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Tome vingt-deuxième.
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On distinguoit aussi à Rome les citoyensou ceux qui en avoient la qualité de ceuxqui ne l’avoient pas.

Les vrais & parfaits citoyens , quioptimâ Uge cives à Romanis áicebantur ,étoient les Ingéniés, habirans de Rome& du territoire circonvoisin ; ceux - cipartícipoient à tous les privilèges indistinc-tement.

II y avoit des citoyens de droit seule-ment , c’étoient ceux qui demeuroienthors le territoire particulier de la villede Rome, & qui avoient néanmoins lenom & les droits des citoyens romains,soit que ce privilège leur eût été accordéà eux personnellement, ou qu’ils demeu-rassent dans une colonie ou ville muni-cipale qui eût ce privilège : ces citoyensde droit ne jouissoient pas de certainsprivilèges qui n’étoient propres qu'auxvrais & parfaits citoyens.

II y avoit enfin des citoyens honorai-res , c’étoient ceux des villes libres quirestoient volontairement adjointes à Tétâtde Rome quant à la souveraineté , maisnon quant aux droits de cité, ayant vouluavoir leur cité, leur loix , & leurs offi-ciers à part ; les privilèges de ceux-ciavoient encore moins d’étendue que ceuxdes citoyens de droit.

Ceux qui n’étoient point citoyens defait ni de droit, ni méme honoraires,étoient appelés étrangers , ils avoient unjuge particulier pour eux appelé prœtorperegrinus.

En France, tous ceux qui font nésdans le royaume & sujets du roi fontnaturels François ou regnicoles ; ceuxqui font nés hors le royaume, sujets d’unprince étranger, & chez une nation àlaquelle le roi n’a point accordé le privi-lège de jouir en France des mêmes privi-lèges que les regnicoles , sont réputésaubains ou étrangers, quoiqu’ils demeu-rent dans le royaume , & ne peuventeffacer ce vice de pérégrinité qu’en obte-nant des lettres de naturalìtê.

Anciennement ces lettres se nommoientlettres de bourgeoisie , comme s’il suffisoitd’être bourgeois d’une ville pour êtreréputé comme les naturels du pays. II ya au trésor des chartes un grand nombreTome XXII,

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de ces lettres de bourgeoisie, qui ne sontautre chose que des lettres de naturaliséaccordées à des étrangers : du temps de Char-les VI on se faisoit encore recevoir bourgeoisdu roi pour participer aux privilèges desregnicoles.

Dans la fuite ces lettres ont été appeléeslettres de naturalitê.

II n’appartient qu’au roi seul de natu-raliser les étrangers ; aucun seigneur ,juge , ni cour souveraine n’a ce droit.

Néanmoins la naturalisation se faitsans lettres pour les habirans deTournay suivant les lettres patentes deFrançois I. & Henri II. de 1521 & 15 f 2 ;une simple déclaration de naturalitê suffit ,elle s’accorde quelquefois par les jugesroyaux. Voy tins. au Droit belgique , pag. 34.

II y a des lettres de naturalitê accor-dées à des nations entieres qui sont Alliéesde la France, de maniéré que ceux deces pays qui viennent s’établir en Francey jouissent de tous les privilèges des re-gnicoles fans avoir besoin d’obtenir deslettres particulières pour eux.

Les lettres de naturalitê s’accordenten la grande chancellerie , elles doiventêtre régistrées en la chambre du domaine& en la chambre des comptes. Voye[Bacquet , du droit dé aubaine & AUBIN ,ÉTRANGER , LETTRES DE NATURA-IITÉ , NATURALISATION. ( A )

NATURE , f. f. ( Philos: ) est un termedont on fait différons usages. 11 y a dansAristote un chapitre entier fur les disté-rens sens que les Grecs donnoient aumot tpbns nature ; & parmi les Latins ,ses différons sens sont en si grand nom-bre, qu’un auteur en compte jufqu’â 14ou 1 s. M. Boyle, dans un traité exprèsqu’il a fait fur les sens vulgairement attri-bués au mot nature , en compte huitprincipaux.

Nature signifie quelquefois le systèmedu monde, la machine de Tunivers , ouT assemblage de toutes les choses créées.Voyei SYSTEME.

C’est dans ce sens que nous disons sau-teur de la nature, que nous appelons lesoleil ì’aeil de la nature , à cause qu il éclaireTunivers, &: le pere de la nature , parce qu’ilrend la terre fertile en T échauffant ; de

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