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Tome vingt-deuxième.
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effets généraux des narcotiques , ceux qu’ilsproduisent le plus constamment. Les effetsparticuliers font ceux qu’ils produisent parrapport à certaines circonstances.

Voici l’exposition des effets généraux;quelque temps après qu’on a donné un nar-cotique à une personne qui en a besoin ,l’exercice des sens diminue peu à peu ; ellesè sent appesantie : les organes du mouve-ment se refusent de plus en plus à leursactions ordinaires ; l’assoupissement vient ;la chaleur animale augmente ; le poulsdevient plus élevé , plus plein, plus souple ,ou plus mou, sans augmenter cependanten fréquence; la peau paroít moette , &íe couvre ensuite de sueur, pendant quetoutes les autres sécrétions & excrétionsdiminuent. Le sommeil est plus ou moinslong , plus ou moins profond , suivantl’activité des narcotiques & la dispositiondu sujet. La personne en s’éveiliant sent fatête appesantie , se trouve comme engour-die, & se plaint d’une espece de langueurd’estomac : ce qui arrive toujours, iì le re-mede n’a pas été donné avec une certaineprécaution.

Les effets particuliers des narcotiques M-pendent i°. del’idiosyncrafie; z°. del’habi-tude ; 3°. de certaines causes particulières.

A í’égard de [’idiosyncraíie, fexpériencefait voir que les narcotiques , bien loin deproduire les effets ci-devant, procurent ,au contraire, des insomnies, des veillesopiniâtres, des agitations d’estomac, desnausées, des vomiífemens, des mouvemensconvulsifs, des délires maniaques, furieux,dans les tempéramens vifs, bilieux , dansces personnes dont la tête le prend aisément,comme dans les femmes hystériques.

Lstiabitude ou la coutume met aussi degrandes différences dans les effets des narco-tiques ; car on observe tous les jours que lespersonnes qui se sont habituées peu à peuaux narcotiques , ont besoin quelquefoisd’une grande dose d’opium pour faire leursfonctions dans la veille avec une certaineaisance; autrement ils fontpesans, engour-dis pour l’efprit comme pour le corps. C’estainsi que les Turcs, habitués à l’opium , auHeu de prendre de l’eau-de-vid, commenos soldats, pour s’animer au combat, pren-nent , au contraire, une forte dose d’opium ;

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par où l’on voit que les effets particuliersfont bien différens des généraux, tant àcause du tempérament, qu’à cause de lacoutume.

II arrive assez souvent que les excrétions,comme celles de l’urine, de l’expectora-tion , &c. font supprimées, à cause du spas-me , de l’éréthisme des parties , sur-toutdes sphincters : c’est ainsi que les lochiespeuvent être supprimées, à cause du spas-me , de l’éréthifme dominant, comme celaarrive aux femmes hystériques : en ce cas-lâ, les narcotiques , qui diminuent naturel-lement les excrétions, étant administrésconvenablement, bien loin de diminuer oude supprimer ces excrétions, les rétablis-sent en faisant ceíler la cause , qui occa-íìonnoit cette suppression. Ainsi , il est descauses singulières qui font que les narcotiquesproduisent, en apparence , des effets oppo-sés à ceux qu’ils produisent généralement.

Les narcotiques font indiqués r °. dans lesmaladies aiguës, dolorifiques : la douleurdépend de la distraction des fibres nerveu-ses , qui font en disposition de fe rompre ,si le tiraillement dure ; ainsi une partieaffectée de douleur est une partie dont latension, ía sensibilité, le ton sont tropaugmentés, par conséquent tout ce quidiminuera la sensibilité, relâchera auíli leton : les narcotiques produisent cet effet,com-me il a été dit ci-devant ; ils sont donc in-diqués dans les maladies dolorifiques : car ,s’il y a des douleurs vives, aiguës, c’eífprincipalement alors que lès narcotiquesconviennent : si les douleurs font sourdes ,gravatiques, on ne doit employer ceremedequ’avec beaucoup de circonspection.

z°. Dans les insomnies fatigantes , dansles veilles opiniâtres, qu’elles- soient essen-tie'les ou symptomatiques ; elles font essen-tielles , lorsqu’elles proviennent d’une tropgrande contention , d’un trop grand travaild’esprit, de quelque forte passion de l’ame relles font symptomatiques, comme dans laplupart des maladies aiguës, fiévreuses , lesommeil est nécessaire pour rétablir les for-ces ; ainsi , on doit tâcher de les procurerparles secours del’art.

; 9 . Dans les maladies spasmodiques, con-vulsives ; mais feulement dans celles quidépendent d’une tension dolorifique t _.