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tous ses portraits des grands hommes fontde main de maître.
Son style enchanteur est du beau langagedu siecle d’Auguste. II excelle íur-toutquand il blâme ou loue ceux dontîil parle ;c’est toujours dans les plus beaux termes &avec les expressions les plus délicat ;s. J’aimebeaucoup le discours qu’il met dans labouche du fils de Tigranes à Pompée pourse le rendre favorable ; mais entre toutesles figures de rhétorique dont il se sert, ilemploie l’épiphoneme à la fin de ses narra-tions avec tant de grâce & de jugement,que personne ne l’a surpasté dans cette par-tie ; comme personne n’a jamais loué plusdignement Cicéron, qu’il le fait dans cebel endroit de ses écrits, où il avoue cjuefans un tel personnage , la Grece vaincuepar les armes romaines, auroit pu se van-ter d’ëtre victorieuse par la force de l’esprit.
On blâme néanmoins Velleïus Patercu-lus , & avec raison, d’avoir prostitué saplume aux louanges d’un libéré &c d’unSéjan ; mais voilà ce qui doit toujoursarriver aux écrivains qui travailleront pourdonner pendant leur vie Phistoire de leurtemps, celle des princes, ou de ceux dequi les fils rognent encore.
L’ouvrage de Velleïus Paterculus a été ,publié pour la premiere fois par Rhénanusen 1520, & depuis lors on en a fait un.grand nombre d’éditions ; je ne les citeraipoint ici , c’est astéz de remarquer quecelle de DodW'eltà Oxfort en 1653 , i/z-SAest d’autant meilleure que ses Annales vel-letinì qu’il a mise à la tête, sont un mor-ceau précieux de littérature , par la vasteconnoiíïànce de l’antiquité qui s’y rencon-tre. Mais íi nous avons d’excellentes édi-tions de Paterculus, nous n’avons point debonnes traductions en aucune langue decet habile historien. M. Doujat en donnaune version françoisc en 1679 , & suppléaâ ce qui manque dans l’original. II devoirplutôt songer à perfectionner sa traduction,car il siéroit mal à un chinois , dans milleans d’ici, de remplir les vuides de PHistoirede Louis XIV. de PéliíTon.
Stace , célébré poète , né & mort à Na-ples, fleuriíToit fous l’empereur Domitien;mous réservons son article au mot POEMEÉPIQUE.
Tome XXII
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Entre les modernes, je trou - .„ > aboi'Majus ( Junianus ) qui vivoit dans le xv.siecle , & qui ne dédaigna point, quoiquegentilhomme d’enseigner les belles-lettresdans fa patrie. Il eut entr’autres disciple*le célébré Sannasar, qui en poète recon-noissar.t, éleve jusqu’au ciel les talens deson maître. II est sûr qu’il contribua par sesleçons & par ses livres, à rétablir le belusage de la langue latine. Son traité depro-prietate priscorum verborum , parut à Naplesen 1475 , & nous apprenons par cetteédition, que celui qui commença d’exercetl’imprimerie dans cette ville , étoit unallemand nommé Mathias le Morave. MaisMajus se distingua sur-tout par l’explicationdes songes. Ce fut le plus grand onéirocri-tique de son siecle, & l’on recouroit à luide toutes parts, pour savoir ce que présa-geoit tel ou tel songe. C’est une triste &ancienne maladie des hommes , d’avôirimaginé qu’il y a des songes qui présagentl’avenir; car la plupart des personnes quisont une fois imbues de cette extravagance,se persuadent que les images qui leur pas-sent dans l’esprit pendant leur sommeil,sont autant de prédictions menaçantes, &pour un fou qui les envisage du côté favo-rable, il yen a cent qui les considèrentcomme des augures malheureux.
Sannasar ( Jacques ) né en 1458 , s’est faitun nom considérable par ses poésies latines& italiennes : il a composé en latin desélégies , des églogues, & un poème fur lescouches de la sainte Vierge , qui est estimémalgré le mélange qui s’y trouve des fictionsde la fable avec les mystères de la religion.Son Arcadie est la plus célébré de ses piecesitaliennes: les vers & la prose de cet ouvrageplaisent par la délicatesse des expressions y& par la naïveté des images. D mourut eni s;o. Ses œuvres latines ont été publiéesà Amsterdam en 1689 , & plus complette-ment k Naples en 1718, avec l’éloge defauteur à la tête. Il se fit appeler Acltusj Syncerus SannaJarius , selon l’usage dessavans de son temps, qui changeoient vo-lontiers leur nom. II se composa lui-mêmel’épitaphe suivante :
Actius hiefitus est , cintres gaudete fepu.hr.
Jam vaga pojì obitus umbra dolore vacat.
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