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A , B , C , pourquoi commenceroíent-éllcs à vivre dans la combinaison B , C, A,ou C , A , B ? Cela ne fe conçoit pas. IIn’en est pas de la vie comme du mouve-ment ; c’est autre chose : ce qui a vie amouvement ; mais ce qui se meut ne vitpas pour cela. Si l’air , l'eau , la terre , &le feu viennent à se combiner , d’inertssfu’ils étoient auparavant, ils deviendrontd’une mobilité incoercible ; mais ils neproduiront pas la vie. La vie est une qua-lité' essentielle & primitive dans l’ètrevivant; il ne f acquiert point ; il ne la perdpoint. II faut distinguer une vie inerte &une vie active : elles font entr’elles commela force vive & la force morte : ôtez l’obs-tacle , & la force morte deviendra forcevive : ôtez l’obstacle, & la vie inerte de-viendra vie active. Il y a encore la vie del’élément, & la vie de l’agrégat ou de lamasse : rien n’ôte & ne peut ôter à l’élémentfa vie : l’agrégat ou la masse est avec letemps privée de la sienne : on vit en unpoint qui s’étend jusqu’à unecertainelimite,fous laquelle la vie est circonscrite en toutsens ; cet espace sous lequel on vit diminuepeu à peu : la vie devient moins active fouschaque point de cet espace; il y en a mêmesous lesquels elle a perdu toute son activitéavant la dissolution de la masse, & l’onfinit par vivre en une infinité d’atomesisolés. Les termes de vie & de mort n’ontrien d’absolu ; ils ne désignent que les étatssuccessifs d’un même être; c’est pour celuiqui est fortement instruit de cette philoso-phie , que l’urne qui contient la cendred’un pore, d’une mere, d’un époux, d’memaîtresse, est vraiment un objet qui touche& qui attendrit: il y reste encore de la vie& de la chaleur: cette cendre peut peut-être encore ressentir nos larmes & y ré-pondre ; qui fait si ce mouvement qu’ellesy excitent en les arrosant, est tout-à-faitdénué de sensibilité? à/rre a un grandnombre d’acceptions différentes: l’homme,ranimai, la plante, naissent ; les plus grandseffets naissent souvent des plus petites cau-ses; les passions naissent en nous, l’occasionles dévelope, ùc.
NAÏVETÉ une, NAÏVETÉ la, f. f.fGram . ) il faut que les étrangers appren-ant la différence que nous mettons dans
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notre langue entre la naïveté , & une naï-veté.
Ce qu’on appelle une naïveté , est unepensée, un trait d imagination, un senti-ment qui nous échape malgré nous, & quipeut quelquefois nous faire tort à nous-mêmes. C’est l’expression de la vivacité ,de l'imprudence, de l’ignorance des usa-ges du monde. Telle est la réponse de lafemme à son mari agonisant, qui lui dési-gnoit un autre époux : prends un tel , il teconvient , c roi s-moi : Hélas , dit la femme»fy songeois.
La naïveté est le langage du beau génie,& de la simplicité pleine de lumières; ellefait les charmes du discours, Lt est le chef-d'œuvre de l’art dans ceux à qui elle n’estpas naturelle.
Une naïveté sied bien à un enfant, à unvillageois, parce qu’elleporte le caractèrede la candeur & de l’ingénuité; mais lanaïveté dans les pensées & dans le style, faitune impression qui nous enchante, à pro-portion qu’elle est la peinture la plus simpled’une idée, dont le fonds est fin & délicat ;c’est pour cela que nous goûtons ce madrigalde Chapelain.
Vous n écrives que pour écrireC’ejl pour vous un amusement ;
Moi qui vous aime tendrement ,
Je réécris que pour vous le dire.
Nous mettons enfin de la différenceentre le naturel & le naïf; le naturel estopposé au recherché , & au forcé ; le naïfeílopposé au réfléchi , & n’appartient qu’ausentiment. Tel que cet aimable rougeur,qui tout à coup , & sans le consentementde la volonté, trahit les mouvemens secretsd’une ame ingénue. Le naïf échappe à labeauté du génie , fans que l’art l’ait produit;il ne peut être ni commandé, ni retenu.(D J.) ,
NAKIB, f. m. (Hifl. mod.) c’est ainsi queles Turcs nomment un officier fort consi-déré , dont la fonction est de porter l’éten-dart de Mahomet. II n’est point inférieurau muphti même ; cette dignité est toujoursconférée par le sultan à un des émirs descen-dans de la fille de Mahomet ; & fans sonconsentement, le prince n’oseroít offenserni faire du mal à aucun des émirs; le sultanL soin de ne pas laisser un personnage de
cette