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Tome vingt-deuxième.
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NATAGAI, s. m. ( Mythol. ) idole queles Tartares adorent comme le dieu de laterre & de tous les animaux. II n’y a pointde maison où l’on n’en garde avec respectune image accompagnée des figures de fafemme & de ses enfans, comme les ancienspaïens conservoient leurs lares & leurspénates; & au lieu que ceux-ci leur fai-ï’oient des libations & des sacrifices, lesTartares, persuadés que Natagai & leursautres idoles vivent , & ont besoin denourriture, leur présentent des viandes,& leur frottent la bouche avec la graissedes mets qu’ils fervent fur leurs tables.Kircher , de la Chine.

NATAL , adj ( Gramm. ) il se ditdu temps ou du lieu de la naissance. Lejour natal ; le pays natal. Dans quelquescommunautés religieuses, la maison nataleest celle où l’on a fait profession. Lesanciens ont célébré la naissance deshommes illustres par des jeux appelésnatals. Les chrétiens ont eu leurs fêtesnatales ; Noël, Pâques, la Pentecôte &la Toussaint. On aime son pays natal ;il est rare qu’on n’y laisse des parens ,des amis ou des connoistànces : & puis ,on n’y peut faire un pas fans y rencon-trer des objets intérëssans par la mé-moire qu’ils nous rappellent de notretemps d’innocence. C’est ici la maisonde mon pere ; là je suis né : ici j’ai faitmes premieres études ; l’à j’ai connu cethomme qui me fut fi cher : ici cettefemme qui alluma mes premiers désirs :& voilà ce qui forme cette douceur dontVirgile & Ovide se seroient rendu raisons’ils y avoient un peu 'réfléchi.

Natal, ( Géog. ) pays d’Afrique dansla Cafrerie, fitué entre le 31. 50. 2.8. Sesliabitans demeurent les uns dans des ca-vernes ou trous de rochers, les autresdans de petites maisons, qui font fiserrées & fi bien couvertes de roseauxou de branches d’arbres, que les vents& la pluie ne fauroient y pénétrer. LesHottentots font leurs voisins au sud.

Le pays de natal est borné au nordpar la riviere délia Goa qui est naviga-ble ; il est borné à l est par la mer desIndes; mais on ne fait pas encore jus-qu’où il s’étend à l’oueíh Le quartier

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qui regarde la mer est un pays de plaines Scde forêts. On n’y manque pas d’eau , parceque les montagnes fournissent une quantitéde petits ruisseaux qui se joignent ensem-ble , & forment la riviere de Natal. Lessavanes y font couvertes d’herbes fortépaisses.

Entre les animaux terrestres, on y voitdes tigres, des éléphans, des bustes , desbœufs, des vaches montagnardes & desbetes fauves. Les éléphans y fourmillent.La volaille y abonde en canards sauva-ges ôc domestiques , sarcelles , cocqs ,poules, outre une infinité d’oiseaux quinous font inconnus. La mer & les rivièresfont extrêmement poissonneuses ; mais leshabitans ne prennent guere que destortues.

Les naturels de ce pays font déja dissé-rens des Hottentots ; ils font beaucoupmoins mal-propres & moins laids. Ils fontaussi naturellement plus noirs ; ils ont lescheveux crépus, le visage en ovale , le nezplat de naissance, à ce que dit Iíolbe, &les dents blanches ; mais ils ont aussi unpeu de goût pour la graisse, car ils por-tent des bonnets élevés de huit à dix pouces& faits de suif de bœuf. Ils cultivent laterre , y sement une espece de blé de tur-quie dont ils font leur pain.

Les hommes vont presque tout nuds,ainsi que les femmes. Lorsqu’il pleut, ilsjettent sur leurs épaules un simple cuirde vache , dont ils se couvrent commed’un manteau. Ils boivent du lait aigri pourse désaltérer.

II est permis à chaque homme d’avoirautant de femmes qu’il en peut entre-tenir ; mais il faut qu’il les achete , puis-que c’est la seule marchandise qu’on achete& qu’on vende dans la terre de natal. Ondonne des vaches en troc pour des femmes ;de forte que le plus riche est celui quia le plus de filles ou de sœurs à marier.

Ils demeurent ensemble dans de petitsvillages composés de familles toutes alliéesles unes aux autres. C’est ainsi qu’ils viventdans l’innocence de la nature, en fe sou-mettant volontiers au plus âgé d’entre eux,lequel les gouverne tous. Voye{ de plusgrands détails dans les voyages de Dam»pierre. {D. J.)