &■dont on a déja parlé fous lés mots COMÉ-DIE sainte ù Moralité ; mais il fal-loir en développer l’origine.

Il est certain que les pèlerinages intro-duisirent ces spectacles de dévotion. Ceuxqui revenoient de la Te r re - Sainte , deSainte-Reine , du mont Saint-M;chtl, deNotre-Dame du Puy , & d autres lieuxsemblables, compofoient des cantiques furleurs voyages, auxquels is mêloient lerécit de la vie & de la mort de Jefus-Christ , d une maniéré véritablement très-Lrostiere, mais que la simplicité de cestemps-là fembloit rendre pathétique. Ilschantoient les mirac’es des saints, leurmartyre, & certaines fables à qui la créancedes peuples donnoit le nom de visions. Cespèlerins allant par troupes, & s’arrètantdans les places publiques, où ils cliantoientJe bourdon à la main , ie chapeau & lemantelet chargé de coquilles & d’images,peintes de différentes couleurs , faifoienttine efpece de spectacle qui plut, & quiexcita quelques bourgeois de Paris à for-mer des fonds pour élever dans un lieupropre , un théâtre où l'on repréfenteroitces moralités les jours de fête, autant pourl’instrudion du peuple , que pour son di-vertissement. L’Italie avoit dé j a montrél’exemple , l’on s’empreffa de l’imiter.

Ces fortes de spectacles parurent si beauxdans ces siécles ignorans, que l’on en fitles principaux ornemens des réceptions desprinces quand ils entróient dans les villes ;& comme on chantoit noël , noël , au lieu

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des cris vive le roi , on repréfentoit darrsles rues la samaritaine , le mauvais riche ,la conception de la sainte Vierge, la passionde Jefus-Christ , & plusieurs autres mys-tères , pour les entrées des rois. On alloicen proceísion au devant d’eux avec les ban-nières d# églises : on chantoit à leurI uange des cantiques composés de pas-sades de l’écri ure sainte, cousus ensemble,pour Cire alluuon aux actions principalesde leurs reg ;es.

Telle est l’origine de notre théâtre , oùles acteurs , qu on nommoit confrères dela pajjion , commenceront à jouer leurspieces dévotes en 1402: cependant commeelles devinrent ennuyeuses à la longue ,les confrères intéresses à réveiller la cu-riosité ê du peuple , entreprirent pour yparvenir, d'égayer les n.yfìcres sacrés. Uauroit fallu un liecle plus éclairé pour leurconserver leur dignité ; & dans un siécleéclairé , on ne les auroit pas choisis. Or»mêloit aux sujets les plus respectables , lesplaisanteries les plus basses , & que l’in-tention feule empéchoit d’étre impies :car ni les auteurs ni les spectateurs nefaifoient une attention bien distincte à cemélange extravagant , persuadés que lasainteté du sujet couvroit la grossièreté desdétails. Enfin le magistrat ouvrit les yeux,& se crut obligé en 1545 , de proscritssévèrement cet alliage honteux de religionLc de bouffonnerie. Alors naquit la comé-die profane , qui, livrée àelle-même & augoût peu délicat de la nation , tomba fousHenri III, dans une licence effrénée , Sc

Que moucherons en air volant ,

Vevant nous ; en constituantLeur procureur irrévocable ,

Fondé en puissance de diable ,

Satan , notre conseil féal ,

Lui donnant pouvoir général .

Ve procureur pour gens d’église ,

F n Jymonie & convoitise ,

Soient évêques ou prélats ,

C’étoit communément aux gens d’église quçe morceau du mystère de S. Christophe.” Cj’ame du prêtre :

Lucifer , vcci venaisonQui ne veut que vin & vinaigre.

Je ne sais s'eîle est de saison ;

P est un bigard qui est bien maigre !

Curés , prêtres de tous états ;

Qui font subjeSs à notre coúrt ,

Et de procurer bries & courtPour haultains princes terriens ,

Qui se gouvernent par moyensD'orgueìl & de présomption ,

Qui ne quierent que ambition. ,

Pour vivre en plaisance mondaine ,

Et n’ont jamais leur bourse pleine.,,. &C.

!a satyre s’adressoit. On en peut juger patest satan qui parle à luciser , en lui àpportant

Je Val empoigné à ce vêpre.

Si lui faut faire sa raison ,

Puisqu'on le tient , le maître prêtre ;

Car U est pire que poison ...... Si c.