67F N A I
• s’ils ne le soutiennent & ne l’illustrent detous leurs efforts , par de belles actions.
■ Voye^ Noblesse. (D. J.)
- Naissance , jour de la , ( Hist.
rom. ) Le jour de la naissance étoit particu-lièrement honoré chez les Romains. Desmouvemens de tendreste & de religionconsacraient chez eux une journée , où ilsembloit qu’ils recevoient leurs enfans desdieux mêmes, & pour ainíi dire de la mainâ la main. On les saiuoit avec cérémonie ,& dans ces termes, hodiì natesalve : ils in-voquoient le Génie comme une divinitéqui préíìdoit à la nativité de tous les hom-mes. .
La solennité du jour de cette naissance serenouveîloit tous les ans , & toujours fous-les auspices du Génie. On dressent un autelde gazon, entouré de toutes les herbessacrées , & fur lequel on immoloit. unagneau. On étaloit chez les grands tout cequ’on avoit de plus magnifique, des tables,dês suvettes, des bassins d’or & d’argent,mais dont la matière étoit encore moinsprécieuse que le travail. Auguste avoittoute l’histoire de sa famille gravée sur desmeubles d’or & d’argent: le sérieux d’unecérémonie religieuse étoit égayé , par ceque les fêtes ont de plus galant ; toute lamaison étoit ornée de fleurs & de couron-nes , & la porte étoit ouverte à la com- !pagure la plus enjouée. Envoyez-moi Philis, :■dit un berger dans Virgile à Iolas ; envoyez-moi Philis, car c’est aujourd’hui le jour dema naissance , mais pour vous, ne venez ici :que lorsque j’immolerai une génisse pourles biens de la terre.
Les amis ce jour-là ne manquoient guere-d’envoyer des préfens ; Martial raille fine-ment Clyté, qui pour en avoir , faisoit.revenir le jour de sa naissance sept ou huitibis Tannée :
Nasceris oclies in anao.
On célébrait même souvent Thonneur deces grands hommes, dont la vertu contactela mémoire, & qui enlevés aux yeux deleurs contemporains, se réveillent pour lapostérité qui en connoît le mérite danstoute son étendue , & quelquefois les dé-dommage de Tinjustice de leur íìecle. Pour-quoi , dit Séneque , ne fêterai-je pas lejour de la naissance ds.ces hommes illustres ?
NA I
Pline dans le troisième livre de ses épîtres,'rapporte que Silius Italiens célébrait le jourde la naissance de Virgile , plus scrupuleu-sement que le sien même.
La flatterie tenant une coquille de fardà la main ne manqua pas de sosennifer lanativité des personnes que la fortune avoitmis dans les premieres places , & par quise diíiribuoient les grâces & les bienfaits :Horace invite une de ses anciennes maî-tresses à venir célébrer chez lui la naissancede Mécènes ; & afin que rien ne troublela fête , il tâche de la guérir de la passionqu’elle avoit pour Téléphus. Philis , j’aichez moi , dit-il, du vin de plus de neuffeuilles, mon jardin me fournit de Tachepour faire des -couronnes. J’ai du lierrepropre à relever la beauté de vos cheveux :Tautel est couronné deverveine ; les jeunesgarçons & les jeunes filles qui doivent nousservir, courent déja de tous côtés. Venezdonc célébrer le jour des ides qui partagele mois d’avril consacré à Vénus ; c’est unjour solennel pour moi , & presque- plussacré que le jour de ma naissance , car c’estde ce jour-là que Mécènes compte lesannées de fa vie.
On voit dans ce propos une imagé bienvive d’une partie destinée à la célébrationd'un jour de naissance ; il ne s’agit pas desavoir , si elle étoit conforme à î’efprit deTinstitution ; sans doute que ce vin déli-cieux , cette parure galante , cette pro-preté , ce luxe , cette liberté d’efprit quele poète recommande à Philis , plus dan-gereuse que la passion même ; enfin, cettetroupe de jeunes filles & de jeunes garçonsn’étoient guere appelés dans les fêtes reli-gieuses , où on sor.geoit sérieusement àhonorer les dieux.
L t jour de la naissance des princes étoitfur-tout un jour consacré par la piété o»parla flatterie des peuples. Leur caractère,îa distinction de leur rang 5 c dc leur for-tune , devenoit la mesure des-honneurs &des réjouissances établies à cette occasion.La tyrannie même, bien loin d’interrompreces sortes de fêtes, en rendoit l’ufage plusnécessaire, & dans la dureté d’un régnéoù chacun craignoit de laisser échapper sessentimens, on entrait avec une efpece d’é-njulation dans toutes les choses dont oA