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Tome vingt-deuxième.
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même nous disons du phénix ou de la chi-mère , qu’il n’y en a point dans la nature.

M. Boyle veut qu’au lieu d’employerle mot de nature en ce sens, on se serve,pour éviter Tambiguité ou Tabus qu’onpeut faire de ce terme, du mot de munieou d’univers.

Nature s’applique, dans un sens moinsétendu , à chacune des différentes chosescréées ou non créées, spirituelles & cor-porelles. Vuye{ Etre.

C est da is ce sens que nous disons lanature humaine , entendant par-là généra-lement tous les hommes qui ont une amespirituelle & raisonnable. Nous disons auílìnvwe des anges, nature divine. C’est dansce méme sens que les Théologiens disentnatura naturans , & natura naturata ; ilsappellent Dieu natura naturans , commeayant donné 1 être & la nature à touteschoses, pour le distinguer des créaturesqu’ils appe lent natura naturata , parcequ’elles ont reçu leur nature des mainsd un autre.

Nature , dans un sons encore plus limité,so dit de l’essence d’une chose , ou de ceque les philosophes de fécule appellent faqurdd.tê, c’est - à - dire, ['attribut qui faitcjn’une chose est telle ou telle. Voye ^ Es-sence.

Cest dans ce sens que les Cartésiensdisent que la nature de l ame est de penser ,&' que la nature de la matière consiste dans.retendue. Voyr{ Ame , MATIERE, ÉTEN-DUE. M. Boyle veut qu’on se serve du motejjtnee au lieu de nature, Voye^ ESSENCE.

Nature est plus particulièrement en usagepour signifier Tordre & le cours natureldes choses, la fuite des cau'ês secondes,ou les lc.ix du mouvement que Dieu a éta-blies. Voye\ Causes & Mouvement.

C est Jans ce sens qusern dit que les phy-sicien' étudient la na'ure.

Saint Thomas définit la nature une forted’ai t divin communiqué aux êtres créés,pour les porter à la fin à laquelle ils sontdestinés. La -ature prise dans ce sens n’estautre choie que ['enchaînement des causes& des effets, ou Tordre que Dieu a établidans toutes les parties du monde créé.

C’est austi dans ce sens qu’on dit que lesmiracles font au-dessus du pouvoir de la

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nature; que î’art force ou surpasse îa nath’rtrpar le moyen des machines, lorsqu’il pro-duit par ce moyen des effets qui surpassentceux que nous voyons dans le cours ordi-naire des choses. Voye{ Art , Miracle.

Nature se dit austi de la réunion despuissances ou facultés d’un corps , sur-toutd’un corps vivant.

C est dans ce sens que les médecins disentque la nature est forte, foible ou usée , ouque dans certaines maladies, la nature aban-donnée à elle-méme en opéré la guérison.

Nature se prend encore en un sens moinsétendu , pour signifier faction de la provi-dence , le principe de toutes choses, c’est-à-dire, cettejpuifíanceou être spirituel quiagit & opéré sur tous les corps pour leurdonner certaines propriétés on y produirecertains effets. Voye ^ Providence.

La nature prise dans ce sens, qui estcelui que M. Boyle adopte par préférence,n’est autre chose que Dieu même, agissantsuivant certaines loix qu’il a établies. VoyeçDieu.

Ce qui paroît s’accorder aífez avec I’opi-nion où croient plusieurs anciens, que lanature éroit le dieu de l’univers, le reVe»qui presidoit à tout & gouvernent tout,quoique d’autres regardassent cet être pré-tendu connue imaginaire , n’entendantautre chose par le mot de nature que lesqualités ou vertus que Dieu a données à sescréatures, & que les poètes & les orateurspersonnifie nt.

Le P. Mallebranche prétend que toutce qu’on dit dans les écoles fur la nature ,est capab’e :e nous conduire à 1 idolâtrie ,attendu que par ces mots les ancienspayens entendoient quelque chose quifans être Dieu agiffoit continuellementdans l’univers. Ainsi l'idole nature devoitêtre selon eux, un principe actuel qui étoiten conci rrence avec Dieu, la cause se-conde & immédiate de tous les change-mens qui arrivent â la matière. Ce qni pa-roît rentrer dans le sentiment de ceux quiadmettoient l 'anima mundi , regardant lanature comme un substitut de la divinité ,une cause collatérale, une espece d’êtremoyen entre Dieu & les créatures.

Aristote définit la nature, prìncipium ùcauja motus Ù ejus in quo ejï primo per se &.