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Tome vingt-deuxième.
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sons de la famille des végétaux ; maisc’est dans les transactions philosophiques ,n 9 . 43Z , qu’il faut lire le détail des trilleseffets dc- cette plante fur un homme bienportant qui en avoir mangé dans une saladeavec de rhuile & du vinaigre ; il en pensamourir malgré les prompts & bons secoursde la médecine.

Immédiatement après avoir mangé decette salade , cet homme sentit une cha-leur accompagnée de picotement sur lalangue & le palais, avec une irritationdans tout le visage, qui s’étendit jufqu’aumilieu du corps. Ces symptômes furentbientôt suivis dune grande foiblesse dansles jointures avec des treíTàillemens dans lestendons , & une interception si sensiblede la circulation du sang, qu’on ne puts’empêcher de soupçonner qu’il étoit em-poisonné. 1 ! avala beaucoup d’huile & d'in-fusion de chardon béni, qui lui procurèrentle vomissement de tout ce qu’il avoitmangé : cependant les vertiges, l’égare-ment de la vue , le bourdonnement desoreilles & des syncopes succédèrent. Le mé-decin lui versa de temps à autre dans labouche quelques gouttes d’esprit de cornede cerf; & dans les intervalles des vomisse,-mens, iì lui faifoit prendre une quarantainede gouttes de ff-l volatil & de teinture desafran dans du vin : eníìnii lui prescrivit dupetit lait avec du vin á’Espagne & un peu detliiriaqua. La crise de la maladie se ter-mina par une douce chaleur, accompagnéed’une sueur modérée & d’un sommeil dequelques heures.

Il paroît que la nature de ce poison vé-gétal est d’intercepter la circulation dusang & des esprits, & qu’en conséquenceles sels volatils de corne de cerf, les vo-mitifs tempérés, le poster du vin d’Espa-gne, la teinture de safran & la thériaqueconviennent beaucoup pour y porter re-mède. ( D. J. )

NAPHTE , s. m. ( nift. nat. Minéral. )en latin naphta. C’est le nom que les natu-ralistes donnent à un bitume blanc, trans-parent , très-íluide & léger qui surnage àî’eau. Cette substance est très-inflamma-ble , au point d’attirer le feu même à unecertaine distance; son odeur est pénétrante;plie brûle fans laisser aucun résidu.

Il est très-rare de trouver du naphte dans

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cet état de pureté : la substance â qui ondonne communément ce nom, est d’unjaune plus ou moins clair, c’est-à-dire, deia couleur du succin , & alors elle ne paroîtpoint si pure que celle qui est parfaitementblanche.

Le naphte doit son origine à des arbresrésineux ensevelis fous terre , ainsi que lesautres substances bitumineuses, le charbonde terre , îe jais, le succin , &c. la feuledifférence vient de ce que la substance quiproduit le naphte. semble avoir été filtrée ,fondue &, pout; ainsi dire , distillée dansl’intérieur de la terre ; en effet, ce bitumea beaucoup de rapport avec les huiles essen-tielles que la chimie tire de certaines plan-tes. M. Rouelle croit que le naphte le pluspur & le plus clair vient du succin ; selonce savant chimiste , les embrasemens sou-terrains ne se manifestent point toujourspar des effets sensibles & éclatans, ilsagiffent souvent paisiblement & sans pro-duire d’éruptions dans le sein de la terre ;> alors ils peuvent distiller &, pour ainsi dire,| rectifier les substances bitumineuses solidesi qui s’y trouvent, les rendre fluides , lesforcer à s’élever & à suinter au travers descouches de la terre & des pierres mêmes,! & alors ces substances, ainsi élaborées , semontrent sous la forme de naphte , c’est-à-dire, d’une huile tenue & légere que l’ontrouve quelquefois nageante à la surfacedes eaux thermales.

Cette conjecture très-vraisemblable pa-roît confirmée par plusieurs faits. En effet,on nous apprend que dans le voisinaged’Astrakan , peur avoir du naphte , on n’aque la peine de creuser des puits, qui netardent point à se remplir de ce bitumaliquide. On s’en sert dans le pays au liend’huiìe pour le brûler dans les lampes, &même au lieu de bois , qui est très-rare,pour sc chauffer & pour cuire les alimens.Pour cet effet, on ne fait que jeter furl’atre des cheminées quelques poignées deterre , on les arrose de naphte auquel onmet le feu ; il s’allume fur le champ ; &avec la précaution de remuer ce mélange ,on parvient â cuire les viandes plus promp-tement qu’on ne feroit avec du bois. II estvrai que par ce moyen toutes les maisonsse trouvent remplies de noir de fumée &